Dans une lettre ouverte au Président de la République, les principales associations d’ingénieurs se disent prêtes à œuvrer au redressement du pays. Rappelant au passage qu’elles peuvent jouer un rôle clé en matière d’innovation et de réindustrialisation.
La communauté des ingénieurs n’entend pas rester à l’écart des grands problèmes qui agitent la société. Forte de plus d’un million d’ingénieurs, de 130.000 élèves et de quelque 200 directeurs d’école, elle souhaite au contraire contribuer au redressement économique du pays. Notamment en se mobilisant sur deux sujets qui lui sont chers : l’innovation et de la réindustrialisation.
Tel est le sens du message que viennent d’adresser au Président de la République, sous la forme d’une lettre ouverte publiée vendredi, les trois grandes associations nationales : Ingénieurs et scientifiques de France (IESF), la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi) et le Bureau national des élèves ingénieurs (BNEI).
Les auteurs de la lettre rappellent d’abord le rôle déterminant des ingénieurs « dans la dynamique de l’industrie et dans la croissance économique du pays ». « Ils sont moteurs de la recherche, de l’industrie, de l’innovation », soulignent-ils. Et de mettre en avant les atouts spécifiques de leurs écoles dans cette bataille : leur capacité d’innovation, leur proximité avec les entreprises, la place qu’elles accordent à la recherche partenariale et leur « flexibilité ».
Mobilisation générale
Les ingénieurs soulignent cependant qu’à leurs yeux, « la croissance ne pourra émerger sans une réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche résolument tournée vers l’innovation ». Une réforme à laquelle doivent être associés, selon eux, l’ensemble des acteurs publics et privés : établissements, entreprises, étudiants et associations de diplômés. « Les écoles d’ingénieurs entendent accompagner ce mouvement ».
Le retour à la compétitivité, estiment-ils, nécessite aussi « la définition d’une stratégie industrielle à long terme », qui implique « l’identification des champs technologiques critiques ». Enfin, plus largement, les ingénieurs pensent qu’il convient de « réconcilier nos concitoyens avec la recherche, afin de leur redonner confiance en la science ». Et pour atteindre ces différents objectifs, ils entendent se présenter en « partenaires exigeants et responsables » et en « force de proposition ».
Cette initiative des ingénieurs, à vrai dire, n’est pas une première. Elle s’inscrit dans le droit fil d’une démarche engagée depuis plusieurs mois, dans la perspective de l’élection présidentielle. Dès janvier, IESF avait ainsi présenté un Livre blanc contenant « 40 propositions concrètes pour réindustrialiser la France ». « Nous voulons éclairer les termes du débat, sur des sujets qui nous touchent de près », indiquait alors Julien Roitman, le président d’IESF.
Tout en invitant à « refuser le défaitisme » et en appelant le pays à « prendre son destin en main ». La Cdefi, de son côté, avait formulé « 25 propositions pour l’enseignement supérieur », tandis que le BNEI avait également émis une série de suggestions. Autant de prises de position qui confirment que la communauté des ingénieurs, traditionnellement réservée, entend cette fois participer pleinement aux débats sociétaux comme à l’effort collectif.
Lettre ouverte au président de la république
Auteur : JEAN-CLAUDE LEWANDOWSKI
Source : www.lesechos.fr
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