L’ancien salarié de Renault Sandouville vient de monter sa propre entreprise. Un virage à 180 degrés. Il crée aujourd’hui des meubles en béton.
Pendant des années, il a travaillé dans le huis clos d’un atelier confidentiel, au cœur du site Renault, à Sandouville. Dans ce lieu fermé à double tour, Stéphane Gosselin concevait et créait des pièces de carrosserie pour les prototypes des marques du groupe. Jusqu’au jour où cette vocation à créer est devenue une envie, un projet pour voler de ses propres ailes avec, comme point de départ, une expérience personnelle. « J’ai commencé à me construire une maison très contemporaine, ultramoderne et lorsque nous avons cherché des meubles, nous n’avons pas trouvé ce qui nous convenait », explique Stéphane Gosselin.
Dans la cave de son immeuble, il commence, il y a un an, à concevoir ses premiers meubles. Particularité : ils sont en béton. Pas le béton classique, le tout-venant, mais un matériau sophistiqué, très haut de gamme, vendu uniquement aux professionnels. Rapidement, il imagine ses premières vasques, ses bacs de douche à l’italienne, puis des tables basses « En rentrant de vacances, j’ai vraiment accéléré dans mon projet », dit-il. Et puis est arrivé le plan de départs volontaires de Renault. Pour Stéphane Gosselin, c’est un peu l’ultime déclic, celui qui le pousse à quitter l’usine pour se lancer dans la grande aventure. Avec, à la clé, une aide de 12 000 euros qu’il vient seulement de toucher après avoir cassé sa tirelire pour investir dans du matériel onéreux, comme un malaxeur à 5 000 euros !
Il y a trois mois, Stéphane Gosselin, 34 ans, a définitivement tourné la page Renault. Pour en ouvrir une nouvelle, début mai : la création de Bunkker, sa propre société, installée à Montivilliers, dans un atelier loué par un chef d’entreprise qui, lui aussi, a connu il y a quelques années les galères de la création. C’est là, dans ce hangar tout en longueur, que Stéphane Gosselin imagine, dessine, puis fabrique son mobilier en béton. Des pièces exclusives et numérotées qu’il compte bien vendre sur le marché du haut de gamme. Pour cela, il vient d’adresser ses cartes aux architectes d’intérieur, aux décorateurs du grand ouest de la France, aux marchands de meubles design. « Je commence à avoir des retours, les premiers coups de téléphone. Mais pendant tout le mois de mai, j’ai vraiment angoissé », dit-il.
« En fait, explique Stéphane Gosselin, je fais ma propre collection et je travaille à la demande. On peut tout imaginer. » Exemple : le jeune designer planche actuellement sur une demande un peu particulière : la fabrication d’un dessus de bureau en béton dans lequel sera incorporée de la fibre optique. « Avec le béton, on peut tout faire », souligne-t-il. Pour cela, Stéphane Gosselin commence par créer des moules qu’il remplit de ce nouvel « or gris » – « même quasiment blanc », précise-t-il – devenu un produit très en vogue et inusable.
Auteur : Stephane Siret
Source : www.paris-normandie.fr
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