L’autonomie alimentaire pour 8 000 euros


La start-up française « Myfood » a lancé une serre qui permet de récolter 400 kg de fruits et légumes par an et 40 kg de poisson. Soit de quoi nourrir une famille de quatre personnes pour un investissement initial de 8 000 euros.

Se nourrir des produits de leur propre potager est le rêve de nombreux Français mais qui, jusqu’à présent, était hors de portée en raison du temps et de l’espace nécessaires. Myfood affirme que de simples particuliers peuvent atteindre cet objectif avec une surface au sol de 22 mètres carrés et en y consacrant seulement une heure de travail par semaine.

Pour atteindre ce résultat, cette serre s’appuie à la fois sur les techniques de la permaculture, de l’aquaponie et des incontournables objets connectés. En effet, elle est bardée de capteurs qui mesurent l’humidité, la température de l’air et de l’eau, ainsi que le pH des sols puis transmettent ces informations à une application smartphone. L’ensemble (avec l’irrigation et la ventilation) a une consommation électrique de 60 watts, soit une facture de 60 euros par an mais rien n’empêche d’alimenter le système par des panneaux solaires placés sur le toit de la serre.

Au milieu de la serre, un grand bassin abrite des poissons comestibles comme des carpes ou des tilapias, auxquels on peut ajouter des écrevisses. L’eau de ce bassin est pompée et dirigée dans des tours verticales en plastique qui le surplombent, où poussent fraises, salades, légumes et autres herbes aromatiques. « Grâce à ce système, il n’y a besoin d’aucun engrais chimique car les bactéries naturellement présentes autour des racines transforment les déjections des poissons en nutriments pour les plantes », assure Mickaël Gandecki, l’un des trois fondateurs du projet.

serre

Résultat: zéro pesticides et jusqu’à 90% d’économie d’eau par rapport à de la culture en pleine terre. Et pour nourrir les poissons ? « Nous travaillons sur un lombricomposteur qui produira la nourriture essentielle aux races carnivores. En attendant nous recommandons l’emploi d’aliments bio pour poissons car les produits du commerce peuvent contenir tout et n’importe quoi. »

Pour cultiver pommes de terre, choux, citrouilles et autres légumes volumineux, des buttes de permaculture sont installées sur les bords intérieurs et extérieurs de la serre. « C’est une technique bien connue des jardiniers qui consiste à enterrer des bûches dans de la terre et à la couvrir de bois raméal fragmenté (BRF). » On obtient ainsi une terre souple et fertile, semblable à celle des forêts.

Cependant, selon l’entreprise, il et prudent, si l’on réside dans les régions du nord de la France de prévoir un poêle à granulé ou un système de récupération de chaleur pour maintenir la température adéquate dans la serre. C’est l’option qu’a choisi Sébastien, un auvergnat qui possède une serre Myfood depuis mai 2016. « J’ai eu d’excellents rendements, notamment avec la culture sur butte. J’ai récolté cette année environ 150 kg de tomate, une dizaine de kilos d’aubergines et de poivrons et fait du pesto pour tout l’hiver ! »

Sa serre de 22m2 lui a coûté 8 000 euros, livraison et installation incluse. Une somme qui n’inclut pas les panneaux solaires et le chauffage à granulés vendus en option. Pour les plus petites surfaces, la jeune entreprise commercialise également des versions de 14 et 3,5m2, utiles quand on ne dispose que d’un balcon ou d’un morceau de toit.

L’entreprise dit que la serre est rentabilisable en 4 ans mais il vaut mieux compter sur d’autres retombées (plaisir d’apprendre à cultiver, souci de manger sain, convictions, etc.) car, comme le dit Sébastien : « J’en suis encore loin avec mes tomates car, à raison de 4 euros le kilo, je n’ai économisé que 600 euros cette année. Plus qu’un investissement, c’est surtout un achat passion et une façon de me réapproprier mon alimentation. »

Et si vous êtes bricoleur, il est aussi possible de bâtir votre serre vous même. « Dans le respect de notre démarche open source, nous avons publié tous les plans et le code source sur Internet pour que chacun puisse bâtir son système », conclut Mickaël Gandecki.

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