L’inventeur sauve des vies


Une ceinture-bouée, une télé alarme, un bracelet transdermique… Ce Sébastiennais innove sans cesse.

Jean-Claude Hesse est un infatigable chercheur avec une idée directrice : sauver des vies. Son parcours professionnel dans les métiers de la sécurité et son engagement au sein de la SNSM le prédestinaient à cela.

Cet ancien pompier, aujourd’hui responsable de la sécurité à la mairie de Saint-Sébastien-sur-Loire, a inventé une ceinture-bouée – avec brevet à la clé – et une télé alarme pour sauver des marins tombés à la mer.

« Après sa chute, le marin actionne la tirette du percuteur qui permet le gonflage de la bouée créant une flottabilité positive de 1 l, explique-t-il. Un tube de fluorescéine se dilue pour mieux repérer la personne. La ceinture est aussi équipée d’un sifflet et de bandes rétroréfléchissantes ». Et de souligner : « Cette ceinture a déjà sauvé cinq personnes ». Ces inventions prennent un relief particulier après la grosse frayeur connue par quatre marins, lundi au large du Croisic.

Un bracelet innovant

Jean-Claude Hesse a également inventé une télé alarme permettant à un marin, seul à bord et tombé à l’eau, de ramener le bateau à lui grâce à une télécommande. Restait à éviter l’hypothermie au cas où les secours n’arriveraient pas rapidement. D’où l’idée d’un bracelet transdermique en cours d’homologation. « Il se porte au poignet. Il est muni d’un microprocesseur qui vibre lorsque la personne tombe en hypothermie et favorise la transmission des nutriments à travers la peau ». Désormais, il reste à trouver un liant qui résiste à l’eau.

Son altruisme le pousse à élargir son champ d’applications : alpinistes, SDF, plaisanciers, handicapés, pêcheurs, spéléologues, pisteurs en montagne… Jean-Claude Hesse teste lui-même toutes ses inventions. Il a ainsi essayé avec succès, au large d’Ouessant, l’efficacité d’une potion de nutriments en situation d’hypothermie, dont la composition est la même que dans le bracelet. Ce jour-là, il a porté un maillot de bain dans une eau à 16° pendant 2 h 20 : son corps était à 34°8 et ses pulsations à 42. Deux heures et demi après la déglutition de ses nutriments, tout est revenu normal.

« À la sortie de l’eau, malgré une hypothermie débutante, j’étais froid et semi-conscient, raconte-t-il. Je n’ai pas eu besoin d’assistance. Une heure plus tard, tout était redevenu normal. J’en conclus que le concept est efficace, sinon c’était pour moi une mort lente ou des séquelles physiques et physiologiques irréversibles ».

« La passion l’emporte »

Jean-Claude Hesse le reconnaît : « La médecine m’a dit de ne pas aller trop loin à cause des risques pris, mais la passion l’emporte. Je suis trop proche du but pour renoncer. Surtout quand je vois qu’il y a un réel besoin avec ces personnes qui vivent dans la rue ». Et de conclure avec une pointe d’humour : « La reconnaissance posthume, ça existe ! ».

Auteur : Denis Bourdeau et Jacques Mercier


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