Inventeur, un métier à plein-temps


Michel Chamoulaud fait breveter ses trouvailles en matière de botanique. Il vit de ses inventions depuis quarante ans.

Voilà quarante ans que Michel Chamoulaud vit de ses inventions. « Il ne faut pas croire qu’une idée suffit à rapporter de l’argent. On doit d’abord penser au produit, puis à sa fabrication, à sa distribution et à sa commercialisation. Autre règle d’or : si on n’a pas les moyens, mieux vaut ne pas déposer un brevet. » À l’origine, Michel Chamoulaud était arboriculteur à Saint-Loubès.

Après avoir réalisé le parc du Val de l’Eyre, à Salles, en 1968, il a envie de mieux exploiter son expérience professionnelle : « En contemplant la verdure, j’ai imaginé un gazon hors-sol que l’on pourrait produire en un temps record. » Un substrat de culture à base d’écorces de pins permet d’accélérer la pousse, de rendre l’herbe plus légère, de la rouler et de la transporter facilement. La société Darbonne fabrique son gazon cylindrique : « Je touchais 5 % sur chaque mètre carré vendu. » Bingo !

Michel_Chamoulaud_2011

Michel Chamoulaud montrant la barquette qui humidifie les plants.

Le brevet avait été déposé à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) en 1976 : « J’ai aligné deux Smic. » Pour vendre ses licences aux USA, il remet la main à la poche : 20 millions de centimes. Séduits par les greens de Los Angeles, les Japonais deviennent ses clients. « Jusqu’au jour où un Américain m’a copié. Lorsque j’ai voulu faire valoir mes droits, le tarif des avocats et des procédures m’en a dissuadé. »

Au bout de vingt ans, le brevet tombe dans le domaine public : « On ne touche plus rien. Alors, il faut passer à autre chose. »

Son livre de chevet

Michel Chamoulaud a le don d’anticiper : « Toujours créer en fonction des besoins de la société, sinon, il n’y a pas de marché potentiel. » Les communes en sont un et vont lui commander ses tapis de fleurs. Brevetés en 1991, ils viennent aussi de tomber dans le domaine public. Déjà, Michel Chamoulaud se projetait dans l’avenir.

« La lecture d’un article sur les balcons et les terrasses fleuris m’a donné l’idée d’un arrosage efficace et non contraignant. J’ai mis quatorze ans à la trouver. » L’inventeur mérignacais tire sa science de son expérience mais aussi de son livre de chevet « La Vie des sols ». « J’ai découvert que l’air était aussi important que l’eau au niveau des racines. » Fleurs et plants sont humidifiés en permanence grâce à une couche de sphaigne disposée sous le terreau et qui absorbe l’eau, contenue dans la jardinière, en fonction de l’évaporation. Le brevet a été déposé en France, en Angleterre et en Allemagne : « Pour l’instant, ça m’a coûté 10 000 euros. Je commence la commercialisation. » Quel sera le prochain ? « J’ai bientôt 81 ans. Je crois qu’il s’agit du dernier », sourit-il.

Auteur : D. M.

Source : www.sudouest.fr


En savoir plus sur Invention - Europe

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

C'est à vous !

search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close