Exploitant agricole, Pierre Bouhours est aussi l’inventeur génial d’une machine révolutionnaire pour le monde du bio.
Inventer une machine agricole écolo qui permet de produire bio, tout en économisant la main-d’oeuvre et l’énergie : c’est le pari un peu fou que s’est lancé il y a deux ans Pierre Bouhours, exploitant agricole à Boissy-Lamberville. Pourtant, à force de persévérance et à l’aide de financements (Oseo et fonds européens), l’engin baptisé Éole Tract devrait être opérationnel pour le mois de mars.
Une machine aérienne
Révolutionnaire, cette machine de 20 mètres d’envergure permettra un travail aérien sur la terre, qui ne sera donc ni piétinée par l’humain, ni abîmée par les tracteurs. « La terre est un être vivant, fertilisée et aérée par les vers de terre. Quand vous leur passez dessus avec un tracteur de 10 tonnes, cela altère la structure du sol », explique Pierre Bouhours, qui estime que « le maraîchage ou la production bio nécessitent trois fois plus d’intervention que la production dite chimique ».
Autre constat fait par l’exploitant : « Dans une ferme, la moitié du travail d’un tracteur consiste à réparer les dégâts qu’il a lui-même causés. » Fort de ses analyses, Pierre Bouhours a donc inventé un prototype expérimental beaucoup plus efficace que le tracteur, mais aussi plus écologique. « Cette machine géante qui survole la parcelle permet de poser et d’enlever rapidement des filets pour protéger les cultures. Elle peut aussi se transformer en robot d’irrigation qui dépose de l’eau au sol en basse pression, goutte à goutte. »
Plus de papiers que de soudage
Une économie d’eau et d’énergie considérable, à quoi vient s’ajouter un moteur à air comprimé « zéro pollution » qui fonctionnera à l’aide d’éoliennes placées sur l’engin et en bout de champ. « Cultiver les champs en ne consommant que du vent », comme aime le dire le génial inventeur. Le coût du projet est estimé à 300 000 € mais l’engin, une fois commercialisé, devrait être vendu entre 100 000 € et 120 000 €. « Pas plus cher qu’un bon tracteur », assure Pierre Bouhours pour qui le projet est plus difficile administrativement que techniquement : « On va passer plus de temps dans les papiers qu’à souder ! »
L’exploitant, déjà à l’origine de plusieurs inventions, s’engage avec Éole Tract sur un terrain jamais exploré. « Les constructeurs ne se sont jamais intéressés à l’agriculture bio, qui ne représente qu’1 % du marché. » Mais il le fera en partenariat avec des écoles d’ingénieurs, constructeurs et entreprises familiales, réunis en association. « On y va à petits pas mais on est en train de faire un grand bond. »
En tout cas, Pierre Bouhours y croit et ne compte pas s’arrêter là : déjà dans ses cartons des projets de bi-culture (marier des plantations qui se nourrissent entre elles), et de culture à l’aide de caméras qui reconnaissent les plantes pour les détruire ou le protéger. Il ne manque plus que les financements.
Auteur : Valentin Biret
Source : www.paris-normandie.fr
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