Oseo peine à arrêter sa stratégie et à trouver un patron


Lundi 1er octobre, le groupe public d’aide aux petites et moyennes entreprises (PME) Oseo naviguera sans pilote. Son PDG, Jean-Pierre Denis, a annoncé son départ depuis deux mois. Mais son successeur n’a toujours pas été désigné. Son ex-directeur général délégué, qui avait en charge l’aide aux entreprises innovantes, Michel Guilbaud, a été nommé directeur de cabinet du secrétaire d’Etat aux entreprises et au commerce extérieur, Hervé Novelli, sans être non plus remplacé.

Non point faute de candidat. Mais plutôt faute de savoir déterminer quels seraient les profils le plus adaptés à une stratégie et une organisation qui pourraient être remises en question. La « boussole » du groupe, disent certains, ne pointe pas dans la bonne direction. Alors que le gouvernement vante les mérites de l’innovation comme moteur de la croissance, Oseo-Innovation, la filiale du groupe chargée d’aider les entreprises innovantes, manquerait de liberté de manœuvre, malgré un budget en augmentation.

Créé en 2005, conformément aux souhaits de Nicolas Sarkozy, alors à Bercy, Oseo est le fruit du regroupement de l’ex-Agence de l’innovation (Anvar), devenue Oseo-Innovation, de la banque de développement des PME (BDPME) et de la Sofaris, chargée de garantir des prêts accordés à des PME. Ce groupe devait développer une stratégie globale d’aide aux petites entreprises, du conseil à de jeunes sociétés innovantes jusqu’à l’octroi de prêts bancaires à des firmes matures de tous secteurs d’activités.

Mission accomplie, peut-on lire dans les documents officiels. Objectif inatteignable en raison de fortes contradictions internes, entend-on par ailleurs.

MODIFIER LA STRUCTURE

En raison de sa taille et de sa contribution financière au groupe, la branche bancaire aurait pris le pouvoir, au détriment de la branche innovation. Oseo-financement (ex-BDPME) regroupe en effet environ les trois quarts des effectifs du groupe, et réalise la quasi-totalité de son résultat net. Et pour cause : Oseo-Innovation a une mission de service public, d’aide et de conseil. Oseo-Financement est, elle, une banque de droit privé – la Caisse des dépôts et consignation (CDC) détient 43 % du capital. L’Anvar, défavorisée par sa taille, a en outre fait l’objet, en octobre 2006, d’une enquête de la Cour des comptes, qui l’a davantage fragilisée. Sa comptabilité antérieure, mais aussi le manque de visibilité sur son efficacité, étant fortement mise en cause.

Conséquence, les anciens de la banque tiennent les postes-clés. Et depuis le départ de M. Guilbaud, les deux autres directeurs généraux délégués sont issus de cette branche. C’est aussi le cas pour six des sept directeurs de réseaux régionaux. En matière de soutien à l’innovation, « la mauvaise monnaie a chassé la bonne », commente un connaisseur du dossier.

Pour certains, la conduite d’une réelle politique d’aide à l’innovation devrait imposer de découper à nouveau le groupe, ou, à défaut, d’en modifier la structure, pour rendre à la branche innovation une certaine autonomie. D’autant que celle-ci doit prochainement fusionner avec l’Agence de l’innovation industrielle (AII). Parallèlement, des rumeurs de rapprochement entre Oseo-Financement et la CDC étaient évoquées avant l’été. Le fait qu’aucun président n’ait pu être nommé à temps laisse penser que ces questions sont toujours en suspens.

Auteur : Annie Kahn

Source : www.lemonde.fr

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