Un groupe d’experts indépendants invite instamment les responsables européens à prendre des mesures radicales en matière de recherche et d’innovation « avant qu’il ne soit trop tard »


Dans un rapport final présenté aujourd’hui à la Commission européenne, un groupe d’experts indépendants a demandé qu’un pacte pour la recherche et l’innovation soit signé par les responsables politiques, industriels et sociaux pour manifester leur engagement de créer une Europe innovante. Selon les experts, les tendances actuelles ne sont pas supportables face à une concurrence mondialisée. Il faut donc une nouvelle vision pour relever les défis sociaux et en matière de productivité auxquels l’Europe est confrontée. Le groupe a été créé par la Commission européenne à la suite du Conseil européen de Hampton Court en octobre 2005. Il avait été prié de donner son avis sur les moyens de promouvoir les performances de l’Union européenne dans le domaine de la recherche et de l’innovation.

Ce groupe de quatre personnes, présidé par M. Esko Aho, ancien premier ministre finlandais, considère qu’il existe un fossé profond entre les discours politiques sur la société de la connaissance et la réalité des priorités budgétaires et autres, dans lesquelles on ne constate guère d’inflexion dans cette direction.

Les experts proposent une stratégie en quatre points : créer des marchés favorables à l’innovation, renforcer les ressources de R&D, accroître la mobilité structurelle et promouvoir une culture axée sur l’innovation.

La raison pour laquelle les entreprises n’investissent pas assez dans la R&D et l’innovation en Europe est l’absence d’un marché favorable à l’innovation pour commercialiser des produits et des services nouveaux. Pour créer un tel marché, les experts recommandent des mesures en vue d’harmoniser les réglementations, et une utilisation ambitieuse des normes, une stimulation de la demande par les marchés publics, la mise en place d’un régime de droits de propriété intellectuelle compétitif et la promotion d’une culture mettant au centre l’innovation. Des actions stratégiques à grande échelle sont nécessaires pour créer un environnement dans lequel des mesures favorables aux investissements dans la recherche du côté de l’offre pourront être combinées au processus de création d’une demande et d’un marché. Le groupe a identifié plusieurs exemples : la santé en ligne, les produits pharmaceutiques, l’énergie, l’environnement, les transports et la logistique, la sécurité et le contenu numérique. Les experts réclament la désignation d’un coordinateur indépendant à haut niveau chargé d’orchestrer l’action européenne dans chaque domaine dans les États membres, dans les différentes composantes des gouvernements et au sein de la Commission, dans les entreprises et les universités, et chez d’autres parties intéressées.

Il faut assurer une mise à disposition plus efficace de ressources pour la recherche et l’innovation. L’objectif de 3% doit être considéré comme un indicateur d’une Europe innovante, et non comme une fin en soi. Les ressources dans le domaine de la recherche doivent être utilisées d’une manière plus ciblée. Il s’agit notamment de créer des centres d’excellence, et, matière sensible, de transférer des ressources des domaines à faible priorité ou de groupes de mauvaise qualité vers les meilleurs. Une nouvelle approche du soutien de la R&D par les entreprises est axée sur le renforcement de « l’écologie de l’innovation naturelle », dans laquelle il est tenu compte des interactions entre grandes et petites entreprises.

Les experts demandent également des changements profonds dans l’application du budget communautaire. Ils considèrent que les Fonds structurels constituent un moyen essentiel pour faire participer toutes les régions à l’économie de la connaissance. Ils recommandent un triplement de la proportion des crédits affectés à la recherche et à l’innovation, pour la porter à 20%. D’une manière plus générale, ils estiment que l’innovation doit être traitée comme un objectif dans tous les budgets administrés par la Commission.

Les experts ont constaté le besoin d’une mobilité structurelle en Europe. Cela signifie qu’il faut adopter un nouveau paradigme de flexibilité et d’adaptabilité dans les ressources humaines, les finances et les structures organisationnelles. Par exemple :

  • il faut qu’au cours d’une année quelconque 10% des membres de la communauté de la recherche en Europe franchissent les frontières entre la science, l’industrie et le gouvernement;
  • les experts font plusieurs recommandations pour enrayer la réduction considérable des investissements en capital-risque (946 millions d’euros seulement en 2004, contre 5,37 milliards en 2002 et 9,66 milliards en 2000);
  • bien que les plateformes technologiques et les groupements soient fortement soutenus, les experts soulignent que leur financement et les engagements doivent être d’un niveau suffisant pour promouvoir ce secteur.

Le groupe d’experts, qui a été créé en décembre 2005, est composé de MM. Esko Aho (président), ancien premier ministre finlandais, Jozef Cornu, ancien président et directeur d’exploitation d’Alcatel Telecom, Luke Georghiou (rapporteur), de la Manchester Business School de l’Université de Manchester, et Antoni Subirá, de l’école de commerce IESE de Barcelone.

Source : www.europa.eu.int


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