1869 : Un Agenais réussit la première photo couleur


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Voici la première photo couleur au monde, une nature morte.

L’association des amis de Louis Ducos du Hauron se mobilise pour redonner toute la place qu’il mérite à celui qui a inventé la photo en couleur. Conférence samedi, site internet complet l’année prochaine.

Nicéphore Niépce, inventeur de la photographie a son musée à Chalons-sur-Saône mais l’histoire n’a pas forcément retenu le nom de Louis Ducos du Hauron. C’est pour rendre hommage au père de la photographie en couleur qu’une poignée de passionnés s’est lancée dans une opération de «réhabilitation». Depuis un an, René Dreuil s’est ainsi plongé dans la vie et l’œuvre de l’Agenais pour devenir incollable sur ce parcours hors normes. Il a lu les traités de photographie, il a également épluché la nombreuse correspondance que le savant entretenait à l’époque. L’association mettra bientôt en ligne un site internet entièrement dédié à celui qui fut un incontestable découvreur. Mais qui a quand même joué de malchance et dont le nom est passé aux oubliettes de l’histoire.

Un précurseur

En 1868, Louis Ducos du Hauron dépose son brevet qui résout le problème de la photo couleur. Il sera reçu l’année suivante à la Société française de Photographie. La France du Second Empire se modernise mais rêve encore en noir et blanc. Niépce a inventé la photographie en 1826, Daguerre donne son nom au premier appareil photo, le daguerréotype en 1837.

Pendant ce temps, à Agen, dans sa maison de la rue Lamouroux, Louis Ducos du Hauron se passionne pour la recherche. Il ne travaille pas beaucoup, mis à part quelques cours de piano qu’il donne ici et là et vit aux crochets de son frère, magistrat. qu’il suivra d’ailleurs au gré de ses affectations. Il a du temps pour lui et s’est mis en tête de résoudre la grande énigme de la photographie en couleur. Il passe alors des heures et des heures, de longues journées à imaginer, tester, noter… C’est un scientifique, il ne laisse rien au hasard et dépose un premier brevet en 1864 dans lequel il évoque le cinéma. Trente ans avant l’invention des frères Lumière, il pose des solutions techniques, décrit des effets spéciaux qui seront utilisés plus tard par Méliès. A-t-il tourné lui-même, ce qui serait alors le premier film ? C’est le grand mystère. Il ne reste aucune trace.

Quatre ans plus tard il dépose un nouveau brevet, sur la photographie en couleurs cette fois.

«Ces concepts innovants sont à l‘origine de toutes les techniques qui verront le jour en matière de photo couleur et d’impression couleur. Et ces concepts sont encore et toujours d’actualité avec les technologies numériques», souligne, admiratif René Dreuil. Il sait de quoi il parle, étant lui-même ancien photographe du «Petit Bleu» à Agen.

Rendez-vous

Joël Petitjean, plus grand spécialiste de Louis Ducos du Hauron (notre photo) donnera samedi prochain une conférence à Agen pour raconter l’œuvre immense et incontournable. Docteur en histoire de l’art, professeur en histoire de la photographie et chargé de mission au musée Niépce, il lèvera le voile sur une découverte majeure réalisée il y a quelques années. Et réaffirmera la position de Louis Ducos du Hauron (1837-1920) en inventeur majeur. Initialement prévue au centre culturel d’Agen, cette conférence aura lieu salle des Illustres toujours à Agen, à 15h. Un signe du destin ?

Lourdes, Alger, premiers paysages en couleurs

Avant et après avoir déposé son brevet, il testera lui-même son invention. Il faut imaginer ce que photographier voulait dire à cette époque. Pas d’appareil en bandoulière, pas encore de sujet en mouvement, et encore moins de selfie. Louis Ducos du Hauron, qui est aussi passionné de peinture va immortaliser des paysages.

On retrouve ainsi les premières photos prises à Agen. Il photographiera également Lourdes, Carcassonne et beaucoup Alger puisqu’il accompagne son frère, muté de l’autre côté de la Méditerranée pendant plus de dix ans.

Génial inventeur, il sera en revanche peu payé en retour. Peut-être d’avoir eu raison avant tout le monde, peut-être aussi de ne pas avoir soigné les processus industriels malgré plusieurs tentatives. Honoré par ses pairs, il tombera assez vite dans l’oubli. Il se reviendra à Agen en 1914, y mourra en 1920 dans un quasi-anonymat. Une plaque sur sa maison rue Lamouroux honore sa mémoire. Un hommage lui fut rendu en 1948, une exposition en 1976, quelques minces initiatives. L’idée de l’association conclut René Dreuil est de perpétuer sa mémoire. «Le personnage mérite largement d’entrer au Panthéon des illustres Agenais», sourit-il.

Auteur : Sébastien Dubos

Source : www.ladepeche.fr

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