Le Maroc financera ses jeunes inventeurs


Pour améliorer la compétitivité de son économie, le Maroc envisage d’investir dans les jeunes inventeurs.

Le gouvernement marocain allouera 510 millions de dirhams (45 millions d’euros) au soutien à l’innovation et à la promotion des partenariats entreprises-universités, a annoncé le mardi 1er mars Ahmed Reda Chami, ministre du Commerce, lors de la seconde Conférence sur l’innovation à Skhirat.

« Le gouvernement est prêt à augmenter les montants inscrits au budget pour encourager l’innovation et la créativité, pour répondre à la demande », a déclaré Salaheddine Mezouar, ministre des Finances.

« Nous attendons vos propositions, vos idées et vos projets, et nous apporterons les moyens nécessaires à leur réalisation sur le terrain », a-t-il déclaré.

Ces ressources seront versées dans trois nouveaux fonds, destinés à encourager les jeunes à lancer de nouveaux projets sur la base d’idées innovantes, a déclaré Chami.

Le premier de ces fonds, doté d’un capital de 50 millions de dirhams, accordera aux jeunes chercheurs des bourses pouvant atteindre un million de dirhams par projet. Le ministre du Commerce a souligné que l’État ne demandera pas aux bénéficiaires de rembourser ces fonds en cas d’échec de leurs projets, soulignant que le but est de supprimer les obstacles psychologiques qui entravent les initiatives des jeunes. En cas de succès, le bénéficiaire sera tenu de rembourser les sommes dans un délai de quatre ans.

Disposant d’un budget de 400 millions de dirhams, le deuxième fonds permettra aux entreprises marocaines de lancer des programmes de recherche et de développement dans le cadre de partenariats avec des universités et des centres de recherche. Ces fonds octroieront des bourses pouvant atteindre 4 millions de dirhams par projet.

Le troisième fonds, doté, lui, d’un capital de 60 millions de dirhams, visera la mise en place de consortiums d’entreprises travaillant à lancer des programmes de recherche et de développement conjoints.

Ces projets s’inscrivent dans le cadre d’un plan global destiné à promouvoir la recherche et l’innovation comme source essentielle de développement et facteur fondamental du renforcement de la compétitivité de l’économie marocaine, a souligné Chami.

Outre le financement de ces fonds, le gouvernement envisage de construire des cités de l’innovation dans l’ensemble du Maroc, qui accueilleront des centres de recherche, des sociétés spécialisées et des incubateurs de jeunes entreprises. Le ministre a ajouté que trois cités seront construites cette année à Fez, Marrakech et Rabat, soulignant que les préparations sont en cours pour en lancer une quatrième à Casablanca l’an prochain.

Ce nouveau plan « surpasse ce que les entreprises marocaines attendent », selon Mohamed Horani, le président de la Confédération des entreprises du Maroc.

« Grâce à ce programme, je pense que nous surmonterons tous les obstacles financiers et psychologiques qui entravaient les partenariats entre entreprises et universités », explique-t-il à Magharebia.

Le secteur de la recherche « souffrait d’une mauvaise organisation et d’une faible intégration dans le tissu économique et industriel », déclare Abdelatif Loukili, chercheur en technologies à l’Université de Fez.

« Mais j’estime que tous les facteurs nécessaires sont désormais combinés pour lancer la recherche et le développement sur des bases solides », ajoute-t-il. « D’une part, on constate des évolutions dans les droits de propriété intellectuelle et industrielle au Maroc, et d’autre part, la présence d’un nouveau programme gouvernemental qui fournira le cadre financier et réglementaire nécessaire. »

« En tant que chercheurs, nous sommes maintenant en mesure de concrétiser nos idées », conclut-il.

Le Centre marocain pour l’innovation a été mis en place pour diriger cette nouvelle stratégie. Il supervisera la mise à disposition des soutiens nécessaires aux différents projets, assurera le suivi de leur mise en œuvre et jouera le rôle d’observatoire de l’innovation et de l’invention.

Le gouvernement travaille également à réformer le cadre juridique de la recherche scientifique, selon le ministre de l’Éducation Ahmed Akhchichine.

« L’université marocaine est totalement prête à aller de l’avant dans le cadre de ce plan et à en suivre le rythme », déclare-t-il. « Nous ne partirons pas de rien ; nous nous appuyons déjà sur de nombreux potentiels et de nombreuses capacités qui nous permettront de trouver un climat adapté qui portera ses fruits. L’année dernière, l’université marocaine a réussi à engendrer 40 brevets, contre moins de 10 l’année précédente. Cela est dû aux mesures que nous avons prises pour soutenir la recherche scientifique. »

« Aujourd’hui, au vu de l’ensemble des capacités mises à disposition aux termes de ce nouveau plan, nous sommes très optimistes », ajoute-t-il.

Auteur : Mawassi Lahcen

Source : www.magharebia.com


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