CHÂTEAUGUAY – Pas facile de trouver une compagnie établie prête à fabriquer et vendre un nouveau produit, en l’occurrence un jeu d’échecs à quatre joueurs, a constaté Raymond Sauvé, de Châteauguay.
Les réticences des entreprises s’expliquent par le fait que les consommateurs trouvent rarement une idée inédite aussi géniale que son concepteur. En clair, le jeu n’en vaut souvent pas la chandelle. « Même si vous êtes sorti avec LA trouvaille, la foule n’accourra pas chez vous », prévient le Service aux entrepreneurs du gouvernement du Canada sur son site Web.
Pour vendre une idée, il faut frapper à une foule de portes et user bien des semelles de chaussures. « Vous courez une bonne chance d’épuiser votre patience et d’avoir besoin de plusieurs douzaines de mouchoirs », dit Entreprises Canada. « Personne ne veut d’idées qui n’ont pas fait leurs preuves. Personne ne veut être le premier. Tout le monde veut être le deuxième. »
Même les compagnies bien enracinées, qui disposent de millions de dollars pour vanter leurs produits ont de la misère à percer le marché avec des nouveautés. On peut notamment ranger le défunt Coke « nouveau » lancé il y a quelques années dans cette catégorie.
Selon l’Office de la propriété intellectuelle du Canada, seulement 20 % des produits brevetés sont commercialisés. Et le taux d’échec d’un nouveau produit est très élevé. Il oscille « entre 50 et 80 % au minimum ».
Une invention peut parfois végéter durant des années, puis connaître un succès fulgurant. Par exemple, le procédé Xerox de photocopie a été breveté dans les années 1930 et son usage ne s’est répandu que 40 ans plus tard.
Faire breveter son idée de génie
La personne qui croit avoir mis au point le bidule du siècle a néanmoins intérêt à protéger ses droits en le faisant breveter.
Pour être brevetable, une invention doit remplir trois conditions : constituer une première au monde, être utile, c’est-à-dire fonctionnelle et exploitable, et représenter un apport inventif, ne pas aller de soi pour la personne.
On peut faire breveter une invention toute nouvelle ou une version améliorée d’un concept existant, ce qui est généralement le cas. « En fait, 90 % des brevets représentent des améliorations à des inventions déjà brevetées », précise Entreprises Canada.
Pour savoir si quelqu’un d’autre n’a pas eu avant eux la même idée fabuleuse qui vient de germer dans leur esprit, les intéressés peuvent consulter en ligne la base de données sur les brevets canadiens. Celle-ci contient 1,5 million de documents datant de 1869 à nos jours et est mise à jour à tous les mardis.
La liste des nouveaux brevets délivrés la semaine passée occupe 42 pages. Elle comprend entre autres de l’alimentation pour porc, un microscope d’essai biologique, un appareil d’emballage sous vide et un aphrodisiaque.
Au Canada, le brevet offre une protection de 20 ans.
Auteur : Michel Thibault, Les Hebdos Montérégiens
Source : www.hebdos.net
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