Rennes. Un appareil anti-ronflement commercialisé


C’est un appareil dentaire translucide apparemment banal, avec ses deux petites tiges en inox. Sa mission : stopper le ronflement. Inventé par un Rennais, il a donné naissance à une société qui vient d’engager la fabrication et la commercialisation. «J’ai commencé à fabriquer ces orthèses il y a déjà dix ans», raconte le DrB. , orthodontiste à Rennes. «Elles avancent la mâchoire inférieure de quelques millimètres, ce qui suffit à faciliter le passage de l’air dans le pharynx et à supprimer les ronflements». «J’ai sans cesse perfectionné le prototype, avant d’arriver à un système original qui permet au patient d’effectuer lui-même les réglages de tension au lieu de se rendre régulièrement chez le dentiste». Ses patients, séduits par l’efficacité du dispositif, ont pu en apprécier les évolutions. Certains en sont aujourd’hui à leur troisième modèle. Et ce sont eux qui ont insisté auprès de l’inventeur pour qu’il développe son appareil à grande échelle. Sans trop y croire, il a fait connaître son procédé qui est venu à la connaissance du Critt (centre régional pour l’innovation et le transfert de technologies).

De la biologie au business

Au même moment, Denis Masquilier cherchait une idée pour créer une entreprise. Ce docteur en biologie moléculaire ne «se sentait pas l’âme d’un rat de laboratoire» et a bifurqué vers le business: diplômé d’HEC, il crée à Rennes une société de biotechnologies qu’il dirigera durant douze ans… avant de se dire qu’il se lancerait bien dans une nouvelle aventure. «Je suis allé voir le Critt où on m’a dit qu’il y a un dentiste qui a inventé un truc et qui ne sait pas quoi en faire». Il prend rendez-vous, il se fait poser un appareil, il arrête de ronfler, et les deux hommes s’associent pour créer la société Lariss, voici deux ans. Deux années de mise au point, de tests, d’étude des matériaux, et de démarches avant d’en arriver à l’autorisation de mise sur le marché et au marquage CE de l’orthèse, baptisée Blue nocta.

500 cobayes

Aujourd’hui, plusieurs dentistes d’Ille-et-Vilaine sont formés pour la pose et l’adaptation de l’appareil. «L’orthèse a déjà été testée sur 500 personnes, et toutes ont arrêté de ronfler», précise Denis Masquilier. «Nous commençons la commercialisation en Ille-et-Vilaine, et nous prévoyons ensuite de créer un laboratoire de fabrication dans chaque département». Et peut-être ensuite dans les 16 pays où l’invention est protégée par brevet. Il y croit. «Le taux de réussite est de 100%, et c’est infiniment moins gênant que l’appareil respiratoire. Et puis, si on calcule bien, c’est nettement moins cher (*) que les pschitt-pschitt en aérosol qui coûtent 1,3. la nuit pour une efficacité variable».

* L’appareil est facturé 450€ (non remboursés), et les honoraires de dentiste s’élèvent à 230€ environ.

Auteur : Alain Le Bloas

Source : www.letelegramme.com


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