L’innovation à moindre risque


L’innovation peut faire rêver. Les inventeurs, les utilisateurs de produits ou de services nouveaux annoncés pour les années à venir, mais aussi les investisseurs. On peut effectivement faire fortune en misant opportunément sur une jeune société innovante ; mais on peut aussi perdre totalement sa mise. Les financiers le savent bien, plus l’aventure est risquée, plus le gain (ou la perte) est important. Les spécialistes du capital-risque s’estiment généralement satisfaits quand un de leurs investissements dans une jeune société innovante sur dix est couronné de succès.

Pour un particulier qui souhaite investir dans des sociétés innovantes en limitant les risques, une solution est d’acheter des parts de fonds communs de placement consacrés à ce type d’entreprises. C’est-à-dire soit des fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI), soit des fonds d’investissement de proximité (FIP). D’autant que depuis 1997 pour les FCPI et depuis 2003 pour les FIP, ces placements donnent droit à des avantages fiscaux. Car ces produits financiers dopent la croissance des firmes innovantes, créatrices d’emplois.

Comme pour les années précédentes, la plupart des réseaux de banque ou d’assurance mettent ces jours-ci l’accent sur la commercialisation des FIP ou des FCPI. Car, pour profiter de l’avantage fiscal, il faut avoir fait ses emplettes avant le 31 décembre.

« DES CHAMPIONS MONDIAUX »

Tous les FCPI doivent obéir à quelques règles communes. Pour bénéficier de l’avantage fiscal, un FCPI doit en effet placer au minimum 60 % des fonds levés dans des sociétés innovantes, c’est-à-dire des firmes de moins de 500 salariés, labellisées comme telles par la société Oseo-Anvar (naguère appelée Agence française de l’innovation), ou ayant réalisé au cours des trois exercices précédents des dépenses cumulées de recherche d’un montant au moins égal au tiers du chiffre d’affaires le plus élevé réalisé au cours de ces trois exercices. Les 40 % restants peuvent être investis librement ; ils sont généralement placés dans des produits très peu risqués (titres de grands groupes, obligations ou placements monétaires).

Mais comment faire son choix parmi les fonds proposés ? Afin de limiter les risques, il peut être utile de regarder plus finement la façon dont chaque fond est investi. Certains privilégient les sociétés cotées, d’autres préfèrent au contraire investir dans des firmes avant leur introduction en Bourse. Les premières ont parfois affiché des performances supérieures, car leur valorisation pouvait être faite avec précision, alors que les secondes recèlent des plus-values latentes.

Le degré de maturité des firmes dans lequel le fonds a investi est également important. Ainsi, plus la société est jeune, plus le placement est risqué, plus aussi il peut s’apprécier. La tendance est néanmoins d’investir dans des sociétés relativement matures, et non dans de jeunes pousses. C’est en particulier le cas du fonds AGF Innovation 7, qui garantit 65 % du capital investi (hors avantage fiscal). Le profil choisi est donc le moins risqué possible.

Le secteur d’investissement doit aussi être pris en considération. « Les fonds qui ont plusieurs participations dans les biotechnologies mettent plus longtemps à mûrir », précise Luc Lechelle, responsable de l’activité Venture d’Axa Private Equity, dont l’un des fonds Axa Placement Innovation 2 a vu sa performance se dégrader depuis un an pour cette raison. « Les bonnes nouvelles de cette année confirment que, dans ce domaine, il faut savoir être patient », poursuit ce coresponsable de la commission FCPI de l’Association française des investisseurs en capital (AFIC).

Actuellement, il prône une gestion « généraliste » en sélectionnant « les spécialités sur lesquelles la France est bien placée » : la technologie sans fil et le haut débit pour ce qui est des technologies de l’information et de la communication, entre autres, et les plates-formes de services en science de la vie. Il s’intéresse aux « technologies propres », même s’il n’a pas encore investi dans ce secteur. « Nous avons des champions mondiaux, comme Suez, explique-t-il. On peut donc s’attendre à l’émergence de « spin off », c’est-à-dire de sociétés issues de ces grands groupes. »

Christophe Bavière, directeur d’AGF Private Equity et autre coresponsable de la commission FCPI de l’AFIC, prône la diversification sectorielle. Les fonds AGF sont ainsi investis dans les sciences de la vie, les logiciels, les services et la microélectronique.

Les conseillers en patrimoine incitent néanmoins à la prudence. « Il ne faut pas consacrer plus de 5 % de son patrimoine à des placements à risque, qu’il s’agisse d’investissement direct dans des sociétés innovantes, de parts de FCPI, de FIP ou de Sofica », rappelle Xavier Kerny, directeur de la gestion privée chez le conseiller en patrimoine Meeschaert. Sa société ne commercialise d’ailleurs plus cette année de FCPI, à part celui qu’elle avait lancé en 2004 avec Oddo.

Auteur : Annie Kahn

Source : www.lemonde.fr


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