Article de presse

Canada / Une invention qui dérange


(Montréal) Mathieu Malboeuf commence à perdre patience. Le revêtement de toiture à base de pneus recyclés qu’il a mis au point avec son ancien professeur de physique fait du surplace. Pourquoi ?

Parce que son invention n’a pas encore reçu l’approbation du gouvernement fédéral. Et ça fait cinq ans que ça dure, déplore celui qui songe à vendre sa technologie à l’étranger si rien ne bouge.

Le jeune entrepreneur de 27 ans se fait prudent dans ses commentaires, mais croit néanmoins être victime d’une injustice. «On s’est rendu compte qu’il y a beaucoup de jeux de pouvoir, de lobbying. Il y a des gens qui ne veulent pas que notre produit soit approuvé. Sommes-nous en concurrence avec des gens qui prennent les décisions ? En tout cas, ça donne l’impression que les produits novateurs ne sont pas les bienvenus», explique Mathieu Malboeuf qui se dit échaudé, mais pas découragé pour autant.

À l’aide de Dorian Braun, son professeur de physique expérimental au Collège John Abbot, Mathieu Malboeuf, un diplômé en génie mécanique, a fait d’une pierre deux coups en fondant la PME Bramal en 2004.

Il a non seulement mis au point un nouveau type de revêtement de toiture à base de pneus recyclés, un produit révolutionnaire, dit-il, mais on lui doit aussi l’invention de l’équipement utilisé pour pulvériser ledit revêtement.

Et pour mieux tester leur produit, le tandem d’entrepreneurs s’est adjoint l’entreprise CAT Transport, une PME spécialisée dans le transport de pneus. Celle-ci est devenue actionnaire dans Bramal. Et c’est sur le toit des entrepôts de CAT que Mathieu Malboeuf et Dorian Braun ont pu tester leur revêtement de toiture, lequel est moins cher, sans composés organiques volatils (COV) et rivalise avec ce qui se fait de mieux dans le domaine du recouvrement de toiture, dit M. Malboeuf.

À la croisée des chemins

Comme leur produit et leur technologie d’application sont novateurs, donc prometteurs, les dirigeants de Bramal se retrouvent à la croisé des chemins. Attendent-ils que les instances fédérales approuvent leurs technologies, ou bien est-ce qu’ils les vendent à une entreprise étrangère qui a flairé la bonne affaire ?

« Il y a une entreprise en Suisse qui veut une machine à pulvériser notre revêtement et même des gens en Chine qui reconnaissent le potentiel de nos produits et qui sont prêts à les utiliser. J’aimerais ne pas être obligé de vendre notre technologie. J’aurais plutôt préféré développer ça, ici même au Québec. Nous verrons bien «, dit Mathieu Malboeuf.

Selon le jeune ingénieur, Bramal arrive à point nommé dans le contexte actuel.

«Au lieu de brûler les pneus pour en faire du combustible dans les bétonnières, dit-il, on a la possibilité de les recycler en quelque chose d’utile. Et vous le savez aussi bien que moi, un pneu est un produit de très grande qualité ; intégrez-le dans du revêtement de toiture et vous vous retrouvez avec un excellent produit «, conclut M. Malboeuf.

Auteur : Stéphane Champagne, collaboration spéciale de « La Presse »

Source : lapresseaffaires.cyberpresse.ca

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