Philippe Vidal, l’inventeur du jeu de l’oie interactif


Philippe Vidal, Marseillais d’origine, a un parcours atypique. Juriste pénaliste de formation, il a également effectué des études de théâtre. « Un jour Disney m’a proposé de devenir directeur de création artistique , précise-t-il. J’ai alors découvert le monde de l’attraction et du spectacle, mais il me manquait quelque chose, car la création pure et dure, cela ne suffit pas. »

Il quitte alors Disney et travaille beaucoup avec la Compagnie des Alpes, fait de la mise en scène, se met à l’écriture. Un jour, on lui demande de créer des attractions scientifiques, à la fois ludiques et pédagogiques.

« J’ai alors trouvé ma voie , explique-t-il. Car là, on peut transmettre, donner des messages, des informations surtout aux enfants. Et il faut qu’il y ait toujours une notion de plaisir, donc je suis un ennemi inconditionnel du panneau. Si on vous fait vivre quelque chose, si on vous immerge dans un univers où la notion de plaisir est présente, vous apprenez sans vous en rendre compte. »

Un jour, le Salon international des musées lui demande d’intervenir et, lors d’une présentation, il rencontre Vincent Rouire, directeur de la MDE, qui aimerait bien compter sur lui pour le projet Les gardiens de l’eau. Il accepte, car pour lui, « si le contenu le fait vibrer, le budget est accessoire ».

Philippe Vidal travaille énormément en Chine où il participe à la création de parcs ludiques et scientifiques, un sur les dinosaures, un sur le monde de l’océan. « Je crée des dinosaures vivants, les gens n’ont jamais vu cela, car ce ne sont pas des automates, Le dinosaure, à 30 m, vous voit, il s’approche de vous, vous lui tendez des herbes, il les prend, les mâche et repart… Cela, c’est le côté ludique, mais, à côté, je peux placer un garde-chasse qui donnera des informations scientifiques. À travers l’attraction, on donne des informations. »

Instruire et plaire

Philippe Vidal a conçu pour la MDE une première version du jeu de l’oie géant dans le cadre du thème Les gardiens de l’eau. « C’est la salle qui me l’a suggéré, explique-t-il. Ce qui m’intéressait, c’était d’utiliser le matériel existant à la MDE. Le jeu est virtuel et interactif et, parce que l’on parle d’environnement, on doit être solidaire, on gagnera ou on perdra tous ensemble. Toute la salle joue ensemble. »

Un lion se déplace sur le jeu et à chaque fois qu’il s’arrête, il pose des questions. Il y a plusieurs réponses et les participants votent. Pour cette année, le jeu s’est enrichi. Il comporte désormais des épreuves physiques, car « c’est bien de savoir quelque chose, c’est encore mieux de le mettre en application ». « Il y a quatre jeux, un peu plus en direction du jeune public, qui peuvent être très fun, mais l’objectif est toujours de transmettre quelque chose, c’est un prétexte à un savoir », ajoute l’inventeur. Il cite en exemple l’épreuve des ballons. « On distribue dans le public de nombreuses balles bleues, qui représentent des gouttes d’eau, la pluie, et les participants, à l’aide de récupérateurs, doivent en collecter le plus possible. Le message : avec l’eau de pluie, on peut arroser le jardin, laver la voiture et économiser l’eau potable du robinet. »

Pour Philippe Vidal, il faut « instruire et plaire » et ce n’est pas parce que l’on enseigne quelque chose, que cela doit être obligatoirement ennuyeux. « Enseigner par des panneaux, cela ne peut pas fonctionner ! ».

Auteur : Dominique Lhomme

Source : www.lepays.fr


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