Article de presse

Entreprise : le rôle des start-up dans le processus d’innovation


Un ouvrage publié par le département du Commerce américain et publié en France en 1966 sous le titre « L’invention dans l’industrie » par Jewkes, Sawers et Stillerman [1], montre que les 60 plus grandes inventions du XXème siècle, qu’il s’agisse du procédé couleur de Kodak (inventé par un chef d’orchestre), de l’acier à l’oxygène, du float-glass, du velcros, de la fermeture éclair, ou du procédé de reprographie Xerox, etc. étaient à plus de 95% des inventions faites par des innovateurs individuels ou de très petites sociétés et non par les centres de recherche de grandes entreprises existantes.

Il semble que malgré le caractère technologique de plus en plus avancé de notre société, ceci reste vrai encore aujourd’hui. En témoignent des innovations récentes comme le moteur de recherche révolutionnaire de Google dont les premiers pas ont eu lieu dans la chambre universitaire de deux étudiants, sans parler de succès mondiaux plus d’inspiration « marketing » comme Facebook ou Twitter.

Si les innovations de rupture passent aujourd’hui encore par des start-up, c’est semble-t-il parce que les grandes entreprises, les centres de recherche sont polarisés sur leurs produits existants ce qui les confine à des innovations de perfectionnement. L’histoire technologique est en effet remplie d’innovations majeures refusées par de grandes entreprises et qui n’ont pris leur envol que parce que les innovateurs ont été capables de les faire décoller en dehors de ces grandes entreprises en créant leur propre start-up.

Ce phénomène est tellement reconnu par les dirigeants de grandes sociétés qu’ils en ont fait un composant essentiel de leurs politiques de développement. Ainsi, Cisco a fait le choix de grandir en achetant des start-up prometteuses, hors de ses propres recherches. Des entreprises comme Intel ont institutionnalisé cette stratégie en créant Intel Capital dont la seule mission est de rechercher des start-up prometteuses et d’y investir. C’est également ce qui anime un grand nombre d’entreprises japonaises à la pointe de leur industrie comme Canon ou Takeda dans l’industrie pharmaceutique.

En d’autres termes, le processus de développement des économies des pays avancés, indispensable pour compenser les fermetures d’activités qui se délocalisent avec l’émergence des PVD, est de multiplier les start-up, comprises comme de nouvelles entreprises créées autour d’innovations de rupture et de les agglomérer autour d’entreprises déjà plus développées, qui permettent grâce à leurs moyens et à leurs réseaux de valoriser beaucoup plus rapidement le potentiel de ces start-up.

Si cette description est correcte, elle devrait concrétiser l’invocation faite par tous les milieux français à l’innovation comme l’instrument devant nous permettre de survivre à l’arrivée de la Chine et des PVD dans nos métiers traditionnels. Les chercheurs de nos universités que l’on encourage à créer leurs start-up devraient être le fer de lance de cette évolution.

1. Comparée aux autres grands pays de l’OCDE, la France produit-elle assez de start-up ?

2. Les processus de rachat ou de fusion avec des start-up sont-ils aussi développés que dans ces pays ? La France souffre-t-elle de freins à ces concentrations ?

3. Les grands groupes qui rachètent une start-up acquièrent-ils une innovation ou une capacité a innover ? Le patron de la start-up apporte-t-il sa capacité d’innovation dans le grand groupe ou quitte-t-il ce groupe pour créer une nouvelle entreprise en profitant de ses ressources financières, de sa notoriété et de son expérience ? est-ce une voie fréquente de développement que de devenir un « serial entrepreneur » plutôt que d’accompagner la start-up jusqu’à sa transformation en grande entreprise ?

4. Le rachat de nos start-up par des groupes étrangers est-il un appauvrissement de la France (privatisation d’un effort largement supporté par le contribuable) ou plutôt un enrichissement par l’injection d’argent dans le système d’innovation, « l’appel d’air » pour de nouvelles start-up et le développement de serial entrepreneurs ? Benchmark avec d’autres pays (US, GB, All, Finlande).

[1] Editions d’organisation en 1966

Auteur : Fondation iFRAP

Source : www.ifrap.org

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