Histoires et Passés

Nicéphore Niépce, le génial inventeur chalonnais


Inventeur pionnier dans les domaines de la mécanique et de la photographie, Nicéphore Niépce, dont le nom est connu dans le monde entier, a vécu une existence particulièrement dense.

Joseph Niépce naît à Chalon-sur-Saône, le 7 mars 1765, sous le règne de Louis XV. Il choisit le prénom de Nicéphore en 1788, ce qui signifie étymologiquement « qui porte la victoire ».

Joseph est issu d’un milieu cultivé et fortuné. Sa mère est fille d’avocat. Son père exerce lui-même cette profession, il est également conseiller du roi et receveur des consignations du Chalonnais. La famille possède dans la région des propriétés qui lui procurent des revenus confortables. Joseph a une sœur et deux frères, Bernard et Claude, avec lesquels il est lié, surtout Claude.

De 1780 à 1788, le futur Nicéphore fait ses études au collège des oratoriens de Chalon. Il les poursuit à Angers et à Troyes se passionnant pour la physique et pour la chimie. Il songe à embrasser un temps la carrière ecclésiastique.

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Envol et premières inventions

En 1792, Nicéphore s’engage dans l’armée révolutionnaire. Il épouse Agnès Roméro dont il a un fils, Isidore, qui naît en 1795. Il quitte l’armée en 1794. Son frère Claude le rejoint à Nice où le couple est installé.

Au cours d’un voyage en Sardaigne, les frères Niépce ont l’idée de la photographie. Ils se livrent alors à leurs premiers travaux d’inventeurs, travaillant notamment à la mise au point d’un moteur marin basé sur la dilation de l’air au cours d’une explosion. Bien que jamais commercialisée cette invention apporte une notoriété internationale aux deux frères.

Retour en Saône-et-Loire

En 1801, Claude et Nicéphore regagnent Chalon. Ils viennent seconder leur mère dans la gestion du patrimoine familial dont elle assume la charge depuis son veuvage. Les deux Niépce obtiennent, en 1807, pour une durée de dix ans un brevet signé par Napoléon pour l’exploitation de leur moteur. Le « pyréolophore » est alors le premier moteur au monde à combustion interne : grâce à lui, une maquette de bateau de deux mètres peut remonter le courant de la Saône.

Au cours des deux années suivantes, les inventeurs se consacrent à l’élaboration d’un projet hydraulique. Objectif ? Remplacer la machine de Marly qui alimente le château de Versailles en eau.

Pastel

Le talent de Nicéphore et de Claude ne connaît pas de frontières, leurs recherches les entraînent bientôt vers de nouveaux horizons. En 1811, ils travaillent sur la culture du pastel, soucieux de remplacer l’indigo qui fait défaut, suite au blocus continental. En 1816, Claude quitte Chalon pour Paris, avant de gagner l’Angleterre, pour tenter d’exploiter l’invention avant l’expiration du brevet déposé.

Images

Resté à Chalon, Nicéphore oriente désormais ses recherches sur la fixation des images projetées au fond des chambres obscures. C’est un long chemin technique, semé d’embûches qui s’ouvre dès lors devant lui. Il parcourt la campagne chalonnaise à la recherche de pierres calcaires, idéales pour la lithographie. En 1822, il réalise la copie d’un dessin par la seule action de la lumière sur une plaque de verre enduite de bitume de Judée. En 1824, il obtient des « points de vue à la chambre obscure » sur des pierres lithographiques » et écrit à Claude, « la réussite est complète ».

Mais la situation familiale est si catastrophique d’un point de vue financier qu’il est question de vendre des propriétés pour calmer des créanciers à l’impatience grandissante.

En 1826, Nicéphore se lie avec deux parisiens, le graveur Lemaître et l’ingénieur opticien Vincent-Chevalier, et entend pour la première fois parler de Louis Daguerre. Il entre en contact avec lui : la collaboration est délicate, les deux hommes se méfient l’un de l’autre. En 1827, Claude, épuisé, ruiné, meurt en Angleterre, sans avoir fait valider ses brevets.

Désolation, désillusions

La disparition de Claude atteint cruellement Nicéphore. En parallèle, ce n’est qu’en 1829 que le premier projet d’association entre le Chalonnais et Louis Daguerre voit enfin le jour. Niépce apporte son invention, Daguerre ses relations et son industrie. La collaboration s’établit essentiellement sur les bases d’une correspondance. Nicéphore demeure en Saône-et-Loire, Daguerre en la région parisienne. Cette correspondance est chiffrée de manière à éviter que des indélicats n’exploitent les recherches des deux hommes à leur profit. Ironie du sort, les résultats obtenus par cette collaboration ne déboucheront sur aucun résultat concret pour Nicéphore.

Le 5 juillet 1833, à 19 heures, le brillant inventeur à la jeunesse dorée meurt subitement, dans sa maison de Saint-Loup-de-Varennes. Il repose au cimetière du village.

En 1853, son neveu, Abel Niépce de Saint-Victor, améliore la technique héliographique et lui donne le nom d’héliogravure.

Source : www.lejsl.com

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