Un inventeur québécois propose un système d’alarme cardiaque portable et sans fil. Il détecte les premiers signes d’infarctus jusqu’à huit minutes avant que le porteur n’en ressente les symptômes. En Belgique, des contacts avec des partenaires et opérateurs sont en cours. Chaque heure, quatre Belges succombent d’une pathologie cardio-cérébrovasculaire, soit près d’une centaine par jour. Et chaque année, près de 38.000 personnes meurent d’une maladie cardiovasculaire. Selon le dernier rapport de l’European Heart Network et de la British Heart Foundation, ces affections cardiovasculaires sont responsables de la moitié des décès en Europe (49 %) et presque autant dans l’Union européenne (42 %, soit 1,9 million d’individus).
La carte des soins cardiologiques en Belgique, telle qu’elle a été redessinée par Rudy Demotte, ministre fédéral de la Santé, n’est pourtant guère encourageante. L’arrêté royal prévoit de concentrer le traitement non urgent de l’infarctus dans 29 hôpitaux, contre 49 actuellement. Ce « plan de restructuration » doit-il inquiéter les cardiaques potentiels ? Si la Belgique n’a pas à rougir des ses centres de soins cardiaques (un pour 350.000 habitants), la téléphonie mobile pourrait venir à son secours via les 8,8 millions d’utilisateurs de téléphones portables.
La victime est repérée via GPS
« Au-delà du transfert de vidéos et des discussions entre amis, la technologie mobile peut aider la santé », résume Louis Massicotte, fondateur de la société québécoise Medical Intelligence, spécialisée dans la création d’appareils médicaux portables. Une évidence née à la suite d’un entraînement pour un marathon : « Ma compagne s’inquiétait de ne pas pouvoir me retrouver sur les sentiers empruntés, au cas où… »
Quelques mois plus tard, Medical Intelligence, désormais valorisée à $ 40 millions sur la Bourse de Toronto, met au point le VPS (Vital Positioning System). Constamment branché sur le patient, cet appareil décèle les premiers signes d’un infarctus aigu ou d’une arythmie cardiaque maligne se produisant en dehors des milieux hospitaliers. Grâce à une fusion de l’intelligence artificielle et des télécoms, cet électrocardiographe mobile alerte ensuite les services d’urgence sur l’état cardiaque de la victime et sa situation géographique via les systèmes de repérage de personnes par satellite. A 10 mètres près.
Commercialisation prévue pour 2007
Selon les résultats d’études en laboratoire, le VPS a permis de détecter des signes avant-coureurs d’infarctus jusqu’à huit minutes avant que le porteur n’en ressente les symptômes. L’alerte étant déclenchée précocement, les secours peuvent arriver avant même que l’infarctus soit perçu. « Cela ressemble à de la science-fiction, s’amuse Martin Duval, directeur partenariats au sein du groupe de téléphonie mobile Orange. Bientôt, on pourra presque vous appeler quelques minutes avant que vous n’ayez une attaque. »
Testé en France en partenariat avec Orange, l’électrocardiographe portable de Medical Intelligence devrait être commercialisé dans le courant de l’année prochaine pour quelques centaines d’euros, plus un abonnement au service. « Cela réduira l’anxiété des cardiaques, résoudra la problématique du délai en matière d’intervention préhospitalière lors d’une urgence cardiaque et réduira les coûts liés au système de santé », estime Louis Massicotte.
Si deux versions sont attendues (l’une associée à un téléphone portable communiquant avec le VPS via Bluetooth, l’autre intégrant un modem à l’intérieur d’un ceinturon), il reste un bémol : aucune date n’a été avancée pour sa sortie sur le marché belge. Des contacts avec des partenaires et des opérateurs sont en cours.
Auteur : Valéry Halloy – Trends.br
Source : www.tahphone.com
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