Jacques Lachaume : « C’est David contre Goliath »


Jacques Lachaume, un inventeur de Saint-Vallier, ne vit plus depuis qu’il pense qu’un grand groupe a copié une des machines de son invention.

L’homme, qui fêtera ses 66 ans en août, est à bout de nerfs, lui qui doit éviter tout stress après quatre opérations du cœur.

Tout a commencé en 2012, en surfant sur internet : Jacques Lachaume découvre qu’une multinationale a fait fabriquer deux machines qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à un engin qu’il dit avoir inventé et pour lequel il a déposé un brevet. « Une extrudeuse pour creuser 100 mètres de fossés par heure le long des autoroutes et des voies de chemin de fer. » Depuis, il multiplie les courriers pour faire reconnaître ses droits. « J’ai écrit au Président, aux ministres, à la multinationale concernée, etc., sans avoir la moindre réponse. J’en suis à plus de 500 € de recommandés. »

La machine a été inventée en 2002. Avec déjà quelques frayeurs. « Le 20 janvier 2003, j’ai reçu une lettre de cette multinationale qui était mon client, dénonçant mon brevet. Sauf qu’il n’était encore pas officiellement déposé (ce qui fut fait le 30 juin suivant). Finalement, tout était rentré dans l’ordre suite à une médiation, même si, l’année suivante, dans sa publication interne, ce groupe s’en était attribué la paternité ». Jacques Lachaume avait alors livré la machine le 25 avril 2003, laquelle était partie creuser les fossés du TGV Paris-Strasbourg, et reçu son paiement (environ 230 000 €).

Affaire classée jusqu’à sa découverte de 2012. « J’écris alors à cette multinationale qui me répond qu’il y a deux différences. Sauf que je démontre qu’une est une équivalence et l’autre ne sert à rien. C’est une contrefaçon ! » Jacques Lachaume va plus loin dans ses déclarations : « Il y a une chose dans la machine que nous ne sommes que quatre à connaître : moi et trois personnes de ce groupe. »

L’État achète-t-il des contrefaçons ?

En juillet dernier, il rencontre les services du médiateur de la République. Sans résultat pour l’instant. « Les trois machines travaillent actuellement sur le chantier du TGV Atlantique. J’estime donc que les deux tiers des fossés sont des contrefaçons : l’État achète de la contrefaçon ! On est partenaire, c’est à lui de faire le boulot… »

Car, concrètement, Jacques Lachaume ne peut « pas attaquer en justice. Les avocats que j’ai contactés ne veulent pas s’attaquer à cette multinationale et me présentent des devis astronomiques, moi le petit retraité à 1 600 € mensuels. » D’où sa décision de médiatiser son affaire, de rencontrer les maires du secteur et le député Christophe Sirugue.

« J’espère que les politiques vont m’aider à résoudre cette affaire. Je ne veux pas me faire piquer mes droits, même si c’est David contre Goliath, et c’est un gros Goliath ! » D’autant qu’il a un as dans sa manche : « J’ai une nouvelle machine, qui améliore le rendement, et j’ai déposé une enveloppe soleau (sorte de pré-brevet). Ça peut entrer dans la négociation. » Ou être proposé à un concurrent, ce groupe perdant ainsi son monopole de la machine créée par Jacques Lachaume.

Nous avons joint la multinationale en question qui n’a pas été en mesure de nous communiquer sa réponse avant la parution de l’article, ce que nous ne manquerons pas de faire dès la réception de celle-ci.

Auteur : Cyrille Coutenceau

Source : www.lejsl.com


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