Poly doit verser 2,1 millions à un inventeur


Un chercheur d’origine iranienne, Amir Fardad, a été bien inspiré de venir travailler à Montréal en 1996 et 1997. Ce faisant, il a participé à l’invention d’un procédé de fibre optique qui lui rapporte finalement des millions de dollars, même si l’entreprise fondée pour commercialiser le produit n’a jamais rien vendu et a fait faillite en 2003.

Dans cette affaire, la Cour supérieure vient de condamner la Corporation de l’École polytechnique à verser 1,4 million de dollars à M. Fardad, ce qui devrait avoisiner les 2,1 millions en comptant les intérêts accumulés. Cette somme viendra s’ajouter au 1,9 million que M. Fardad a reçu de l’Université McGill en 2003 pour sa participation à l’invention en question, appelée «Solvent-assisted lithographic process using photo sensitive sol-gel derived glass for depositing ridge waveguides on silicon». Il s’agit de jolies sommes pour ce scientifique qui, après avoir quitté Montréal en 1997, avait trouvé un emploi dans une université d’Arizona, au salaire de 31 000$ par année. M. Fardad est toutefois passé près de ne jamais voir la couleur de cet argent.

Cette histoire prend sa source en 1995. M. Fardad est alors assistant de recherche au Imperial College de Londres. Il est invité par deux professeurs de Montréal, Iraj Najafi (génie-physique de Polytechnique) et Mark Andrews (faculté de chimie de McGill) à se joindre à eux pour un projet de recherche pour lequel ils ont obtenu une subvention de 300 000$. M. Fardad, un docteur en ingénierie électrique et électronique, a déjà fait un projet de recherche dans le champ d’activité qui intéresse ses deux collègues montréalais. Il accepte l’offre et arrive à Montréal en janvier 1996. Il collabore avec M. Andrew pour l’aspect chimique du projet et avec M. Najafi pour l’aspect physique. En tant que chercheur, il sera payé par McGill jusqu’à la fin mars 1997, et ensuite par Polytechnique jusqu’à son départ en novembre 1997, à l’expiration de son visa.

Commercialisation

Le brevet d’invention comporte le nom des trois chercheurs. En 1998, une licence est octroyée à Lumenon Innovative, une société fondée par Iraj Najafi et Mark Andrews pour commercialiser le produit. Ces deux derniers, de même que McGill et Polytechnique, se partagent les actions mais, manifestement, M. Fardad est oublié. En fait, il n’est pas au courant de tout cela. Quand il l’apprendra, en 2001, en discutant avec M. Najafi, il réclamera sa part. En ce qui concerne la valeur boursière de Lumenon, elle est montée rapidement à partir d’avril 2000, pour ensuite diminuer et s’effondrer en 2003. M. Fardad a toutefois droit aux sommes que les parts auraient valus s’il les avaient reçues en même temps que ses collègues.

Dans cette affaire, McGill a payé, tandis que le litige avec Poly s’est rendu en Cour supérieure. Cela parce que Polytechnique estimait que M. Fardad n’était pas un de ses employés à l’époque.

Auteur : Christiane Desjardins

Source : www.cyberpresse.ca

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