L’homme qui change l’eau du robinet en «eau pure»


Gilbert Sonnay présentera son adoucisseur d’eau 100% écologique au prochain Salon des inventions de Genève. Rencontre.

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Durant trois décennies, Gilbert Sonnay s’est investi corps et âme dans son invention. En tout, 2 millions de francs y ont passé. Dans l’histoire, il a perdu sa maison.

Pas facile, la vie d’inventeur. Si la Suisse est le pays où l’on dépose le plus de brevets par habitant – 848 demandes par million d’habitants en 2014 –, celui qui s’engage dans la voie de la créativité doit bien souvent se battre pour imposer ses idées. Gilbert Sonnay sait de quoi il retourne. Depuis qu’il a lancé son purificateur d’eau écologique, au début des années 1980, il a souvent été pris pour un fou. Peu importe. «Quand je crois en quelque chose, je fonce. Ce n’est pas dans mon état d’esprit de baisser les bras», lance-t-il.

Durant trois décennies, il investit énormément de temps, mais surtout beaucoup d’argent. Achat de matériel, lancement de plusieurs études en collaboration avec l’EPFL, fabrication de divers prototypes : 2 millions de francs ont été nécessaires à son invention. Au passage, il perd sa maison et son mariage a failli voler en éclats. S’ensuivra une longue traversée du désert durant laquelle Gilbert Sonnay enchaîne les petits boulots. De l’abnégation, il n’en a jamais manqué en trente ans. Ni pour développer son système qui évite les dépôts de calcaire et de rouille dans les tuyaux ni pour encaisser les coups durs.

Mais, en 2012, consécration: il présente son purificateur d’eau au Salon des inventions de Genève et reçoit la médaille d’or. En avril prochain, il remettra le couvert en y présentant une nouvelle variante : le Sonatec S3 Plus.

Archétype du savant «fou»

Des dossiers entassés par terre, un bureau en désordre, des équations et des esquisses dessinées sur un tableau blanc, un atelier adjacent où sont entreposées de drôles de machines. Aucun doute, nous sommes bien dans le bureau d’un inventeur. A l’entrée trône accrochée au mur une maxime qui ne l’a jamais quitté depuis ses débuts: «Qui veut faire quelque chose trouve un moyen. Qui ne veut rien faire trouve une excuse.» «Tous les matins, quand je passe devant, je la lis et elle m’aide à avancer», avoue le Vaudois aujourd’hui domicilié à Lucens. Gilbert Sonnay correspond bien à l’image de l’inventeur têtu qui se bat, coûte que coûte, pour développer sa technologie.

Curieusement, au départ, rien ne le prédestinait à embrasser une telle carrière. C’est dans l’industrie automobile qu’il a commencé. «Après un apprentissage dans la vente de pièces détachées de voitures, j’ai repris pendant dix ans le garage de mon père à Renens, puis je me suis rendu compte que ce domaine ne me plaisait pas. J’ai tout vendu et je suis reparti de zéro.»

A l’époque, si l’écologie n’était pas encore au cœur des préoccupations, le Vaudois était déjà très intéressé par les moyens de moins polluer. «Je ne suis pas un écolo, mais c’est vrai que je me suis toujours attaché à respecter la nature.» Après avoir représenté un distributeur américain de conditionneurs d’eau, il s’est mis dans l’idée de développer, avec l’aide de deux scientifiques de l’EPFL et d’un micro-mécanicien du Locles, son propre système pour purifier l’eau. «Un système qui n’utiliserait ni sel ni produit chimique et qui serait totalement respectueux de l’environnement», indique-t-il. En 1982, il dépose un premier brevet, d’autres suivront.

Une «eau qui soigne»

Aujourd’hui, à 66 ans, Gilbert Sonnay ne veut pas entendre parler de retraite. A la tête de sa petite entreprise, il admet toutefois que, avec une centaine de commandes par année, les fins de mois sont difficiles. Pourtant, pas de quoi décourager ce passionné. Son objectif à terme: améliorer encore plus son invention pour produire de l’«eau qui soigne». Une sorte de fontaine de jouvence que tout un chacun pourrait brancher à son robinet. Avec plus de 80% de dépôts de calcaire et de rouille en moins, elle élimine déjà toute trace de chlorure et de sédiments (fer, fonte, éléments plastiques) tout en conservant les minéraux. «Je voudrais aller encore plus loin et produire une eau qui améliorerait le transit et éliminerait les toxines, tout en ayant des effets bénéfiques sur la santé des gens», confie-t-il.

«Plus ronde en bouche»

Baptisée Sonatec 3S Plus, la nouvelle version de l’invention de Gilbert Sonnay sera présentée au Salon des inventions de Genève, du 15 au 19 avril. Son système utilise des champs magnétiques pour traiter le liquide, évitant ainsi que le calcaire et la rouille ne se fixent dans les canalisations. «L’impact est bénéfique non seulement sur la corrosion des canalisations, mais également sur la santé», indique son inventeur, Gilbert Sonnay. Si les premiers prototypes fonctionnent, ils doivent maintenant être standardisés pour lancer une production industrielle. Une étape qui nécessite encore d’importants investissements. Gilbert Sonnay a besoin d’aide: il vient de lancer une opération de financement participatif. Quoi qu’il en soit, il est convaincu de l’efficacité de son purificateur. Il ne manque d’ailleurs jamais une occasion de faire goûter l’eau qui en ressort: «Vous ressentez la différence ? Elle est beaucoup plus ronde en bouche et coule plus facilement quand on l’avale. Ses vitamines et ses minéraux seront ainsi mieux assimilés par l’organisme.»

Auteur : Fabien Grenon

Source : www.24heures.ch

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