Pour le 150e anniversaire de l’invention du moteur à explosion dont il est le fondateur, la Poste monégasque a choisi d’honorer Jean-Joseph Étienne Lenoir en confiant à Yves Beaujart le soin de finaliser un timbre carré 40 x 40 d’une valeur faciale de 0,95 euro dans une présentation décalée.
Qui est ce bricoleur génial né le 12 janvier 1822 à Mussy-la-Ville, un bourg de huit cents âmes proche de Virton au Grand-duché de Luxembourg ?
Il est le troisième d’une famille de huit enfants et vit avec les siens modestement. Très jeune, il ne pense déjà qu’à bricoler et inventer des petits mécanismes.
A ceux qui se moquent de lui, il répond sans se départir de son sérieux : « Quand je serai grand, je ferai des machines, de nouvelles machines qui fonctionneront toutes seules ».

En 1838, lorsque la province de Luxembourg est rattachée à la Belgique naissante, il quitte sa campagne et décide de tenter l’aventure à Paris. Il lui faut trois mois à pied pour gagner la capitale avec des étapes à Reims et à Meaux où il trouve du travail dans des fermes pour se financer.
Une fois dans la capitale, il travaille le soir comme garçon à l’Auberge de l’Aigle d’Or mais passe une partie de la journée à conduire des expériences dans la cave de l’établissement. C’est ainsi qu’il répond à la question : comment obtenir un émail blanc en se privant des oxydes, ce qui lui vaut en 1847 un premier brevet. L’orfèvre Charles Christofle lui achète en 1851 un nouveau procédé que Lenoir vient de breveter à partir de son excellente connaissance de l’électrolyse des métaux. C’est avec ce principe de galvanoplastie que Christofle réalise le groupe ornemental de l’Opéra de Paris.
Pour conforter ses connaissances, Lenoir fréquente les Arts et Métiers où il se fait de nombreux amis. En 1855 et 1856, il dépose plusieurs brevets relatifs à l’application de l’électricité aux chemins de fer. En 1857, il met au point un pétrin mécanique, un régulateur à dynamo, un compteur à eau ainsi qu’une méthode d’étamage du verre. L’année suivante, il fonde la Société des moteurs Lenoir-Gautier et Cie à Paris.
En 1860, il dépose le brevet n° 43624 : « pour un moteur à air dilaté par la combustion des gaz ». Ce moteur est à la base de l’auto, de l’avion et du bateau ! Dès mai 1860, le premier moteur à gaz de 4 CV entre au service de l’atelier du maître tourneur Lévêque. En quelques mois son usine produit 380 moteurs de un à quatre chevaux. En juillet 1864, rien qu’à Paris 130 machines de sa signature y sont opérationnelles. En septembre 1863, grâce à un moteur de 1,5 CV, il fait un aller et retour Paris-Joinville, soit 18 kilomètres en trois heures.
Malade, il meurt le 4 avril 1900. Leprince Ringuet notant qu’entre 1845 et 1885, Lenoir a déposé soixante-quinze brevets déclare : « Il est l’un des cent plus grands inventeurs de tous les temps ».
Source : www.lunion.presse.fr
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