Un ouvrier forestier invente le réchaud recyclé


Ouvrier forestier à l’ONF, Henri Georges Payet a inventé un réchaud à alcool à brûler en recyclant des bombes aérosol. Sa trouvaille, très officiellement déposée auprès de l’Institut national de la protection industrielle, attend maintenant celui qui pourrait la commercialiser.

Nous l’avions rencontré pour la première fois au cœur de la forêt du Tapcal au-dessus d’Îlet à Cordes dans le cirque de Cilaos. Avec d’autres collègues de travail du secteur de la Roche Écrite, ils étaient venus épauler leurs camarades de Cilaos afin de dégager le terrain autour de la pierre gravée du Tapcal noyée dans les eucalyptus et les lianes.

Henri Georges Payet est un de ces ouvriers forestiers de l’ONF dont on parle peu mais sans lesquels les sentiers de randonnées et la forêt réunionnaise elle-même auraient un tout autre visage, beaucoup moins attrayant.

Henri Georges Payet habite à Saint-François, où il est né, sur les hauteurs de Saint-Denis au creux d’une ravine pas très loin du massif forestier de la Roche Écrite où depuis quinze ans il exerce son métier d’ouvrier forestier. C’est à la Roche Écrite, à l’ombre des eucalyptus que ses collègues et lui étaient en train de traiter, qu’a germé une idée pour le moins astucieuse.

« Nous étions en train de prendre le café pendant la pause de midi, se souvient Henri Georges Payet. En forêt ce n’est jamais facile de faire chauffer quelque chose. Un thermos cela prend de la place dans le sac surtout que lorsque l’on part pour un chantier on est souvent très chargé en matériel. Avec beaucoup de précautions, on allume de petits feux dans des trous que l’on recouvre ensuite.

Un camarade m’a dit : Georges essaie de trouver une solution. » Henri Georges Payet est bricoleur dans l’âme. Habitué à vivre en symbiose avec la nature, il nettoie régulièrement les abords de la ravine en contrebas de sa maison.

En observant autour de lui toutes les bombes aérosols qui finissent à la poubelle, il a un trait de génie. « Je voulais réaliser quelque chose de simple qui pourrait tenir dans l’une des poches de nos pantalons de travail, » explique-t-il. Dans son garage où il a installé son atelier, Henri Georges Payet tâtonne.

Il accumule les bombes désodorisantes, celles qui contiennent du produit pour les salles de bain ou pour les meubles. Il découpe, il ajuste, il soude et il finit par trouver. « Entre août et septembre, confie Henri Georges Payet, j’ai réalisé une cinquantaine de modèles. Le premier, il m’a fallu entre une et deux heures avec une bombe de Plizz. À chaque fois je procédais à des améliorations.

Le principe est de découper une bombe afin de pouvoir en glisser une partie à l’intérieur qui sert de réservoir. On place une mèche dessus qui trempe dans l’alcool à brûler et le tour est joué. La mèche ne brûle pratiquement pas. J’ai essayé. Avec un petit modèle on peut faire chauffer jusqu’à 40 cafés. » Effectivement c’est simple mais comme toutes les idées géniales, il fallait y penser. « Je pense que c’est une bonne idée pour le recyclage, avance Henri Georges Payet.

Avec toutes les bombes que les gens utilisent et qui traînent parfois dans la nature en risquant de propager le chikungunya. Mon invention évite de trimbaler un réchaud à gaz. Plus besoin non plus de faire du feu en forêt avec tous les risques que cela comporte. En plus si on renverse mon réchaud, la flamme se redresse et ne vient pas lécher le sol. » Pour compléter son invention, Henri Georges Payet a fabriqué les petites casseroles qui vont bien avec des petites boîtes récupérées.

Prudent notre inventeur a pensé à protéger sa trouvaille. « Avec Herman, le référent de la SREPEN pour la roche Écrite, j’ai monté un dossier « , confirme Henri Georges Payet. Le 27 novembre dernier, l’Institut national de la protection industrielle a enregistré sous le numéro : 08 52 88 l’invention du forestier. Restait à lui trouver un nom. « Une femme de collègue a proposé Hé Gé Flamme avec les initiales de mes deux prénoms. » Une trentaine d’Hé Gé Flamme sont déjà entre les mains des collègues de travail du forestier qui n’utilisent plus autre chose en forêt que ce soit pour chauffer le café ou la boîte du repas.

Henri Georges Payet espère maintenant trouver quelqu’un susceptible de commercialiser l’Hé Gé Flamme. L’ouvrier forestier est prêt à étudier toutes les propositions.

Auteur : Alain Dupuis

Source : www.clicanoo.com


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