Comment protéger la propriété intellectuelle


L’agroalimentaire, l’industrie du luxe, l’automobile, les télécommunications ou encore l’audiovisuel, tous ces secteurs sont concernés par la contrefaçon. Depuis une dizaine d’années, ce fléaux a pris une ampleur planétaire : croissance exponentielle, massification, diversification, industrialisation et, surtout, l’émergence de filières de production et de distribution, qui relève d’une logique de criminalité organisée. Les réseaux au service de la contrefaçon sont aujourd’hui de véritables systèmes mafieux, mêlant trafic de stupéfiants et d’armes, contrebande et prostitution au profit parfois des mouvements terroristes.

Les économies modernes, fondées sur l’innovation, doivent s’employer à protéger efficacement les fruits de la recherche, sous peine de la décourager et de ruiner les entreprises qui investissent lourdement dans ce but. Parmi ces économies, celles de la France et du Japon sont particulièrement touchées. C’est pourquoi les deux pays ont fait de la lutte contre la contrefaçon une priorité.

Lors d’un colloque qui s’est tenu à Paris, des ministres, des experts, des représentants de grandes entreprises comme Toyota, Canon et l’Oréal ont décidé de lancer un projet de portée mondiale : un Traité de non prolifération de la contrefaçon. Après une première réunion en France, les industriels, les instituts en charge de la propriété industrielle, l’organisation japonaise du Commerce extérieur, le Jetro, ont décidé de se rencontrer à nouveau à Tokyo le 23 février pour donner suite à ce projet.

Car il y a urgence. La Chambre de commerce internationale estime que la privation de ressources liée à la contrefaçon atteint 7% de la valeur des échanges mondiaux. Les entreprises de l’Union européenne, par exemple, perdraient entre 400 et 800 millions d’euros sur le marché intérieur et 2 milliards d’euros en dehors de l’Union.

Principal accusé : la Chine. L’atelier du monde est devenu le champion de la contrefaçon avec 1,7 millions d’infractions réglées fin 2004, d’une valeur de 2 milliards et huit cent millions d’euros. Reste à convaincre les autorités de Pékin d’adhérer pleinement au Traité de non prolifération de la contrefaçon et de lutter efficacement contre un phénomène qui a atteint des proportions considérables : 70% des contrefaçons qui circulent actuellement sur le marché mondial ont été fabriquées en Chine.

Auteur : Any Bourrier

Source : www.rfi.fr


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