Article de presse

Quand neurones et puces s’allieront contre maladies et handicaps


Marier des neurones à une puce électronique. Tel est le projet d’une dizaine de chercheurs de l’Institut des sciences des microstructures du Conseil national de recherche du Canada (CNRC), qui espèrent décrocher, dès le début 2008, un financement de 8 millions de dollars pour mettre au point un prototype avant trois ans. « Nous cherchons à recréer des modèles simplifiés du cerveau sur des puces électroniques », précise Christophe Py, un des membres du programme de recherche. Les premiers débouchés pourraient être médicaux.

Pour fabriquer cette « neuropuce », l’équipe utilise actuellement des neurones prélevés sur des animaux. Il faut compter 500 dollars pour un baril de cellules congelées permettant de fabriquer 50 puces. Implantés dans un liquide qui leur permet de survivre, notamment en s’approvisionnant en oxygène, les neurones se multiplient et établissent des connexions entre eux, mais aussi avec la partie électronique de la puce. Ces signaux peuvent ainsi être mesurés.

Mais ce n’est pas la capacité de traitement de l’information des neurones qui intéresse les chercheurs. Première application envisagée : l’étude de maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson. « En soumettant la puce aux stimuli responsables de ces maladies, on peut observer comment réagissent les réseaux neuronaux, dans le but de développer des outils de diagnostic et de suggérer des thérapies », explique M. Py. Ces cobayes artificiels peuvent aussi être utilisés par les firmes pharmaceutiques pour tester de nouveaux médicaments. « C’est un enjeu colossal : les neuropuces permettraient d’accélérer leur développement, qui est actuellement très long et très coûteux. »

On pourrait aussi imaginer de redonner à un individu, rendu paraplégique par un accident, l’usage de ses membres en implantant une puce à neurones dans son cerveau. Elle servirait de support à la croissance d’un tissu neuronal sain restaurant la partie lésée.

La sécurité pourrait aussi bénéficier de l’invention. « Nous voulons mettre au point un biosenseur, capable de détecter un gaz agissant sur les nerfs, comme le sarin, utilisé dans le métro de Tokyo en 1995. Une neuropuce placée dans la station mesurerait la qualité de l’air et serait capable de donner l’alarme », imagine M. Py.

Auteur : Luc Ihaddadène

Source : www.lemonde.fr

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