Si leurs expériences en laboratoire se confirment sur le terrain, Sébastien Guenneau et ses collègues de l’institut Fresnel de Marseille mériteront un prix Nobel !
Ces chercheurs du CNRS assurent en effet pouvoir dévier les ondes provoquées par un séisme ou un tsunami. Comment ?
En rendant littéralement invisibles les zones menacées, comme ils l’ont expliqué le 23 mai en présentant leur projet.

Les perspectives sont immenses, quatre jours après le tremblement de terre meurtrier qui a frappé l’Italie. « Ces capes antisismiques et anti-tsunami pourraient servir à terme à protéger des centrales nucléaires, des plates-formes pétrolières, des bases militaires de sous-marins, un port ou un chantier naval », énumère Sébastien Guenneau.
A l’origine de leurs travaux, une expérience : après avoir perforé de dizaines de petits trous la périphérie d’une surface de Plexiglas et l’avoir fait vibrer, les scientifiques ont découvert que les ondes ne se répandaient pas jusqu’au centre de la plaque. « Les ondes font du saute-mouton de trou en trou, et nous parvenons à leur faire suivre la trajectoire que nous voulons », explique le spécialiste.
Réussi en laboratoire, ce test sera renouvelé grandeur nature en juin sur un chantier de terrassement de 5000 m2, à Grenoble. Des marteaux-piqueurs géants creuseront des trous d’un mètre de diamètre sur 30 m de profondeur, autour d’une zone à protéger. « Nous provoquerons ensuite un microséisme, en lâchant d’une hauteur de 30 m une cloche de 30 t pour vérifier que l’on arrive bien à dévier les ondes de l’obstacle que l’on souhaite rendre invisible », détaille Sébastien Guenneau.
Les chercheurs du CNRS estiment que leur principe peut aussi s’appliquer aux tsunamis. « En fixant judicieusement au fond de la mer des poteaux rigides à l’entrée d’un port, d’un chantier naval ou le long d’une zone urbanisée du littoral, on crée une forme de digue sous-marine qui permet de protéger la zone concernée, poursuit le chercheur. On ne peut pas stopper le tsunami, mais dévier sa route en redirigeant ses ondes vers des zones non habitées. » Preuve du sérieux de leurs recherches, l’Europe a décidé de leur accorder 1,5 M€ pour finaliser leur projet jusqu’en 2016.
Source : Le Parisien
En savoir plus sur Invention - Europe
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
