La Première Guerre mondiale, terreau d’inventions en tout genre


Durant la majeure partie du XXe siècle, vivre en URSS était synonyme de quotidien austère et rudimentaire. En Occident, au contraire, on a profité à plein des produits inventés pendant la Première Guerre mondiale.

Un rasoir garanti sans coupures

Au milieu des années 1890, un vendeur de la société de William Painter — inventeur du fameux bouchon couronné — imaginait le rasoir que nous connaissons aujourd’hui: King Camp Gillette vivait alors à Baltimore, aux USA, et allait révolutionner la toilette masculine. Les rasoirs sécurisés existaient déjà à l’époque. Jean-Jacques Perret avait notamment fabriqué en 1771 un rasoir à rabot dont seul le flanc de la lame dépassait. Cependant, ce modèle n’était pas abouti. Gillette, lui, a proposé un rasoir composé de deux plaques métalliques enserrant une lame, fixée de manière à ce que seulement deux bords dépassent. Le manche, amovible, se fixait perpendiculairement au rasoir. En 1901, il brevetait le premier rasoir du monde à lame interchangeable — le Safety Razor. Et en 1903, les premiers rasoirs sécurisés sont arrivés sur le marché.

Ils ont été particulièrement sollicités pendant la Première Guerre mondiale. Les lames jetables, bon marché, pratiques et hygiéniques, s’adaptaient justement aux besoins des soldats du front. En 1917, quand l’Amérique est entrée en guerre, King Camp Gillette a signé un contrat avec le ministère américain de la Défense pour fournir les troupes en rasoirs. Cette année a marqué un record pour Gillette Company — selon les estimations les plus modestes, un million de rasoirs ont été vendus, ainsi que 120 millions de lames de rechange.

On estime aujourd’hui le nombre de rasoirs sécurisés vendus dans le monde à plus d’un milliard, alors que les ventes de lames de rechange dépassent 40 milliards. L’histoire confirme donc les propos de King Camp Gillette prononcés en 1932 peu de temps avant sa mort: « De toutes les grandes inventions, le rasoir jetable est la plus grande des petites avancées ».

Un métal impossible à rouiller

Peu de temps avant la Première Guerre mondiale, la société britannique Firth Brown Steels a demandé au chef de son laboratoire de recherches Harry Brearley de préparer un alliage qui ne se déformerait pas et résisterait aux températures élevées. Il était prévu de s’en servir pour fabriquer les fûts de fusil. Les résultats de la plupart des expériences ont déçu Brearley, qui jeta les lingots dans un tas de ferraille : le métallurgiste a alors remarqué après un certain temps que les lingots qui contenaient 12,8% et 0,24% d’hydrogène ne rouillaient pas et résistaient au vinaigre ou à l’acide citrique. Ainsi, le 13 août 1913, Harry Brearley découvrait l’acier inoxydable. Ce métal a ensuite servi pendant la Première Guerre mondiale pour fabriquer des moteurs d’avion. Mais Brearley a trouvé des possibilités plus larges d’exploitation. Il a notamment signé un contrat avec la société Robert Fead Mosley, qui fabriquait des couteaux et des ciseaux. Rapidement l’acier inoxydable a été utilisé pour fabriquer des couteaux de cuisine et de poche, des ustensiles et des outils chirurgicaux.

Les serviettes hygiéniques

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les femmes ne portaient pas de pantalons ou de sous-vêtements. Elles trouvaient toutefois des solutions lors de leurs menstruations. On estime que les habitantes d’Égypte antique roulaient des tampons hygiéniques dans le papyrus, et les Grecques et les Romaines avec la laine de mouton. Au Moyen Âge, les dames européennes utilisaient des bandes de tissu fixées à la ceinture ou à leur corset.

Les serviettes hygiéniques font leur apparition pendant la Première Guerre mondiale. Début 1914, des employés de l’usine américaine Kimberly-Clark produisant du papier ont visité des usines de cellulose et de papier d’Allemagne, d’Autriche et de Scandinavie. Ils ont découvert la cellulose de coton — un nouveau matériau qui aspirait l’humidité cinq fois mieux que le coton et coûtait deux fois moins cher. Les Américains ont rapporté des échantillons et quand en 1917 les USA sont entrés en guerre, la société Kimberly-Clark a commencé à fabriquer des pansements pour l’armée à partir de ce matériau. Le coton de cellulose était très apprécié par les médecins militaires, mais surtout par les infirmières qui ont eu l’idée d’en faire des serviettes hygiéniques, qu’elles plaçaient dans les pantalons moulants. Après la guerre les représentants de Kimberly-Clark ont racheté aux militaires le reste des pansements et deux ans plus tard les pharmacies américaines proposaient un tout nouveau produit hygiénique — des serviettes Kotex contenant 40 fines couches de coton de cellulose.

La méthode Pilates

« L’esprit fait le corps », disant Joseph Pilates, entraîneur sportif qui a inventé la fameuse méthode d’entraînement fitness. Pilates est né en 1883 en Allemagne, à Mönchengladbach. Enfant, il souffrait de rachitisme, d’asthme et de rhumatisme. A 10 ans, décidant de s’aguerrir, il commence à pratiquer activement la gymnastique, à tel point qu’à 15 ans sa musculature était tellement développée qu’il travaille dans des écoles d’art en tant que modèle pour les dessins anatomiques. En 1912, Pilates s’installe en Angleterre où il pratique la boxe professionnelle et enseigne l’autodéfense aux policiers de Scotland Yard.

La Première Guerre mondiale éclate quand Pilates se trouve en Angleterre. Avec d’autres Allemands se trouvant dans le pays, il est interné sur l’île de Man et passe les quatre années de la guerre dans un camp de concentration. C’est ici qu’il invente son propre système d’entraînement, baptisé ensuite Pilates, mélangeant la gymnastique, le ski, le yoga, l’acrobatie, les danses et l’haltérophilie. C’est ici également qu’il fabrique les premiers bancs de fitness avec les moyens du bord, comme la carcasse en fer d’un lit. Pendant la Première Guerre mondiale, les exercices sur ces bancs ont non seulement permis à Joseph de survivre, mais également à ses codétenus.

Après la guerre, Pilates revient en Allemagne pour entraîner les policiers et les soldats de l’armée allemande. En 1925, il s’installe à New York. Il y ouvre une école de mode de vie sain dans l’enceinte du théâtre du ballet de New York. Dans les années 1930-1940, l’école de Pilates était très populaire. Elle était visitée par les célébrités du ballet et du cinéma : George Balanchine, Martha Graham, Gregory Pack ou Katharine Hepburn. La méthode Pilates devient mondialement connu au début des années 1970 (après la mort de son fondateur), quand la danseuse Romana Kryzanowska ouvre une école à Los Angeles où commencent à s’entraîner John Travolta, Madonna et Kristin Scott Thomas, ainsi que beaucoup d’autres acteurs d’Hollywood.

Source : fr.sputniknews.com

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