Médecine traditionnelle africaine : des médicaments à valoriser et protéger


C’est à cela qu’œuvre l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle désireuse de faire émerger une véritable industrie pharmaceutique sur le continent.

La valorisation des inventions africaines en matière de médicaments doit être une priorité pour nos pays. Mais cela passe par une harmonisation des procédures d’homologation des médicaments issus de la médecine et de la pharmacopée traditionnelles.

A ce effet, deux documents référentiels seront adoptés par la réunion de suivi et d’évaluation de l’Initiative pour la protection et la valorisation des inventions africaines en matière de médicaments qui a débuté hier à l’hôtel Kempinski El Farouk.

Cette rencontre internationale regroupe les ministres en charge de l’industrie et de la santé des pays membres de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI).

La cérémonie d’ouverture était présidée par Tankpadja Lallé, ministre togolais du Commerce, de l’Industrie, des Transports et du Développement de la Zone franche, et s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, des représentants des institutions de la République et du corps diplomatique.

L’Initiative pour la protection et la valorisation des inventions africaines en matière de médicaments adoptée en 2002 à Libreville est destinée à favoriser l’émergence d’une véritable industrie pharmaceutique dans nos pays. Ceux-ci, avec leur flore riche, disposent d’un potentiel énorme en matière d’invention de médicaments comme en attestent les 546 brevets enregistrés par l’OAPI entre 1998 et 2001. Mais ces résultats sont jugés insuffisants.

L’OAPI estime, en effet, que le niveau de protection des inventions et innovations africaines en matière de médicaments ne reflète pas les potentialités de la pharmacopée traditionnelle et la créativité de nos tradipraticiens. Elle impute cette situation à l’absence d’une véritable politique de valorisation des inventions. Cette lacune est préjudiciable à une accumulation des actifs en terme de propriété intellectuelle.

Pour Choguel Maïga, le ministre de l’Industrie et du Commerce, la flore africaine représente un enjeu scientifique majeur et la valorisation de nos inventions constitue une alternative pour nos pays face au coût élevé des médicaments. Et le ministre d’insister sur la nécessité pour le continent de prendre en compte la dimension de la propriété intellectuelle dans ses stratégies de développement. « Les pays membres de l’OAPI perçoivent aujourd’hui les véritables enjeux de la question de la valorisation de nos inventions en matière de médicaments et l’urgence d’une mise en synergie de nos actions », a-t-il assuré.

Son homologue togolais Tankpadja Lallé a quant à lui rappelé la nécessité d’harmoniser les procédures d’homologation qui serviront de réglementations nationales, et d’identifier les tradipraticiens dans les pays membres de l’OAPI. La valorisation des inventions africaines, jugera-t-il, contribuera à la recherche du bien être social et économique de nos populations.

La rencontre qui alterne travaux de groupe et discussions en plénière prend fin aujourd’hui par une visite au laboratoire du Département de la médecine traditionnelle sis à Darsalam et la pose de la première pierre du Centre national de documentation en médecine traditionnelle à l’ACI 2000.

Auteur : B. DOUMBIA

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