Marcel Leyat, l’inventeur de la voiture à hélice


Les voitures à hélice sont rares et la plupart des constructeurs en sont restés au stade du prototype. Marcel Leyat est le seul au monde à avoir produit en série et commercialisé ce genre de véhicules, à qui une exposition est consacrée, du 16 au 24 mai, au château de Cîteaux, à Meursault.

Après des études à l’École des arts et manufactures de Paris, devenue École Centrale en 1907, Marcel Leyat, né dans la Drôme, à Die, en 1885, devient ingénieur en 1911. Dès 1909, il construit son premier planeur destiné à être lancé au treuil. En 1913, il se consacre à la réalisation de sa première voiture à hélice : l’Hélicocycle. Le début de la Grande guerre l’empêchera de commercialiser son invention mais il proposera aux autorités militaires de l’utiliser comme véhicule de liaison. Le projet n’aboutira pas. Le brevet de l’automobile à hélice sera finalement déposé à la fin de la guerre.

Dès 1919, Marcel Leyat travaille à une nouvelle version de sa voiture à hélice. Il en fabriquera six dès 1920. En 1921, il réalise un nouveau modèle qui sera produit à dix exemplaires. Trois versions sport sortiront la même année.

Installation à Meursault

En 1922, Leyat transfère ses ateliers à Meursault, sur les conseils du notaire Carmaniolle qui lui a réalisé un montage financier. Jusqu’en 1946, il se consacrera surtout à l’aviation et travaillera sous contrat avec le ministère de la Guerre. Les entreprises de Meursault et de la région sont bien sûr associées à ses travaux. Durant cette période, Leyat concevra « l’incapotable », un avion à ailes mobiles, une draisine à hélice pouvant rouler sur rails et sur route, une Hélica volante à 3 places, une avionnette à ailes mobiles qui effectuera des vols sur le terrain de Beaune… En 1927, il établira même un record de vitesse sur l’anneau de Montlhéry en roulant à 170 km/h avec une voiture à hélice !

Seules deux voitures de 1921 subsistent. L’une appartient à un collectionneur privé, l’autre a été acquise par Gustave Courau qui, après avoir utilisé le véhicule pendant une dizaine d’années, l’a donné au musée du CNAM où il est exposé. Signalons que l’écrivain a édité en 1979 un ouvrage évoquant son amitié avec Leyat où il raconte ses déplacements en Hélica. Après 1946, Leyat vend sa maison de Meursault à la famille Roulot. Il y laissera au fond de la cour une voiture à hélice bien fatiguée qui finira par être jetée.

Marcel_Leyat_1

Le trésor découvert dans le grenier de Meursault en 2005

Un trésor découvert dans un grenier

C’est en 2005 que Jean Ghio, de Meursault, qui a très bien connu Leyat, après être entré en contact avec Claude Guéniffey, président des Amis de l’Hélica, entreprend des recherches dans un grenier de Mme Roulot. Un véritable trésor est mis au jour : des plans cotés de l’Hélica de 1919, de l’Hélicocycle de 1913 et d’avions, allant jusqu’aux pièces détachées… Plusieurs années seront nécessaires pour numériser et archiver tous ces documents. Une porte était ouverte à une reconstruction de l’Hélica… C’est ce que va faire Jeff Lane, de Nashville, aux USA, fondateur du Lane Motor Museum et membre bienfaiteur de l’association des Amis de l’Hélica. Cette Hélica modèle 1919, unique au monde, reconstruite à partir des plans retrouvés à Meursault, sera présentée pour la première fois lors de l’exposition au château de Cîteaux. Seront également exposées des pièces de l’Hélicocycle 1913, une partie avant de carrosserie d’Hélica 1921, des pièces d’avions… jamais vues depuis les années 20. Les amateurs pourront aussi découvrir les travaux de Jean-Luc Chanel sur son prototype « Leyel », une sorte de vision d’avenir de l’automobile utilisant les principes de Leyat.

Marcel_Leyat_2

L’Hélica 1919-2009 en cours de reconstruction

Marcel_Leyat_3

Modèle sport 1921 donné au musée du CNAM en 1930 par Gustave Courau

Marcel Leyat et la musique

Autre corde à son arc : Leyat s’est intéressé dans les années 30 à l’écriture musicale, considérant que l’écriture classique était trop compliquée et rendait difficile l’apprentissage de la musique. Il mettra au point une nouvelle méthode dite Maler, qui fera l’objet d’un brevet et commencera à la présenter et à l’enseigner à Meursault. A partir de 1950, Leyat continuera à enseigner et à faire de la recherche à Thiais jusqu’à son décès en 1986, à l’âge de 102 ans.

Auteur : François MANCINI

Source : www.bienpublic.com

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.