Premier brevet, pour faire fructifier une invention


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Sur la photo, une calculatrice qui fonctionne avec de petits cylindres d’eau.

Le programme Premier brevet de la Fédération des inventeurs du Québec est un service d’accompagnement gratuit et personnalisé qui permet aux inventeurs de demeurer légitimes propriétaires de leur idée.

En 1997, l’inventeur du café en capsules, John Sylvan, a vendu ses parts à l’entreprise Keurig pour 50 000 $, sans se douter que son innovation valait une fortune. L’entreprise a engrangé des revenus de 4,7 milliards $ US l’an passé seulement. Une somme dont l’inventeur n’a jamais vu le moindre sou.

Si John Sylvan avait pu bénéficier du programme Premier brevet, les choses se seraient peut-être passées autrement.

«La force des inventeurs, c’est leur génie créatif. Ce sont souvent des personnes très spécialisées dans leur domaine, qui découvrent des moyens d’améliorer leurs outils de travail et qui désirent que leur innovation serve à la communauté. Mais pour faire breveter leur invention et commercialiser leur produit, ils ont souvent besoin d’un coup de pouce», souligne Christian Varin, expert en développement des affaires et en gestion de brevets et fondateur de la Fédération.

Une idée de génie ?

L’organisme à but non lucratif offre des services conseils pour guider les inventeurs vers l’obtention d’un premier brevet. En autant, bien sûr, que l’idée soit brevetable.

«Nous vérifions d’abord si l’invention est nouvelle et utile grâce à une recherche de brevets internationaux. Si l’idée est déjà brevetée, l’inventeur pourrait avoir investi d’énormes efforts dans son innovation en risquant ensuite de se voir refuser le brevet et même d’être accusé de contrefaçon», explique Christian Varin.

Si l’invention passe le test, par contre, cette recherche peut devenir une source d’information précieuse. Un client de la Fédération a ainsi découvert que son idée était complémentaire à un produit breveté par Panasonic, ce qui lui a ouvert des possibilités lucratives de commercialisation.

Passer de l’idée au produit

De l’invention à la commercialisation d’un produit, il y a un monde! Le premier conseil que donne Christian Varin aux inventeurs, c’est… de se taire. En effet, un des grands défis de l’inventeur est d’assurer la paternité de son innovation.

«Dès qu’un inventeur entre dans notre bureau, nous lui faisons signer une entente de confidentialité qui lui garantit que nous ne parlerons à personne de son projet. Puis, nous lui demandons s’il en a parlé à son entourage. S’il l’a fait, nous lui suggérons de faire signer une entente de confidentialité aux personnes qui sont au courant.»

Un exercice de brevet

Ensuite, la Fédération recommande d’obtenir un brevet temporaire de 12 mois, offrant les mêmes garanties de protection qu’un brevet national de 20 ans. Cette étape intermédiaire donne une année de plus à l’inventeur pour mettre la touche finale à son idée, par exemple en testant les derniers détails, en réalisant un premier prototype et en identifiant des marchés potentiels et les brevets internationaux à demander.

Une fois l’exercice terminé, tous les éléments sont en place pour rédiger la demande de brevet national, valide pour 20 ans.

Christian Varin estime que la Fédération offre environ 100 heures de services conseils à chaque inventeur. L’organisme aide ses clients à trouver un lieu pour réaliser un prototype, à établir des contacts, à identifier des marchés et même à négocier des ententes équitables avec les distributeurs potentiels. Il arrive même qu’un représentant de la Fédération accompagne l’inventeur aux rencontres de négociation.

Transmettre son savoir

«Tous les employés et bénévoles de la Fédération sont des inventeurs qui ont vécu ce processus et qui désirent que leur expérience serve aux autres inventeurs», explique Christian Varin. Déjà 38 inventeurs bénéficient du programme depuis son lancement il y a quelques mois. Chaque année, cinq inventeurs bénéficieront aussi d’une subvention de 3000 $ de la Fédération pour défrayer les coûts de leur brevet.

Une chose est sûre : Christian Varin et son équipe ne les lâcheront pas avant qu’ils puissent «voler de leurs propres ailes», et récolter les premiers fruits de leurs inventions.

Auteur : Josiane Roulez

Source : fr.canoe.ca

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