Le gouvernement veut 20 000 jeunes créateurs d’entreprise en 2017


Un quart des 18-24 ans affirment avoir envie de créer, un jour, leur entreprise. Mais seuls 3 % des créateurs d’entreprise sont des jeunes. C’est cet écart que la secrétaire d’État à l’enseignement supérieur et à la recherche, Geneviève Fioraso, souhaite réduire : « La différence avec les États-Unis, dit-elle, c’est le passage à l’acte. A l’université de Stanford, Steve Jobs a conçu son premier ordinateur, William Hewlett et David Packard ont fondé HP, et Larry Page, Google. Le vivier est là, à l’université. Ces jeunes gens, qui sont au contact avec la recherche, sont le plus à même de créer des entreprises innovantes. Il faut faciliter la vie des étudiants créateurs d’entreprise pendant et après le diplôme. » Tout en sensibilisant la communauté éducative à la question.

Pour la secrétaire d’État, « il y a un déficit de culture entrepreneuriale en France, notamment dû aux méthodes pédagogiques qui privilégient les performances individuelles au détriment du collectif et de la recherche ». Au-delà de son impact espéré sur le taux de chômage des jeunes (22 %), stimuler l’entrepreneuriat étudiant aura donc pour corollaire, à l’en croire, une évolution de la pédagogie et un développement du travail coopératif. Mobilisé sur le sujet depuis un discours présidentiel du printemps 2013, le gouvernement se fixe désormais un objectif chiffré : en 2017, 20 000 jeunes créeront ou reprendront une entreprise.

« IL FAUT CHANGER LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE ! »

Combien sont-ils aujourd’hui, chaque année, à se lancer dans l’aventure ? « Aucun chiffre précis n’existe », regrette Jean-Pierre Boissin, professeur à l’IAE de Grenoble et coordonnateur national du plan pour l’entrepreneuriat étudiant. « Nous ne disposons que d’extrapolations statistiques à partir de grandes enquêtes Insee. »

Sur les 2,5 millions d’étudiants, ils seraient environ 10 000 à créer, chaque année, une entreprise. L’objectif fixé à 20 000 en 2017 correspond donc à un doublement, mais à un peu moins de 1 % de l’ensemble des étudiants. Modeste ? Pas à ses yeux. « C’est un projet à vingt ans. Il faut changer la société française ! Les premiers cours de création d’entreprise dans les écoles de commerce ne datent que des années 1970. Désormais, un module entrepreneuriat et innovation est fortement recommandé par le gouvernement dans toutes les filières et tous les cursus universitaires, de la licence au doctorat. »

L’économie numérique, qui induit facilité de création et nécessité d’agir vite, a sans doute un impact plus fort que les politiques les plus volontaristes. Reste à faire évoluer les représentations de l’échec. « Contrairement à ce qui se fait partout ailleurs, regrette M. Boissin, la start-up qui n’a pas marché ne fait encore pas partie du CV en France. »

Auteur : Pascale Krémer

Source : campus.lemonde.fr

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