Le stockage de l’énergie est en soi un véritable défi. Si on peut produire de l’énergie de mille et une manières, on ne sait toujours pas la stocker (c’est un « flux » pur). Avec les énergies renouvelables, ce problème prend une autre forme puisqu’au flux habituel de l’électricité s’ajoute l’instabilité de la plupart des sources : le soleil ne fournit de l’énergie solaire que la moitié de la journée et l’éolien est dépendant de vents plus ou moins forts.
Du coup, on cherche à stocker cette énergie afin d’éviter les pics de consommation le matin et le soir ou encore la production d’électricité entre 2h et 5h du matin, une période de très faible consommation. La première idée que nous avions évoqué sur le blog Technologies Propres était celle du pompage-turbinage, de François Lampérière.
Glacer l’énergie renouvelable
nous apprend qu’un nouveau mode stockage des énergies renouvelables est en cours de test. Avec cette fois-ci non pas un bassin et des niveaux, mais de la glace. En fait, le concept est déjà utilisé pour éviter les pics de consommation des climatiseurs : on les fait fonctionner en mode « froid » la nuit (période où l’énergie est disponible et peu coûteuse) pour constituer des réservoirs de glaces qui seront utilisés pour rafraichir l’air la journée (période où l’énergie est chère et moins disponible). L’innovation, c’est de tenter la même procédure pour faire de ces réservoirs de glace des « batteries » pour l’énergie éolienne.
Dans certaines régions, le vent souffle plus fort la nuit, mais, comme c’est une période de faible consommation, cette surproduction est « perdue ». Le système Ice Bank de Calmac permettrait d’utiliser cette énergie pour fabriquer de la glace qui servirait à refroidir les bâtiments la journée. L’impact pourrait être conséquent avec des factures d’électricité en baisse de 20 à 40 % mais aussi moins d’émissions et, à terme, moins de construction de centrales électriques. Les applications pourraient être nombreuses, non seulement pour la climatisation des bureaux, hôpitaux et autres lieux d’activité, mais également pour les datas centers, ces centres nerveux de l’Internet faits de salles de serveurs surchauffées qu’il faut refroidir en permanence.
Auteur : Roger Leduc est économiste de formation et l’auteur du blog Technologies Propres.
Source : www.cleantechrepublic.com
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