Grâce aux recherches de deux passionnés, un hommage est rendu aujourd’hui à Plougonvelin à ce précurseur brestois de la radio.
Ce samedi, une cérémonie à la mémoire du capitaine de frégate Camille Tissot se déroule au cénotaphe de la pointe Saint-Mathieu, à Plougonvelin, dédié aux marins morts pour la France. Un hommage qui doit beaucoup à l’action opiniâtre du maître principal Jean-Luc Fournier, formateur à l’École de navigation sous-marine, pour faire reconnaître les mérites de celui qui fut baptisé le « marin savant ».
Originaire de Saint-Pierre-Quilbignon, Camille Tissot (1868-1917) est l’un des précurseurs de la transmission sans fil, ou TSF, comme s’appelait la radio des âges héroïques. Mais son nom est aujourd’hui tombé dans l’oubli même si, à Brest, il existe une rue du Commandant-Tissot, située près du lycée Kerichen.
Jean-Luc Fournier le déplore. « Si l’on parle de l’invention de la TSF, Tissot est incontournable au même titre que Branly ou que Marconi. » Le Brestois a sans doute souffert de son désintéressement. Il n’avait pas le sens des affaires de l’italien Guglielmo Marconi (1874-1937), qui passe souvent à tort pour l’inventeur de la radio. « Marconi fut surtout un entrepreneur », corrige Jean-Luc Fournier. Et pas toujours des plus scrupuleux !
Jean-Luc Fournier a fait la connaissance de Camille Tissot à travers sa passion pour la radio. Radariste de formation, donc spécialiste des ondes électromagnétiques, il collectionne depuis dix ans les postes de radio maritime anciens. Il en possède aujourd’hui plus de 200 et a lancé un site Internet consacré à ce sujet.
Archives familiales
En se documentant, Jean-Luc Fournier croise assez souvent le nom de Camille Tissot. Mais l’inventeur brestois reste pour lui une énigme. « Des articles évoquaient ses travaux. Mais je ne trouvais rien sur lui. Je savais simplement qu’il avait écrit des bouquins. »
Une série de petits miracles vont permettre de faire sortir de l’ombre la figure de Camille Tissot. Tout d’abord, en 2000, en farfouillant dans une brocante brestoise, Jean-Luc Fournier découvre le manuel de TSF dû à l’officier de marine. L’ouvrage, dont la première édition date de 1912, a bénéficié de plusieurs rééditions jusqu’en 1932. La preuve que, en son temps, Camille Tissot fit donc bien référence.
Le deuxième coup de chance remonte à deux ans. A travers son site Internet, Jean-Luc Fournier fait un pas de géant dans sa quête du Graal. « Un «post» sur mon forum, sur un fil traitant d’autre chose, me demandait si je serais intéressé par un peu de doc sur Camille Tissot… »
L’auteur du « post » en question n’est autre que Christelle Sochal-Tissot, arrière-arrière-petite fille de Camille Tissot. La jeune femme est tombée sur le site de Jean-Luc Fournier en menant des recherches généalogiques sur son ancêtre. Elle met immédiatement à sa disposition les archives familiales. Soit un volume impressionnant de documentation originale, dont beaucoup de manuscrits.
Jean-Luc Fournier se rend régulièrement à Paris pour consulter cette masse d’information. Elle-même passionnée par la vie et l’œuvre de son aïeul, Rachel Sochal-Tissot l’a aidé à mettre en ligne un site Internet consacré à Camille Tissot.
Le travail ne fait que commencer. « Sur le site, il y a à peine 15 % de la doc ! » Pour Jean-Luc Fournier, la page Camille Tissot est donc loin d’être tournée. Il n’en revient toujours pas de sa bonne fortune. « Ce que je vis, c’est ce qui peut arriver de mieux à un collectionneur. »
Ì Un site Internet. Jean-Luc Fournier et Christelle Sochal-Tissot sont les maîtres d’œuvres du site Internet www.camille-tissot.fr. Très complet et très facile d’accès, celui-ci offre une vision complète sur la vie et l’œuvre du « marin savant ».
Auteur : Olivier MÉLENNEC
Source : Ouest-France
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