La contrefaçon est devenue incontournable mais surtout planétaire et diversifiée. Finis les pays d’Asie et les produits de luxe, aujourd’hui la tendance est à l’européanisation et aux produits quotidiens de consommation. Un commerce en réel expansion.
Asie, Maroc, Tunisie, Italie, Espagne mais aussi Belgique, Royaume-Uni et États-Unis, tous ces pays nourrissent aujourd’hui une contrefaçon de plus en plus inquiétante. Tous les produits sont bons. 7% des médicaments, 10% des parfums et 12% des jouets constituent certes de pâles copies mais reconnaissables à s’y méprendre. Un commerce grandissant qui remplit les poches de certains et crée un réel remue-ménage chez les autres comme au Comité National Anti-Contrefaçon (CNAC). Danger pour la sécurité, la propriété intellectuelle et la santé (les produits n’étant évidemment pas aux normes, comme les jouets), la contrefaçon devient aussi une menace pour l’entreprise. Rien qu’en France, 30 000 emplois manufacturiers sont supprimés chaque année. Et ça ne va pas s’arrêter là.
Rien à l’abri de la contrefaçon
On ne mesure pas toujours l’étendue de la situation mais il faut savoir que seulement une douzaine de pays se trouvait en ligne de mire il y a quelques années. Désormais, l’Europe centrale ou les États-Unis tiennent la main à l’Asie, l’Europe du sud et le bassin méditerranéen. «Dubaï est un gigantesque port de contrefaçon et Varsovie en est le plus grand marché mondial à ciel ouvert» explique Marc-Antoine Jamet, président de l’Union des fabricants.
Les produits de luxe ne composant plus le gros de l’activité, la contrefaçon a dû se déployer et trouver d’autres ports d’attache. Les appareils numériques, les vins, le tabac rapportent plus que la drogue. La dernière proie : les ordinateurs Windows. La police espagnole a démantelé un réseau de contrefaçon de logiciels Windows XP à San Sebastian, dans le pays basque espagnole. Les experts vendaient un CD Rom avec une copie craquée de Software, le tout dans une jolie boite avec, en prime, un parfait certificat d’authenticité que seuls les esprits avisés peuvent dévoiler. De quoi étudier scrupuleusement tous les objets chez soi.
Une activité pas si étonnante
Si on réfléchit bien, tout ceci n’a rien d’étonnant. A force de rendre rare ce qui ne devrait pas l’être, on incite les mafias à se frotter les mains. Il semble facile de faire transiter des copies de tout et n’importe quoi, même si les autorités veulent mettre les bouchées doubles pour stopper ce trafic. Le hic dans toute cette histoire, c’est que les responsables ne sont pas les seuls à payer l’usurpation. Même le client innocent risque cher, jusqu’au double du prix réel. Alors que ce soit en vrai ou en faux, le consommateur devra de toute façon sortir l’argent du porte-monnaie.
Auteur : Elodie Ségalin
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