Les inventeurs péi en lice


Machine à capter le gaz carbonique, auto-stop participatif, jeu éducatif, module pour récifs artificiels, base de données sur l’état de santé des massifs coralliens, instrument de musique unique. Nos professeurs Tournesol amateurs ou pas exposent leurs trouvailles, leurs idées parfois folles ou lumineuses au Village de la science au Parc des expositions de Saint-Denis jusqu’à samedi dans le cadre du 5e concours des inventeurs locaux. Zoom sur ces inventeurs locaux.

Comment va le récif ?

Certains scientifiques avancent des scénarios catastrophes. Il est question de la disparition des coraux à l’échelle mondiale dans les deux prochaines décennies. Mais quel est l’état véritable de chaque récif ? La réponse ne coule pas de source. Initié en 1998, le projet CoReMo, pour Coral Recif Monitoring, a été lancé à La Réunion. C’est l’Arvam qui a été en charge de développer cet outil informatique. Aujourd’hui, il est dans sa phase finale. Son objectif ? Suivre l’état de santé des récifs en assurant un comptage des différentes espèces (coraux, poissons). Les données, obtenues selon un protocole scientifique uniformisé, seront consultables via Internet par les décideurs, les scientifiques, les différents acteurs de la surveillance des récifs et même le public. Autant dire qu’il s’agit là d’un outil de choix pour baser les analyses et les décisions qui en découlent, faire avancer la recherche, détecter les problèmes. Celui se concentre d’abord sur la zone océan Indien. Un premier pas avant de, peut-être, conquérir le monde. Mais aussi d’offrir d’autres extensions.

Récifs artificiels en puzzle.

Décidément, l’approche de l’année des coraux (2008) et les expériences menées dans le département, donnent des idées à nos inventeurs locaux. Georges Blanchard, multirécidivistes de la trouvaille, s’offre sa cinquième participation au concours. À partir de modules de béton modulable, « de simples moules permettent d’en créer à foison », explique-t-il, des assemblages permettent de créer différentes formes pouvant être immergés facilement. « C’est aussi simple qu’un puzzle, poursuit l’homme. Ensuite, il suffit de monter de véritables modules à poisson. Il y a même des emplacements pour faire du bouturage de coraux ». Quant aux précédentes innovations, il continue à plancher dessus.

Un nouveau type de capteur de gaz carbonique ?

Roland Cally, professeur de mathématiques et de physique-chimie, planche depuis 1996 sur un système de dépollution des gaz produits par les véhicules et les usines. « Le gaz carbonique contribue à l’effet de serre. Grâce à mon procédé, nous pouvons éliminer une partie des rejets dans l’atmosphère. Moi, je m’attaque aux villes, où la végétation rare empêche que la photosynthèse nous en débarrasse. Il faut laisser faire la nature dans les zones boisées ». Ce dernier propose donc un système audacieux pour les pots d’échappement et les usines, de véritables pièges à carbone. Pour les rejets d’usines par exemple, tout est basé sur le lait de chaux (liquide à base de chaux vive agricole). « Celui-ci capte véritablement le carbone. Puis, on passe le tout dans une centrifugeuse qui donne in fine des grains de carbonate de calcium durs comme du sable et qui peuvent servir dans la construction ». Reste que la fabrication de lait de chaud entraîne la production de gaz carbonique. Mais, ce procédé, qu’il espère bien breveté, offre une alternative pour le moins à explorer dans les pièges à carbone.

L’auto-stop participatif, késako ?

Bruno Martin propose pour sa première participation au concours, quelque chose de très simple. « Vu les bouchons qui encombrent l’île, j’ai cogité sur un hybride entre covoiturage et auto-stop, explique-t-il. Il s’agit de faire du stop plus facilement en participant aux frais d’essence ». Ici, pas de site Internet ou de standard de mise en relation. Comme pour le stop, il suffit d’un pouce et d’une pancarte améliorée (logo, destination, un côté mauve pour celles qui ne souhaitent voyager qu’avec des femmes, un jaune pour tous les conducteurs). L’automobiliste participant, à quant à lui, apposer un autocollant sur son pare-brise. « C’est libre comme le stop, cela ne nécessite aucune gestion en amont. Et l’automobiliste peut ainsi gagner de l’argent ». En effet, « avec un prix forfaitaire de 4 centimes d’euro au km par passager, cela permettrait de réduire de moitié la circulation sur l’île ». Reste à convaincre la population.

En avant la musique inventive.

Bruno Gaba et Malek Ben Yedder ont créé 2005 un nouvel instrument : la bibass. Après plus de 200 concerts à travers l’île et deux disques , ces Saint-Gillois présentent leur trouvaille. « Malek est parti du constat que la contrebasse était un instrument coûteux et peu transportable. Avec un bidon il a créé la première bibass, qui à l’époque n’avait que deux cordes d’où son nom », souligne Bruno. Amélioré au fil du temps et des scènes, l’instrument offre aujourd’hui un son du tonnerre. Il sonne d’ailleurs le glas d’un temps révolu, où les bidons n’avaient pas leurs lettres de noblesse musicale.

À découvrir au Parc des expos des Saint-Denis jusqu’à samedi.

Auteur : B.G.

Source : www.clicanoo.com

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