Encadreur, Rémy Feissli a conçu un astucieux système qui dissimule les inesthétiques écrans de télévision. Son invention vient d’être reconnue par l’Office européen des brevets (OEB), à Munich.
«Je suis un peu philosophe, un peu artiste, épicurien aussi». Une voix de comédien, un peu rauque, Rémy Feissli est né il y a juste un demi-siècle à Leysin. D’abord relieur, puis encadreur, il est indépendant dans l’âme depuis 25 ans. Une petite échoppe fait son bonheur à la rue du Lac.
Des idées, il lui en arrive régulièrement. «Ce sont des cadeaux, je ne sais d’où ça me vient, peut-être que ça nous dépasse tout simplement», tente-t-il d’expliquer. Plagié pour quelques-unes de ses précédentes trouvailles, dont un cendrier fermé en carton et une machine à café à installer dans des voitures, il a décidé de procéder avec un peu plus de sérieux pour sa dernière invention. Avec l’aide d’un ingénieur en brevet de Nyon, il a décroché la timbale à l’OEB.

CACHE-CACHE : Rémy Feissli n’a qu’à appuyer sur sa zappette. De derrière le miroir surgira l’image, non altérée, diffusée par l’écran de télévision plat que dissimule son installation. Une invention de son cru désormais protégée à l’échelon européen.
Esthète sensible aux arts décoratifs, la combine consistant à enclencher un poste de télé après avoir ouvert la porte de l’armoire qui le dissimule l’a toujours laissé sceptique. «Pire encore, le match de foot que l’on regarde entre deux demi-Van Gogh, les deux parties du tableau remises côte à côte à la fin de la partie, afin de cacher l’inesthétique écran» dénonce-t-il. Même devenus plats, les postes TV restent des intrus, notamment dans les appartements chicos. La masse noire de l’écran alourdit l’espace.
Derrière un miroir
Afin de créer l’effet contraire, Rémy Feissli a choisi de cacher l’horrible chose derrière un miroir qui, lui, va donner une sensation d’ouverture des lieux.
Encadreur chevronné il sait créer les baguettes qui donneront à l’objet le style voulu par ses clients. Cela va de rustique à design en passant par le classique empesé de moulures. Il restait à faire en sorte que, placé derrière la glace, l’écran TV plat reste complètement inaperçu lorsqu’il est éteint. Et qu’au premier coup de zappette l’image s’inscrive dans le miroir sans la moindre altération. C’est en ça que constitue l’invention du Veveysan qui n’en dira pas beaucoup plus.
«Ça relève un peu du miroir sans tain des polars les plus classiques, en fait, le verre du miroir subit un eloxage spécifique» résume-t-il.
Son produit a séduit de Genève à Verbier en passant par Fribourg et sur la Riviera où la clientèle exigeante est bien représentée. Il en coûte entre 1500 et 5000 francs pour un écran plat classique. Le prix pouvant grimper si le miroir prend des dimensions monumentales.
«Ça marche plutôt bien, je sous-traite une partie de mes commandes, mais je ne veux pas me laisser mettre sous pression par de gros distributeurs» lâche l’encadreur qui compte faire de petites séries, en artisan, et sur mesure.
Site Web : www.raymura.com
Auteur : BERTRAND DUBOIS
Source : www.24heures.ch
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