Les Israéliens collectionnent tellement d’activités différentes et sont tellement ouverts à de nouvelles rencontres qu’ils font souvent parti de plusieurs groupes différents à la fois. C’est de ce mélange que sont nées un grand nombre de success story israéliennes.
La question des causes sociales de la créativité et de l’innovation a un intérêt évident pour les politologues, sociologues et managers. Dans un monde de plus en plus ouvert, la concurrence se fait en effet avant tout sur la capacité d’une nation/organisation à innover.
Or l’idée du « génie créatif », de l’inventeur génial déconnecté du monde et qui aurait des idées révolutionnaires seul dans son coin n’a correspondu à la réalité que dans trois cas (Collins 1998) : le métaphysicien confucéen Wang Chung du premier siècle après J-C, le spiritualiste zen du 14ème siècle Bassui Tokusho et le philosophe arabe du même siècle Ibn Khaldun.
Les études ont en effet montré que l’énorme majorité des génies (comme Ludwig van Beethoven, Thomas David Hume ou Adam Smith), doivent beaucoup de leur créativité au contexte social, et en particulier au phénomène du « petit monde » (small world). Même si la théorie sociale du « petit monde » est plutôt compliquée, son principe est simple : une personne est d’autant plus créative/innovante qu’elle a d’attaches dans des groupes de personnes variés.
La théorie développée par le Professeur Brian Uzzi, expert réputé de la question et chercheur à la Kellogg School of Management de Northwestern University (près de Chicago) peut être (grossièrement) résumée de la manière suivante : si l’on considère deux groupes homogènes différents et qu’on crée quelques liens entre eux, on augmente la créativité de ces groupes. Si on les mélange trop, le groupe devient homogène et la créativité décroît.
Quel est le lien avec le miracle économique israélien ? Quiconque est allé un jour en Israël a pu s’apercevoir de la diversité de sa population et de son territoire restreint. Si la personne reste un peu de temps ba’aretz (dans le pays), elle s’aperçoit vite que Israël, « c’est un petit monde » : si tout le monde ne connaît pas tout le monde, du moins beaucoup connaissent quelqu’un qui connaît quelqu’un etc. Tout se sait dans ce petit monde.
En un mot, les Israéliens collectionnent tellement d’activités différentes et sont tellement ouverts à de nouvelles rencontres qu’ils font souvent parti de plusieurs groupes différents à la fois. C’est de ce mélange que sont nées un grand nombre de success story israéliennes.
Par exemple, pensons à Given Imaging : l’inventeur israélien de la capsule endoscopique ne travaillait-il pas au départ sur les systèmes de guidage du missilier militaire Rafael ?
Auteur : Michel Debus, à Northwestern University (Chicago)
Source : www.israelvalley.com
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