Jean-Adrien Philippe, l’inventeur  »génial » de la montre de poche


Tout au long de sa vie, le Percheron, né à La Bazoche-Gouët, aura laissé une empreinte indélébile sur le monde de l’horlogerie. Décoré de la Légion d’honneur, il a laissé un héritage de ses connaissances.

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Jean-Adrien Philippe aura laissé une empreinte indélébile sur le monde de l’horlogerie.

Excellence. Si le nom de Jean-Adrien Philippe ne vous dit rien, il est pourtant l’un des percherons les plus talentueux. Né en 1815, le 6 avril précisément, à La Bazoche-Gouët, il a révolutionné tout au long de sa vie l’univers de l’horlogerie.

Il quitte sa famille à 18 ans

Il faut dire que tout le prédestinait à cette carrière professionnelle. Son père, Antoine Philippe, originaire de Charbonnières, exerçait la profession d’horloger. Il a été à l’origine d’horloges munies de mécanismes originaux et compliqués.

Comme une continuité logique, il va s’intéresser à l’activité de son paternel et être attiré par le fait d’innover.

Précoce, à l’âge de 18 ans, estimant avoir déjà tout appris, Jean-Adrien Philippe quitte le domicile familial, avec dans la tête, des rêves et une ambition affirmée. En France mais également à l’étranger, en Suisse et en Angleterre notamment, le Percheron va puiser son imagination et sa créativité dans les savoirs de maîtres horlogers.

Passionné et acharné du travail, il va développer ses connaissances, en recherche perpétuelle d’idées nouvelles dans le but de révolutionner la technique de l’horlogerie.

Calatrava

C’est le 22 avril de la même année que Jean-Adrien Philippe dépose le brevet pour le premier système de remontage à la couronne.

Se focaliser sur le remontoir

Et le destin va aller dans ce sens : le jour où il fait la rencontre d’Antoine Norbert de Patek, jeune noble polonais, avec qui il s’associe. Mais avant cela, c’est avec un Suisse rencontré à Londres (Angleterre) que Jean-Adrien Philippe tentera de toucher la clientèle parisienne.

Avec une volonté affichée : fabriquer une montre qui se monte et qui se met à l’heure sans clef. Un défi de taille dans une société jadis sensibilisée aux montres plates.

Il se focalise donc sur le remontoir, la clé de la réussite selon lui. D’exposition en exposition, son cheval de bataille sera d’œuvrer sur les mécanismes afin de les perfectionner. Des recherches qui ont porté leurs fruits, traduites par des avancées techniques.

« L’idée me vint d’entreprendre des montres sans clef, avait expliqué l’horloger percheron. J’en avais entendu parler mais n’en avais jamais vues ».

Système plus simple et plus solide

En 1842, c’est une première victoire pour lui. Grâce aux encouragements d’un horloger parisien célèbre, seulement âgé de 27 ans, il parvient à construire un premier produit : une montre très plate qui utilise une couronne au pendant. Un système technique révolutionnaire qui se passe de la clé destinée à réarmer et mettre à l’heure.

À l’époque, il est conscient d’avoir touché un peu plus la perfection. « Je fus assez heureux pour reproduire un système plus simple, plus solide et plus commode que tout ce qui avait existé jusqu’à ce jour ».

Fabriquer les plus beaux produits

Son invention va séduire un jeune noble polonais : Antoine Norbert de Patek. Il s’associe avec lui en 1845, intégrant alors la firme Patek & Cie à Genève (NDLR : qui porte aujourd’hui le nom de Patek Philippe S.A, spécialisée dans l’horlogerie de haute précision).

Les deux acolytes, l’un excellant dans la partie commerciale, l’autre technique, n’ont qu’une seule volonté : fabriquer les plus belles montres du monde.

C’est le 22 avril de la même année que Jean-Adrien Philippe dépose le brevet pour le premier système de remontage à la couronne.

Outre son talent pour l’horlogerie, il s’essaie également à l’art de la littérature. Publiant un ouvrage sur son domaine d’activité, « Les montres sans clef, se montant et se mettant à l’heure sans clef ». Laissant ainsi une trace de son savoir et de ses compétences.

Les années qui suivirent, l’inventeur cherchera d’autres solutions afin d’améliorer son système. Compte tenu de son état de santé, vers l’âge de 70 ans, il va se retirer progressivement de l’activité.

Jean-Adrien Philippe décède le 5 janvier 1894 à Genève en Suisse.

Son don pour la Bazoche-Gouët

« Je, soussigné, m’engage à payer la somme de cinq cent francs au bénéfice de la commune de La Bazoche-Gouet, département d’Eure et Loir. Cette somme devra être employée à la défense nationale contre les armées prussiennes et particulièrement à l’équipement des corps francs, ou pour des dépenses ayant pour but exclusif la poursuite ou la destruction de l’ennemi. J’offre pour garantie de ce paiement de cinq cent francs les sommes qui me restent à toucher sur l’héritage de ma mère, ou si le besoin d’argent est urgent, de faire un versement immédiat entre les mains du percepteur de Gex, département de l’Ain, qui pourrait sans doute faire payer par le percepteur de La Bazoche. Si aucun de ces moyens n’est praticable, je prie Monsieur le Maire de La Bazoche de me faire savoir ce qu’il y aurait à faire ».

Décoré de la Légion d’Honneur

En 1890, sous la IIIème République, le gouvernement français lui décernera la croix de la Légion d’honneur pour ses nombreux mérites et services rendus à la France.

Un côté philosophe

« Si par nos efforts réunis et la volonté de tous ceux qui se livrent à notre belle profession, nous parvenions à créer un corps nombreux et respectable d’hommes de talent ; si nous parvenions à attirer l’attention du public sur ce qu’il y a de beau et d’exceptionnel dans l’exercice d’un art si distingué et si utile pourtant à assurer à ceux qui le pratiquent dans les conditions de savoir et d’habileté qu’il requiert la considération qui leur est due, nous verrions les choses changer de face et s’ouvrir une ère de prospérité et de progrès à peine soupçonnée dans l’état précaire actuel ».

Auteur : Hugodeshors – Source : www.le-perche.fr

La montre connectée aurait pu être inventée en Suisse


En 1977, l’ingénieur Bent Stumpe a imaginé un incroyable concept de «smartwatch». Par un concours de circonstances, son invention ne verra jamais le jour. Une occasion unique que les horlogers suisses ont laissé filer.

«C’est avoir tort que d’avoir raison trop tôt», a écrit Marguerite Yourcenar. L’histoire de bon nombre d’inventeurs illustre cet adage: trop avant-gardistes, trop visionnaires pour leur époque, leurs travaux n’ont été reconnus que bien après leur publication. Bent Stumpe, brillant ingénieur du CERN pour qui il a notamment inventé l’écran tactile moderne, pourrait être l’un de ces scientifiques incompris. En 1977, ce Danois aux yeux pétillants imagine une montre à écran tactile, intelligente et connectée. Oui, une «smartwatch», esquissée près de quarante ans avant la sortie de l’Apple Watch et de ses concurrentes. Malheureusement pour lui, sa montre est tombée dans l’oubli. Et la smartwatch ne sera jamais une invention suisse, comme il l’aurait souhaité.

L’affaire de cette montre, qu’il baptise «Intelligent Oyster» en référence au modèle phare de Rolex, ne se résume pas à celle d’un Géo Trouvetou oublié par l’Histoire. Elle aurait pu révolutionner l’industrie horlogère helvétique. A deux reprises, Bent Stumpe a tenté, en vain, d’expliquer son projet à Rolex et Tissot, comme le montrent des courriers qu’il a religieusement archivés et que Le Temps a pu consulter.

Mais l’histoire de l’Intelligent Oyster pourrait aussi aboutir à un séisme juridique pour les fabricants de smartphones, tablettes et smart­watches. Car d’après nos informations, les brevets qui les protègent pourraient en fait être basés sur des technologies développées antérieurement par Bent Stumpe et par le CERN, ce qui pourrait les invalider.

L’histoire de Bent Stumpe ne se raconte pas qu’à l’oral. «Je garde tout», sourit-il en sortant trois classeurs gris de son sac, si épais qu’on se demande comment il les a fait tenir à l’intérieur. Rapports, lettres, schémas, à chaque document correspond une étape de son récit. En ouvrant le premier classeur, il nous fait revenir en 1977. L’industrie horlogère suisse a connu des jours meilleurs. Les montres à quartz japonaises sont sur tous les poignets. «C’est une période durant laquelle on craint que l’horlogerie suisse disparaisse à brève échéance», précise Pierre-Yves Donzé, historien et professeur associé à l’Université de Kyoto. C’est alors que Bent Stumpe voit la lumière: il va utiliser l’écran tactile, qu’il vient de développer pour le CERN, pour réinventer la montre et mater celles à quartz.

Après avoir fait mûrir son idée, il décide de participer au Prix Rolex à l’esprit d’entreprise, dont c’est la deuxième édition. Schémas à l’appui, Bent Stumpe rédige son dossier. «D’un simple geste du doigt sur l’écran, l’Oyster fait ce que vous souhaitez […] et vous connecte au système que vous voulez contrôler», écrit-il. L’Intelligent Oyster indique l’heure bien entendu, mais fait également office «de calendrier perpétuel, de calculatrice et de dictionnaire […], le nombre de fonctions n’étant limité que par notre imagination. […] On peut même l’utiliser en tant que mini-terminal informatique, voire s’en servir pour contrôler ces nouveaux systèmes de données tels que le télétexte, qui pourraient un jour se démocratiser», poursuit-il dans ce document unique dont Le Temps a pu obtenir une copie. Du potentiel des applications «que chacun pourrait développer soi-même» au futur règne des réseaux de données (même si le Web éclipsera le télétexte), Bent Stumpe a eu, dès 1977, une vision incroyablement précise de ce que sont les smartwatches actuelles.

Semblant promise à un bel avenir, sa montre ne va pourtant jamais voir le jour. Le 29 mars 1977, date à laquelle Bent Stumpe envoie son dossier à l’horloger, a son importance. Réceptionné par Rolex à Genève le lendemain, soit le 30 mars, le document n’est pas conforme au règlement du prix, qui n’accepte que les dossiers présentés sur le formulaire officiel de participation. La ­secrétaire alors en poste doit logiquement lui renvoyer son dossier accompagné d’un formulaire vierge. Problème: la date limite de dépôt des candidatures est fixée au 31 mars. Considérant qu’il est impossible d’envisager un tel échange de courrier en 24 heures, le secrétariat du concours prend de fait la décision d’éliminer Bent Stumpe, sans même le laisser participer. L’ingénieur n’en sera notifié que deux mois plus tard, dans une lettre datée du 3 juin 1977. Affaire classée.

Dans les archives de l’horloger genevois, aucune trace de cette histoire vieille de trente-sept ans. «M. Bent Stumpe n’ayant pas été officiellement candidat au Prix Rolex à l’esprit d’entreprise en 1977 ou dans les années suivantes, nous ne sommes pas en mesure de nous prononcer sur le bien-fondé de son projet», lâche la porte-parole, Virginie Chevailler. Son idée, encore à un stade embryonnaire et sans portée philanthropique, aurait de toute façon peiné à convaincre le jury. L’ingénieur a choisi là un bien piètre moyen de communication, ce qu’il reconnaît d’ailleurs volontiers. «A l’époque, j’étais surtout excité à l’idée de gagner les 100 000 francs promis au lauréat et je n’ai pas vraiment réfléchi à ma stratégie», s’amuse ce retraité aujourd’hui âgé de 76 ans.

Il en est persuadé, l’horloger a laissé filer une opportunité de devenir le leader mondial des fabricants de smartwatches. Une hypothèse qui laisse Pierre-Yves Donzé sceptique. Il paraît peu probable, pour ce spécialiste de l’histoire de l’horlogerie, que Rolex ait méprisé l’Intelligent Oyster. «Rolex s’est toujours intéressé à la technologie, ce qui l’a justement protégé pendant la crise des années 1970. Si un responsable avait été au courant de son invention, il aurait au moins contacté M. Stumpe pour en discuter.» Mais que s’est-il passé entre le 29 mars et le 3 juin, alors que son dossier est resté dans les locaux de Rolex? L’échec de cette antique smartwatch est-il dû au zèle administratif d’une secrétaire, ou bien à un manque d’intérêt de l’horloger? On ne le saura sans doute jamais. Passant à autre chose, Bent Stumpe n’a retenté sa chance qu’une seule fois, en 2011, dans une lettre adressée à Tissot et datée du 10 octobre. Il y raconte la mésaventure de l’Intelligent Oyster et tente d’établir un contact. La lettre est restée sans réponse, d’après l’ingénieur.

Snobée par les fabricants suisses, la montre tactile de M. Stumpe peut donc rejoindre le panthéon des inventions géniales dont personne n’a initialement voulu, entre le stylo à bille et le fer à repasser. Ainsi boudée, la smartwatch attendra patiemment son heure, jusqu’à ce que d’autres marques ne s’en emparent, tel Apple, dont le premier modèle est attendu en 2015. La Suisse aurait-elle pu devenir la patrie des montres intelligentes, il y a près de quarante ans? C’est peu probable. «L’horlogerie helvétique était composée d’une mosaïque de PME sans aucune puissance industrielle, précise Pierre-Yves Donzé. Personne n’aurait pu se lancer dans une telle production.» Mais ne demandez pas à Bent Stumpe s’il a songé s’adresser aux Japonais Seiko ou Citizen, plutôt qu’à Rolex ou Tissot! «Jamais de la vie! J’ai eu cette idée grâce à mes travaux effectués en ­Europe, au CERN, il était hors de question que j’exporte mon idée ailleurs», balaye-t-il. Aujourd’hui, même si de nombreuses interrogations demeurent, l’ingénieur retraité assure qu’il ne regrette rien. Sans prototype construit ni brevet déposé, il ne peut de toute façon prétendre à aucun droit.

Mais si la montre a été imaginée dans un cadre privé, il n’en va pas de même pour son écran tactile, développé par Bent Stumpe pour le compte du CERN. En 1971, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire décide de construire le Supersynchrotron à protons (SPS), un accélérateur de particules de 7 kilomètres de circonférence, environ dix fois plus grand que le précédent accélérateur. Un défi se pose alors aux physiciens: contrôler sur de si longues distances les milliers d’appareils nécessaires à son fonctionnement. Pas d’ordinateur à l’époque, des opérateurs dirigent tout depuis une gigantesque salle de contrôle hébergeant les instrumentations nécessaires, desquelles part un infernal enchevêtrement de câbles électriques qu’il faudrait tirer sur des kilomètres. Trop compliqué mais surtout trop onéreux, bref, impensable. C’est pour résoudre ce problème que Bent Stumpe propose de développer une interface de contrôle simple et intuitive, un nouveau type d’écran tactile dit capacitif. Cet appareil doit remplacer les milliers de boutons, molettes, interrupteurs nécessaires au fonctionnement du SPS. Exactement de la même manière que l’écran d’un smartphone permet aussi bien de contrôler un appareil photo, un téléphone, ou encore d’ouvrir et fermer ses volets. Le CERN donne immédiatement son feu vert, et un premier prototype voit le jour en 1973. Trois ans plus tard, le SPS est entièrement contrôlé par les écrans tactiles mis au point par Bent Stumpe. Une première.

Cette technologie innovante a immédiatement suscité l’intérêt des fabricants d’ordinateurs. Lorsqu’en 1974 le CERN publie dans la revue Design Ideas quelques éléments techniques, il reçoit près de 300 courriers de lecteurs. Honeywell, Hewlett-Packard, IBM… tous proviennent d’entreprises de haute technologie. Et tous réclament la même chose, le dossier technique complet de l’écran tactile. Le CERN, dont bon nombre de ses inventions sont disponibles pour le public, leur répond favorablement.

Mais utiliser de telles technologies implique de respecter certaines règles, l’organisation se réservant «le droit de s’opposer à toute revendication qu’un usager pourrait faire de la propriété scientifique ou industrielle de toute invention et tout dessin ou modèle décrits dans le présent document», peut-on lire à la fin du dossier. Or aujourd’hui, de féroces batailles juridiques se sont engagées entre la plupart de ces entreprises, avec à la clé des amendes record. Le nerf de cette guerre: les brevets déposés sur différentes technologies telles que les écrans tactiles.

«Pour qu’un brevet soit valide, il faut qu’il apporte une nouveauté par rapport aux inventions déjà existantes, précise Julien Fresnault, avocat spécialisé dans les nouvelles technologies. Il faut donc bien examiner tout ce qui a été inventé avant, ce qu’on appelle le prior art. Si un brevet n’apporte rien de nouveau, alors un juge peut aller jusqu’à l’invalider.» Autrement dit, si un tribunal estime que les brevets protégeant les écrans tactiles d’Apple ou de Samsung se basent en fait sur un prior art, en l’occurrence l’écran tactile du CERN, alors il pourrait les invalider. Une telle décision provoquerait un cataclysme juridique. «Au vu des enjeux colossaux, cela me paraît peu probable, prévient Julien Fresnault. Mais ce n’est pas impossible. Tous les brevets sont liés les uns aux autres, si on fait sauter un maillon de la chaîne, tout peut casser.» D’après des informations du Temps, le CERN envisage bel et bien cette éventualité. Un scénario catastrophe qu’il n’a pour l’instant ni confirmé étudier, ni désiré commenter.

Sa montre rejointle panthéondes inventions géniales dont personne n’a voulu

Bent Stumpe a eu dès 1977, une vision précise des smartwatches d’aujourd’hui.

Auteur : Fabien Goubet

Source : www.letemps.ch

Louis Moinet est l’inventeur du chronographe en 1816


L’horloger Louis Moinet né en 1768 est l’inventeur du chronographe. Le patron de la marque Louis Moinet, établie à Saint-Blaise (NE), a annoncé jeudi avoir découvert un chronographe réalisé en 1816. La date de cette invention était jusqu’à présent établie à 1822.

En 1816, Louis Moinet développa puis fabriqua un chronographe d’une technique très en avance sur son époque, a expliqué la Maison Louis Moinet. Battant à une fréquence de 216’000 alternances par heure, le garde-temps peut mesurer le 60e de seconde grâce à une aiguille centrale.

Cet objet horloger, jusqu’alors inconnu, a été récemment découvert. Ce premier chronographe jamais réalisé avait été baptisé « compteur de tierces » par son auteur. Les poinçons identifiés sur le fond du boîtier permettent d’affirmer qu’il a été entrepris en 1815 et terminé en 1816, a affirmé la société établie à Saint-Blaise.

Les fonctions de départ, d’arrêt et de remise à zéro se font grâce à deux poussoirs, et définissent que cet objet est un chronographe. Des experts ont confirmé le caractère exceptionnel de cette pièce, a souligné la Maison Louis Moinet dans un communiqué. L’invention était jusqu’à présent attribuée à Nicolas Mathieu Rieussec en 1822.

Source : www.romandie.com

L’inventeur inconnu de la montre


Si nous connaissons à peu près certainement le nom de l’inventeur du téléphone, de la dynamo, du découvreur des rayons X, de l’auteur de la formule de l’attraction universelle, nous sommes complètement ignorants du nom de l’inventeur d’une quantité d’objets courants ou de manipulations qui nous sont devenues usuelles. Qui a inventé le marteau, la hache, la scie, le parapluie ? Qui a imaginé la cuisson du pain, la torréfaction du café, les opérations banales du paysan et de l’artisan ? Il s’agit là d’inventions très anciennes de sorte qu’il n’est pas question de consulter des textes pour essayer de résoudre le problème. Le nom d’un inventeur ou simplement d’un homme célèbre peut se transmettre oralement ou mieux, donner naissance à un mot nouveau qui survivra à bien des générations, à un mot tel que marivaudage, ripaille, silhouette, guillotine, poubelle.

Même si nous restons dans les époques récentes, il n’est pas toujours facile de découvrir le nom de l’inventeur d’un objet d’usage courant. Les textes « historiques » relatent des faits mémorables : guerres, traités, généalogies de princes, révolutions, etc., et quand ils mentionnent d’autres matières, ce n’est qu’en passant, et rarement pour signaler la naissance d’un objet ou d’un procédé. Les objets d’usage courant ne sont généralement mentionnés que dans certains documents tels que lettres particulières, relevés de comptes, factures, inventaires, testaments, etc.

Certains objets furent inventés simultanément ou presque, à différents endroits ; à un certain moment, le besoin d’un de ces objets s’est fait si fortement sentir que l’invention, rendue possible par l’état des connaissances et de la technique, est venue comme de soi.

Le cas de la montre

Il n’est pas possible aujourd’hui de dire, avec certitude, qui fut l’inventeur de la montre. Or, il ne s’agit pas d’un objet préhistorique mais d’un objet récent dont nous pouvons dire qu’il est apparu au cours du XVe siècle (il n’y a pas longtemps, on affirmait que la première montre date du début du XVIe siècle). Cette invention, qui n’est vieille que de cinq siècles, ne passa pas inaperçue car elle intéressa des individus riches ou instruits, aux relations multiples. Comment un objet si frappant n’a-t-il pas impressionné au point de mettre en relief le nom de son créateur ?

Y a-t-il un inventeur de la montre ? Cette question peut être posée car la montre n’est pas un instrument original ; elle n’est pas une création spontanée ; elle dérive naturellement de l’horloge mécanique qui, peu à peu, diminue de volume, passant de l’horloge de tour à l’horloge d’appartement, puis à partir de l’invention du ressort moteur, à l’horloge de table. Cette dernière est déplaçable sans que le transport arrête son mouvement. Comme son nom l’indique, il ne s’agit pas d’un objet lourd et encombrant.

Les premiers horlogers furent des serruriers, des armuriers, des orfèvres, c’est-à-dire des artisans parmi lesquels certains, curieux de nature, n’avaient pas peur d’entreprendre un travail nouveau, inédit, exigeant une intelligence et une habileté manuelle sortant de l’ordinaire. Nous savons que les constructeurs de montres ne se laissent pas effrayer par les obstacles ; bien plus, ils recherchent souvent la difficulté et au besoin la créent; d’où les montres de plus en plus petites, de plus en plus plates, toujours plus compliquées. C’est en quelque sorte, un sport inhérent à la profession. On ne peut pas douter que les horloges de table soient, peu à peu, devenues plus petites par suite d’une émulation entre les horlogers dont chacun tenait à montrer ses capacités.

Et ainsi l’horloge de table devint si petite qu’elle finit par pouvoir être portée au cou ou dans une bourse ; la montre était née.

Définition de la montre

A partir de quel moment l’horloge de table peut-elle être désignée par le terme « montre » ? Sans doute, dès l’instant où son poids et son volume sont si réduits qu’on peut les porter commodément sur soi ; elles furent d’abord portées en pendentif puis dans une bourse attachée à la ceinture, plus tard dans la poche et maintenant au poignet. Ces très petites horloges ont un nom spécial en français : montres et en anglais : watches, tandis qu’en italien et en allemand on se sert d’expressions composées : orologio tascabile, Taschenuhr, Armbanduhr.

Le terme français vient du verbe « montrer » ; la montre était, anciennement, le cadran (qui montre l’heure) ; ainsi on trouve dans le Littré cette phrase : « les horloges dans les églises avaient des montres dedans et dehors ».

L’emploi du mot « montre » pour désigner les très petites horloges, s’est introduit peu à peu : au XVIIIe siècle, on parlait encore couramment de « montre marine » ou « montre à longitude », termes que nous avons remplacés par celui de « chronomètre de marine ». Aujourd’hui encore on parle de montres pour torpilleurs, de montres d’automobiles qui ne sont pas destinées à être portées dans la poche ou au bras d’un individu. Ces considérations ne sont pas inutiles à celui qui, consultant des textes allemands ou italiens, a parfois quelque difficulté de savoir si les expressions « orologio » ou « Uhr » désignent une horloge ou une montre.

L’inventeur de la montre

On lit souvent que l’inventeur de la montre de poche (Taschenuhr) est un horloger de Nuremberg du nom de Peter Hele ou Henlein qui construisit la première montre au début du XVIe siècle (vers 1510). Cependant des doutes furent émis. Dans les discussions de priorité au sujet des inventions ou des découvertes, on fait, un peu trop souvent, appel à des considérations « nationalistes », qui ne contribuent pas à éclaircir le problème. N’est-ce pas parfois le cas dans les discussions au sujet de l’invention de la montre ?

Nous recommandons vivement la lecture attentive du petit ouvrage de Enrico Morpurgo : L’origine dell’orologio tascabile (Edition : La Clessidra, Rome, 1954). Le texte italien est intégralement traduit en français sous le titre : L’origine de la montre de poche. Ce petit livre intelligemment illustré est de nature à intéresser les horlogers curieux de l’histoire de leur profession.

D’après M. Morpurgo, des horloges portatives – c’est-à-dire des montres – sont apparues en Italie au cours du XVe siècle sous la forme de tambourins ou de petites boîtes à parfum de forme à peu près sphérique pour lesquelles l’auteur emploie le terme de « civette ».

Une telle affirmation doit être prouvée ; les témoins peuvent être de plusieurs sortes des contemporains ou des objets, ici des montres.

L’auteur cite à la barre Comino da Pontevico, architecte, chapelain, employé à la cour, évêque et horloger à Mantoue qui, en 1482, dans une lettre au margrave de Mantoue décrit un « horologio » avec ressort et fusée et parle des maîtres qui fabriquent des horloges sans poids construites de la même façon. Il résulte de cette lettre que les horloges sans poids étaient bien connues à Mantoue à cette époque.

Cette date de 1482 est précieuse aussi parce qu’elle atteste la présence de la fusée. Il semble que Mantoue a eu, au XVe siècle, un certain nombre d’ateliers où se fabriquaient sans doute des horloges de tour ou d’appartement.

En 1462, Bartolomeo Manfredi, mathématicien, astronome et horloger, écrit au margrave Louis Gonzague : « … Je communique ensuite à Votre Seigneurie que je lui ai parlé et que j’ai obtenu des indications sûres au sujet de la petite montre (arloietto) semblable à celle du duc de Modène ; je me propose de l’arranger comme je l’exposerai à votre Seigneurie… ». Morpurgo traduit « arloietto » par « petite montre », ce qui nous semble bien risqué ; ne vaudrait-il pas mieux dire : petite horloge. Mais alors on ne saurait pas s’il s’agit d’une horloge de table ou d’une montre. D’où le danger de se servir de mots rigoureusement définis !

Traduire un texte d’une langue dans une autre, est un travail plein d’embûches et le « traduttore, traditore » est hélas aussi vrai aujourd’hui qu’hier. Ainsi, la lettre du 21 décembre 1478 de la marquise Marguerite de Mantoue à son mari contient le terme « hologio » que le traducteur, bien audacieux me semble-t-il, rend par « montre ». D’après le texte, il s’agit d’une horloge déplaçable, sinon portative. Un doute reste dans l’esprit du lecteur : l’auteur, M. Morpurgo a beau certifier que « orologetto » ou « orlogino » ne peuvent désigner que des montres (des horloges qu’on porte sur soi) et non de petites horloges de table ou de petites horloges murales, il eût été très important d’apporter une preuve de cette affirmation. Cette preuve est sans doute difficile à fournir puisque, faute de définitions rigoureuses, les termes prêtent à confusion. Et non seulement les termes mais aussi la manière de s’exprimer. Ainsi M. Fallet trouve dans le compte des dépenses faites en 1481 par le roi Louis XI, le passage suivant : « A Jean de Paris, orlogeur pour orloge où il y a un cadran et sonne les heures, garnie de tout ce qui lui appartient, laquelle le Roy a fait prandre de luy pour porter avec luy par tous les lieux où il yra ». Porter avec lui signifie-t-il « porter sur lui » ? C’est possible, mais il pourrait aussi être question d’une horloge de table (semblable à une pendulette de voyage) facilement transportable parce que légère, de petites dimensions et marchant même pendant le transport.

Peut-on appeler montre une pendulette de voyage ? On sait depuis longtemps que les discussions seraient combien facilitées si chacun prenait la peine de définir les mots qu’il utilise. M. Morpurgo cite encore une lettre du 23 septembre 1479 dans laquelle il est question d’une « orologio » que le marquis de ‘Mantoue portait avec lui (che aveva portato con sè). Toutes ces références laissent planer un doute ; aussi l’auteur, affirmant que l’expression « orologio da portare addosso » (horloge que l’on porte sur soi) est due à Panciroli qui, le premier, l’utilise en 1590, a-t-il hâte de quitter ce terrain mouvant et d’en chercher un plus solide : « maintenant, il nous faut renoncer à toute hésitation pour nous engager sur des chemins nouveaux ».

Ces chemins nouveaux sont des témoignages d’un autre genre. D’abord un tableau du XVe siècle, celui d’André del Verrocchio (1436-1483) : L’Ange et Tobie, dans lequel l’Ange tient, entre le pouce et l’index de la main droite, un objet en forme de petite boîte ronde qui semble avoir une aiguille ; le diamètre de la boîte est plus petit que la longueur de l’index. Cette boîte pourrait être une montre ou une boussole ; la position de l’aiguille en dehors de la boîte parle en faveur d’une montre. Le tableau représente l’ange Raphaël conduisant le jeune Tobie pressé de revoir et de rassurer son père. Cette hâte est manifeste : dans le livre de Tobie nous trouvons les textes suivants « Car tu sais toi-même que mon père compte les jours et que si je tarde un jour de plus, son âme sera dans la tristesse ». (Le jeune Tobie à l’ange). Plus loin : « Je sais que mon père et ma mère comptent les jours et que leur esprit se tourmente au-dedans d’eux ». Le tableau représente les deux voyageurs sur le chemin du retour au moment où l’ange dit à Tobie : « Tobie, mon frère, tu sais en quel état tu as laissé ton père. Si donc tu le trouves bon, prenons les devants et que tes serviteurs suivent à petites journées, avec ta femme et tes troupeaux ». Et, montrant la montre au jeune Tobie, l’ange veut lui faire comprendre qu’il est temps de se hâter.

La montre de l’Ange Raphaël ressemble à une des rares montres primitives parvenues jusqu’à nous ; il s’agit d’un tambourin faisant partie de la collection Lamberti; c’est une boîte ronde de 58 mm de diamètre et de 42 mm de hauteur destinée à être portée en pendentif. La boîte est en bronze, le mouvement primitif en fer se composait d’un balancier-foliot, d’un rouage en fer, d’un ressort contenu dans un barillet et d’une fusée. Il n’y avait qu’une aiguille se déplaçant sur un cadran à double tour d’heures, de I à XII et de 13 à 24. Le mouvement a subi, au cours des âges, bien des transformations : on y a ajouté un spiral ce qui laisse supposer que la pièce a été utilisée au moins jusque vers la fin du XVIIe siècle.

M. Morpurgo apporte encore d’autres témoignages avant de tirer la conclusion que, bien avant Henlein, les horlogers italiens fabriquaient des horloges que l’on pouvait porter sur soi. Proclamer Henlein « der Erfinder der Taschenuhr » paraît bien présomptueux surtout si l’on pense que l’habitude de porter ta montre dans la poche n’est venue qu’au cours du XVIIe siècle.

On peut, d’après M. Morpurgo, admettre que l’horloge de table (à ressort). en diminuant de poids et de volume, a pu être insérée dans une boîte à parfum de forme à peu près sphérique, puis dans une petite boîte ronde d’abord sans couvercle, puis avec un couvercle, mais sans charnière, puis avec charnière ; le couvercle était muni de trous permettant la lecture de l’heure. Boîte à parfum ou tambourin pouvaient être portés au cou ou dans une bourse accrochée à la ceinture.

L’ouvrage de M. Morpurgo mérite d’être signalé spécialement aux horlogers : l’auteur ressuscite la discussion au sujet de l’inventeur de la montre ; il apporte des documents de valeur indéniable. Résoud-il la question ? Non et il n’en a pas la prétention. Il prouve que des horlogers italiens ont construit des montres dans la seconde moitié du XVe siècle, donc bien avant Henlein. Mais il ne prétend pas que les premières montres furent construites en Italie. Cette attitude objective est très sympathique et digne d’un véritable historien.

Ceux que la question intéresse mais qui n’ont ni le temps, ni les moyens de faire des recherches dans les musées, dans les collections privées ou dans les archives, seront bien reconnaissants à l’historien de l’horlogerie qui se donnera la peine de faire connaître les objets des XVe et XVIe siècles disséminés dans les musées et les collections et qui méritent le nom de montre d’après la définition donnée plus haut ou d’après une autre définition si l’on en trouve une meilleure. Ce n’est pas une petite tâche car il est parfois difficile de déterminer l’âge d’une petite horloge ou d’une montre qui ont été modifiées par des propriétaires soucieux d’augmenter la précision de ces objets en y incorporant les perfectionnements les plus récents.

Il nous semble que des connaisseurs de l’horlogerie tels que MM. Morpurgo, Chapuis, Fallet et bien d’autres, pourraient établir cette liste des horloges portatives très anciennes. Il sera alors peut-être possible d’attribuer à un pays, sinon à un individu, le mérite de l’invention de la montre.

Avec nos remerciements pour ces trésors à la société Promoédition, éditeur de : Heure Suisse, l’Année Horlogère Suisse et du Journal Suisse de l’Horlogerie.

Source : www.horlogerie-suisse.com

Le père des montres Swatch est mort


Le président du groupe suisse Swatch, Nicolas Hayek, 82 ans, est décédé lundi d’un arrêt cardiaque alors qu’il travaillait dans ses bureaux. Retour sur la vie d’une figure emblématique du monde de l’horlogerie suisse.

« J’ai 81 ans, je suis tout à fait jeune, j’ai encore plusieurs années devant moi », affirmait-il en juillet 2009 au quotidien suisse « Le Matin ». Nicolas G. Hayek, qui s’est rarement trompé dans sa carrière, a cette fois raté son pronostic. Lundi en début après-midi, le fondateur de Swatch Group, numéro un mondial de l’horlogerie, est décédé d’une crise cardiaque à son bureau au siège de l’entreprise à Bienne, en Suisse.

À 82 ans, cet infatigable entrepreneur est cependant mort comme il le souhaitait : sans jamais arrêter de travailler. Il avait toutefois préparé sa succession en cédant, en 2003, la fonction de directeur général du groupe à l’un de ses fils, Nick Hayek.

« C’est Napoléon qui sonne la retraite de Russie ! Un artiste, lui, ne prend pas sa retraite. Un entrepreneur est un artiste », se plaisait-il à répéter. Nicolas G. Hayek était bel et bien un artiste et un visionnaire. De fait, au début des années 1980, ce « faiseur » d’idées d’origine libanaise a sauvé une industrie horlogère suisse moribonde grâce à un seul concept, celui d’une montre en plastique bon marché.

Quelque 400 millions de montres écoulées

Alors à la tête d’une société de conseil, Hayek préconise la fusion de deux horlogers suisses qui, ébranlés par la concurrence du quartz japonais, sont mis en liquidation. En 1985, il en prend la direction et lance une montre « ‘made in Swiss’ à bas prix, de haute qualité, artistique et émotionnelle ». Les banquiers sont incrédules. Nicolas Hayek écoulera 400 millions de ses montres.

Son groupe, qui s’est progressivement étoffé de 18 autres marques, dont plusieurs de luxe, affichait, en 2009, un chiffre d’affaires de plus de 4 milliards d’euros et emploie 24 000 personnes dans le monde. Swatch bénéfice, en outre, d’un énorme pouvoir de pression sur la plupart de ses concurrents à qui il fournit l’essentiel des composants horlogers.

Homme d’affaires humaniste

Businessman aguerri, Hayek se voulait également humaniste. Il refusait d’envisager ses employés comme une variable d’ajustement et s’est toujours efforcé de ne pas licencier. Ses employés retiennent d’ailleurs de lui ses talents de pédagogue. « Je ne dis jamais à quelqu’un ‘tu as mal fait’, je lui explique comme j’aurais fait moi-même et lui montre comment. Bien sûr, je suis obligé parfois d’utiliser la puissance mais c’est toujours en dernier recours », avait confié Hayek lors de plusieurs interviews.

Selon ses proches, l’inventeur de la Swatch, mais également de la Smart, la petite voiture urbaine développée en partenariat avec Mercedes, était un homme simple. Il se plaisait d’ailleurs à rappeler que, malgré sa fortune estimée à 3,9 milliards de dollars, il ne faisait pas « les bêtises de certains hommes super-riches. Je n’ai pas de chauffeur, pas de jet privé. »

Auteur : Marie Sophie JOUBERT

Source : www.france24.com

Raptor, la vitrine sans vitres et inviolable


strong>Pour résoudre « la quadrature du cercle » du monde de l’horlogerie, deux entreprises vaudoises ont inventé la vitrine sans verre. La marque Hublot signe l’exclusivité.

Elle s’offre sans fard sur son présentoir. Elle peut y briller de tous ses feux sans craindre les mains baladeuses. Car passé la frontière invisible, zip clac, la précieuse disparaît dans son socle et s’enferme à double tour dans un coffre en acier.

« La vitrine sans vitres, c’est un peu la quadrature du cercle », explique Xavier Dietlin, de la société Dietlin Artisants Métalliers. Ce fabricant de vitrines spécialisé dans l’horlogerie confie avoir tourné le problème dans tous les sens : « nous avons imaginé les solutions les plus farfelues, comme une protection par un courant électrique ou une fenêtre de vision très mince, mais dans tous les cas, la difficulté principale était d’assurer une vision parfaite du produit sans compromettre sa sécurité. »

Raptor

Le présentoir Raptor développé au Parc scientifique d’Ecublens détecte les mouvements et rétracte son support en 1/10e de seconde.

Mission impossible

Sur le mandat de la société Dietlin et avec le soutien financier du Service vaudois de l’économie, il aura fallu 18 mois de travail à deux start-up du Parc scientifique d’Ecublens (PSE), FiveCo et BlueBotics, pour résoudre cette équation apparemment insoluble.

Le résultat prend la forme d’un présentoir de 40 centimètres sur 120 de haut. Une vingtaine de capteurs infrarouges sont cachés sous la surface supérieure et détectent les mouvements dans une zone très précise – et réglable – autour de l’objet exposé.

Cette barrière invisible franchie, le support se rétracte en un dixième de seconde dans un cylindre d’acier. Pour ne pas abîmer les mécanismes des montres exposées, les ingénieurs de BlueBotics ont conçu un système de décélération qui permet de rendre moins brusque le mouvement du support.

« Malgré la technologie employée, nous sommes parvenus à garder le prix de l’unité à une dizaine de milliers de francs, soit 30% plus cher qu’une vitrine traditionnelle haut de gamme », précise Xavier Dietlin.

« C’est une révolution ! »

« Ce nouveau mode d’exposition va révolutionner le monde du luxe et de l’horlogerie ! » s’enflamme Jean-Claude Biver, PDG de la marque Hublot, qui semble encore plus enthousiaste que les concepteurs eux-mêmes. L’horloger a signé un contrat d’exclusivité avec l’entreprise Dietlin pour les deux prochaines années. Hublot profitera du salon spécialisé BaselWorld, la semaine prochaine, pour dévoiler son présentoir high-tech.

« Pour moi, la question de la sécurité n’est pas primordiale, poursuit Jean-Claude Biver. Ce concept est génial parce qu’il enlève une barrière entre le spectateur et l’objet qu’il contemple. Et cela ouvre des opportunités fantastiques pour la mise en scène de nos produits ».

Site Web : www.hublot.ch

Auteur : FRANCOIS PILET

Source : www.24heures.ch

L’invention a été primée d’une médaille d’or en Grande-Bretagne : Bonatiro expose son horloge universelle de 24 heures


Une horloge universelle de 24 heures, qui marchera sur les rythmes luni-solaires, est le fruit d’un long travail scientifique mené par le chercheur et docteur en astronomie et en techniques spatiales, M. Loth Bonatiro, qui, après 13 années passées dans ses ateliers de recherche, a concrétisé son projet.

Dans une conférence de presse organisée jeudi au Centre international de presse (CIP), M. Bonatiro a présenté cette horloge d’une nouvelle dimension. Une invention qui vient d’être primée d’une médaille d’or au Salon international des inventions (British Inventors Society), en Grande-Bretagne, qui a eu lieu du 21 au 24 octobre 2005.

Pourquoi une montre de 24 heures ? Le conférencier a essayé d’expliquer, tout au long de son exposé, l’intérêt recherché par le calcul du temps, au rythme du jour et de la nuit. Loin d’être une simple invention scientifique, la nouvelle montre que propose M. Bonatiro constitue en elle-même un véritable projet de société, non pas pour un pays déterminé mais pour le monde entier.

Celle-ci, dit-il, sera un indicateur du lever et du coucher de soleil et donnera des informations précises sur l’heure GMT qui, selon M. Bonatiro, est aujourd’hui en avance par rapport au lever du soleil. Par ailleurs, le fonctionnement de cette horloge se veut une réponse à la demande internationale de pouvoir vivre en harmonie avec la nature, en fonction de l’horloge biologique de l’être humain et de l’horloge astrale.

La montre, telle que présentée par l’astrologue algérien, propose une nouvelle répartition universelle du temps qui prend en charge plusieurs aspects. Du point de vue scientifique, cette horloge aura un fonctionnement de 24 heures sur une semaine de six jours, avec un calendrier luni-solaire.

La montre calcule également les aspects religieux, astronomique, astrologique et aussi écologique. Pour ce dernier point, le conférencier a évalué l’impact de cet aspect sur le développement agricole. D’après lui, si les agriculteurs arrivent à suivre les variations des saisons selon les indications de cette horloge, cela favorisera une meilleure production agricole, tant au plan quantitatif que qualitatif, puisqu’ils n’auront pas besoin de recourir aux engrais.

Pour ce qui est de l’épanouissement humain, l’invention de M. Bonatiro propose une meilleure répartition des heures de travail. Ainsi, selon lui, le meilleur rendement individuel de la personne se produit entre 7 h et 13h. Dépassées ces heures, l’horloge biologique de la personne change de fonctionnement.

D’où la proposition du chercheur algérien d’appliquer ces réajustements horaires dans la vie économique et consacrer les après-midi aux loisirs et à l’épanouissement de l’individu. Reste à savoir si l’horloge créée par le chercheur algérien bénéficiera de l’intérêt qu’elle mérite ? Le conférencier a l’espoir de voir le gouvernement algérien lui accorder cet intérêt, comme c’est le cas dans d’autres pays, où plusieurs sociétés ont déjà exprimé le vœu de racheter cette invention.

«J’ai été très vite compris à l’étranger», a conclu le conférencier.

Auteur : Rosa Mansouri

Source : www.jeune-independant.com