Depuis sa création, le groupe a breveté un millier d’inventions. Pourtant, depuis 1998, il doit faire face à la contrefaçon « made in China ». Un service entier travaille au quotidien à dénicher les faussaires.
Pour un fabricant de produits grand public comme Seb, la contrefaçon et ses menaces sont une réalité de chaque instant. Ce n’est pas pour rien que Hubert Kiehl, directeur de la propriété industrielle du groupe, compte vingt-deux personnes dans son service, dont cinq ingénieurs rompus au monde des brevets, de leur protection et des multiples façons de les contourner. Et c’est pour s’en prémunir que Seb protège une centaine de nouvelles inventions chaque année et que, depuis l’origine, l’entreprise en a breveté pas moins d’un millier. Pourtant, même si elle est moins exposée que d’autres, on évalue en interne à 5 % du chiffre d’affaires la part détournée par les différents types de contrefaçons. Les menaces sont réelles. Surtout de Chine (99 % des contrefaçons) où « nous avons une politique soutenue d’actions à la source », explique Hubert Kiehl. Cet ancien ingénieur/avocat n’omet pas de visiter lui-même quelques grands salons tel celui de Canton pour repérer les contrefaçons. Il y a trois ans, il se souvient en avoir ainsi déniché une demi-douzaine.
Il s’agit là de copies « brutales » : à peine le faussaire a-t-il modifié le nom de Moulinex pour celui de « Mamoulex » ou « Moulamix », ou celui de Tefal en « Tefla » ou « Tofla ». L’essentiel est de produire des appareils ressemblants qui sont ensuite vendus non pas en Chine, mais sur des pays émergents (Afrique, Pakistan etc.) où le système judiciaire présente des failles et où les faussaires peuvent espérer réaliser les plus gros bénéfices. Fort heureusement, le repérage d’une telle contrefaçon est facilitée par le fait qu’il faut nécessairement une implantation industrielle pour fabriquer de tels produits qui ne bénéficient, par ailleurs, que d’un packaging médiocre facilement repérable. C’est à partir de 1998 que cette contrefaçon chinoise a vraiment pointé le nez. « Aujourd’hui, nous avons une stratégie mondiale de protection de nos marques, en particulier pour Moulinex, Krups, Tefal et Rowenta. Ainsi Moulinex est protégé quasiment dans le monde entier ».
D’autres contrefaçons peuvent survenir. Sachant que les protections concernent d’une part l’esthétique et d’autre part les fonctionnalités, il peut être tentant pour un industriel de reprendre à son compte telle ou telle invention de Seb. D’où des litiges qui concernent cette fois surtout les pays développés. « Nous sommes très vigilants sur le sujet », explique Hubert Kiehl. Et chaque année apporte son lot de litiges. Au final, Seb s’en sort plutôt bien : « Nous avons quand même mis un couvercle assez solide sur nos marchés majeurs », explique Hubert Kiehl. « Nous sommes loin d’être affectés à hauteur de 10 ou 30 % comme cela arrive pour des entreprises opérant dans d’autres domaines comme le luxe ou l’industrie pharmaceutique ». Mais si Seb est passé maître dans l’art de se protéger, la meilleure arme demeure l’innovation. En l’occurrence, le groupe a investi 47 millions d’euros en R&D l’an passé et 500 personnes sont dédiées, au sein du groupe, à la recherche.
Auteur : Jean-Claude Pennec
Source : www.brefonline.com
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