(Granby) Claudia Laurin a fait d’une pierre… trois coups pendant son congé de maternité. Elle a bien sûr chouchouté sa fille Laylia. Mais la jeune maman en a profité pour inventer un nouveau type de chaise haute et du coup, fonder sa propre entreprise. Près de deux ans plus tard, la voilà prête à commercialiser ce qu’il est maintenant convenu d’appeler la chaise Kwimbee.
La chaise haute Kwimbee ressemble à s’y méprendre à n’importe quelle autre qu’on retrouve dans les restaurants et autres établissements hôteliers. À la différence près que le siège de la Kwimbee est pivotant. Autrement dit, la partie supérieure qui fait office de siège s’enlève et peut accueillir n’importe quel modèle de siège d’auto pour bébé.
«Ma fille avait deux mois quand je l’ai amenée au restaurant la première fois. Il n’y avait pas de place où mettre le siège de bébé. Je ne voulais pas le mettre sur une chaise et encore moins par terre. Je me suis donc mise à penser à une façon de régler ce problème-là. J’aime trouver de nouvelles utilités aux choses, les améliorer», explique Claudia Laurin, 27 ans.

Claudia Laurin a fait d’une pierre… trois coups pendant son congé de maternité. Elle a bien sûr chouchouté sa fille Laylia. Mais la jeune maman en a profité pour inventer un nouveau type de chaise haute, la Kwimbee, et du coup, fonder sa propre entreprise.
Détentrice d’un baccalauréat en administration des affaires des HEC Montréal, la jeune femme a notamment roulé sa bosse comme représentante pour le géant des photocopieurs IKON. Pendant son congé de maternité, en fait, tout de suite après son expérience au restaurant, elle a informé son ancien employeur qu’elle le quittait pour mieux fonder sa propre entreprise.
Avant de décider si elle voulait vraiment diriger sa propre affaire, Claudia Laurin a fait ses devoirs. Elle s’est inscrite à un cours en entrepreneuriat au Centre régional intégré en formation (CRIF), où un mentor l’a accompagnée dans sa démarche.
Étude de marché, plan d’affaires et tutti quanti ont été faits dans les règles de l’art, dit la Granbyenne. La jeune femme n’a reçu aucune aide financière. Elle a dû compter sur ses propres économies pour, entre autres, s’incorporer et réaliser un prototype de sa «chaise haute révolutionnaire», pour la paraphraser.
Pour des raisons stratégiques (principalement le prix de revient, dit Claudia Laurin), la Kwimbee est entièrement fabriquée aux États-Unis. «Ça a pris beaucoup d’échanges par courriel, de conversations téléphoniques et de vidéoconférences par Skype pour que ça aboutisse», dit celle qui jure ne pas venir d’une famille d’inventeurs. La Kwimbee, entièrement en plastique, se vend environ 229$ l’unité.
Armée de son prototype, Claudia Laurin est retournée voir les restaurateurs qu’elle avait approchés durant son étude de marché. Résultat : elle a déjà conclu des ventes avec le restaurant La Terrasse du parc de Granby, de même qu’avec un restaurant de Montréal.
Une étape à la fois
L’entrepreneure vient tout juste de recevoir 50 chaises flambant neuves. Elle s’apprête à aller au front et les vendre en lots ou une à la fois s’il le faut. Son terrain de chasse: les restaurants, les hôtels, voire les cabanes à sucre. «J’y vais une étape à la fois. Je commence par aller voir les restaurants indépendants de la région. Après ça, ce sera les chaînes de restaurants. Mon objectif est de vendre entre 500 et 750 chaises la première année», dit celle qui occupe tous les postes au sein de son entreprise.
Claudia Laurin a de grandes ambitions. Elle vise le marché québécois, puis canadien. Mais elle ne se fait pas d’illusions : elle sait pertinemment que son produit sera éventuellement copié. Elle ne détient d’ailleurs aucun brevet pour son invention.
«Et je sais que le marché sera éventuellement saturé. Ça ne me dérange pas, car j’ai plein d’autres idées. Le nom de Kwimbee va se retrouver derrière un paquet de produits visant à simplifier la vie quotidienne des parents», explique l’ambitieuse et ingénieuse jeune femme d’affaires.
Et d’où vient cet intrigant nom de Kwimbee ? Le préfixe «Kwim» est un acronyme de Know What I Mean, littéralement : tu comprends ce que je veux dire ? «Je suis toujours en train d’expliquer mon idée aux gens», dit Claudia Laurin. Quant au suffixe bee, il signifie abeille, comme dans «petite abeille qui travaille fort».
Auteur : Stéphane Champagne
Source : recherche.cyberpresse.ca
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