Le père des montres Swatch est mort


Le président du groupe suisse Swatch, Nicolas Hayek, 82 ans, est décédé lundi d’un arrêt cardiaque alors qu’il travaillait dans ses bureaux. Retour sur la vie d’une figure emblématique du monde de l’horlogerie suisse.

« J’ai 81 ans, je suis tout à fait jeune, j’ai encore plusieurs années devant moi », affirmait-il en juillet 2009 au quotidien suisse « Le Matin ». Nicolas G. Hayek, qui s’est rarement trompé dans sa carrière, a cette fois raté son pronostic. Lundi en début après-midi, le fondateur de Swatch Group, numéro un mondial de l’horlogerie, est décédé d’une crise cardiaque à son bureau au siège de l’entreprise à Bienne, en Suisse.

À 82 ans, cet infatigable entrepreneur est cependant mort comme il le souhaitait : sans jamais arrêter de travailler. Il avait toutefois préparé sa succession en cédant, en 2003, la fonction de directeur général du groupe à l’un de ses fils, Nick Hayek.

« C’est Napoléon qui sonne la retraite de Russie ! Un artiste, lui, ne prend pas sa retraite. Un entrepreneur est un artiste », se plaisait-il à répéter. Nicolas G. Hayek était bel et bien un artiste et un visionnaire. De fait, au début des années 1980, ce « faiseur » d’idées d’origine libanaise a sauvé une industrie horlogère suisse moribonde grâce à un seul concept, celui d’une montre en plastique bon marché.

Quelque 400 millions de montres écoulées

Alors à la tête d’une société de conseil, Hayek préconise la fusion de deux horlogers suisses qui, ébranlés par la concurrence du quartz japonais, sont mis en liquidation. En 1985, il en prend la direction et lance une montre « ‘made in Swiss’ à bas prix, de haute qualité, artistique et émotionnelle ». Les banquiers sont incrédules. Nicolas Hayek écoulera 400 millions de ses montres.

Son groupe, qui s’est progressivement étoffé de 18 autres marques, dont plusieurs de luxe, affichait, en 2009, un chiffre d’affaires de plus de 4 milliards d’euros et emploie 24 000 personnes dans le monde. Swatch bénéfice, en outre, d’un énorme pouvoir de pression sur la plupart de ses concurrents à qui il fournit l’essentiel des composants horlogers.

Homme d’affaires humaniste

Businessman aguerri, Hayek se voulait également humaniste. Il refusait d’envisager ses employés comme une variable d’ajustement et s’est toujours efforcé de ne pas licencier. Ses employés retiennent d’ailleurs de lui ses talents de pédagogue. « Je ne dis jamais à quelqu’un ‘tu as mal fait’, je lui explique comme j’aurais fait moi-même et lui montre comment. Bien sûr, je suis obligé parfois d’utiliser la puissance mais c’est toujours en dernier recours », avait confié Hayek lors de plusieurs interviews.

Selon ses proches, l’inventeur de la Swatch, mais également de la Smart, la petite voiture urbaine développée en partenariat avec Mercedes, était un homme simple. Il se plaisait d’ailleurs à rappeler que, malgré sa fortune estimée à 3,9 milliards de dollars, il ne faisait pas « les bêtises de certains hommes super-riches. Je n’ai pas de chauffeur, pas de jet privé. »

Auteur : Marie Sophie JOUBERT

Source : www.france24.com

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