Philippe Lanternier et Sylvain Paré sont respectivement président et membre du Gert 21. Ce « groupe d’étude et de recherche technologique », créé en 1986, est spécialisé dans l’aide aux inventeurs.
« Les gens ont des idées mais ne savent pas comment les faire fructifier », explique Sylvain Paré. La quinzaine d’adhérents au Gert 21 se propose donc de les guider dans la jungle des procédures qui peuvent amener au dépôt de brevet et à la fabrication d’un produit.
« Quand un inventeur arrive, on fait d’abord une recherche d’antériorité, pour être sûr que le produit n’a pas déjà été inventé ! On peut également rechercher des marques, des contrefaçons. Nous sommes bien sûr en contact avec les entreprises de la région, ce qui permet de voir si un projet est réalisable ou non. » Et de citer l’exemple de l’inventeur d’une trottinette révolutionnaire : l’engin était parfait, mais son prix de revient le rendait inexploitable.
Si l’invention vaut la peine d’être déposée, son créateur devra débourser dans les 1 500 euros. « Pour 20 ans d’exclusivité, il faut compter 3 000 euros. Et cela seulement pour la France ».
Garder un secret
Autre chose à savoir : dans le monde impitoyable de la propriété industrielle, secret et confidentialité sont les maîtres mots. Car la meilleure façon de se faire voler une idée, c’est d’en parler.
Bien sûr, pour franchir tous les obstacles, il existe déjà des conseillers spécialisés. Mais leurs tarifs n’ont rien de commun avec les 45 euros d’adhésion demandés par l’association. Philippe Lanternier en sait quelque chose, lui qui est en procès avec un grand groupe pour contrefaçon sur le nom d’une enceinte acoustique inventée il y a 18 ans. « J’y ai englouti des sommes énormes. C’est suite à ça que je suis entré au Gert. » Sylvain Paré, lui, a déposé son premier brevet concernant un laser ionique à l’âge de 19 ans. Aujourd’hui il en a 40 et travaille sur une trentaine de projets. top secrets.
Quant aux inventeurs qui s’adressent au groupe, « la plupart ne donnent pas suite, se rendant compte que leur projet n’est pas viable. » Parmi ceux-ci, les multiples découvreurs du mouvement perpétuel. Le brevet n’est pas encore déposé !
Pour tout renseignement, contacter le GERT 21, centre municipal des associations, boite 02, 2, rue des Corroyeurs, 21068 Dijon. Tél./fax 03.80.43.64.46.
R. C.
Paru dans « Le Bien – Public », le jeudi, 20 novembre 2003, dans la rubrique « Actualité », Dijon, Paroles de bénévoles : www.bienpublic.com
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