Georges Demenÿ, ce Douaisien qui avait inventé le cinéma


Trois ans avant les frères Lumière, le douaisien Georges Demenÿ parvient en 1892 à projeter sur écran des images photographiques à grande vitesse, autrement dit à faire du cinéma. Une immense invention qu’il n’a pas su exploiter…

«  Je vous aime  ». La déclaration d’amour la plus vieille de l’Histoire du cinéma ? C’est à un Douaisien qu’on la doit. Douze petites photos projetées à grande vitesse et reproduisant le mouvement des lèvres d’un homme déclarant sa flamme. Le film, daté de 1891, ultra-court, en noir et blanc, a pour réalisateur et unique comédien un certain Georges Demenÿ.Sans le savoir, ce dernier vient d’inventer le cinéma. Trois ans avant les frères Lumière.

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Après sept années de recherches pour un salaire de misère au côté du savant Etienne-Jules Marey, un passionné de l’étude du mouvement, Georges Demenÿ semble toucher au but : concevoir un appareil permettant de reproduire, en images, le mouvement. Cet appareil est baptisé le phonoscope.

Le 20 Novembre 1891, le journal L’Illustration fait sa Une sur l’invention de notre Douaisien. Du monde entier, les sollicitations affluent. Des barnums américains lui font des ponts d’or. Le début de la gloire ? On aurait pu le penser. Il en sera tout autrement.

Georges Demenÿ est un génial inventeur, mais un piètre homme d’affaires. Dès mars 1892, il fonde la Société générale du phonoscope. Un industriel allemand apporte ses fonds, Demenÿ son savoir. L’appareil est à l’époque ce que l’on fait de mieux pour prendre et projeter des photographies en mouvement, à vive allure. Suit le chronophotographe, véritable caméra permettant la réalisation de films sur pellicule celluloïd.

Mais l’affaire ne marche pas. Les soucis techniques et financiers s’accumulent. Demenÿ jette l’éponge. Mi 1895, la Société générale du phonoscope est enterrée. Mais Demenÿ n’a pas dit son dernier mot. Fort des 400 films réalisés grâce à son procédé, il sollicite les frères Lumière et les frères Gaumont. Si les premiers ne donnent pas suite, Léon Gaumont, lui, décide de reprendre la commercialisation du phonoscope et du chronophotographe. Il obtient même de Demenÿ la licence exclusive d’exploitation de ses inventions.

En 1896, au théâtre du Châtelet, Gaumont présente au public La Biche au Bois, l’un des tout premiers grands succès du cinéma, réalisé grâce au matériel mis au point par Demenÿ. Gaumont tire rapidement tout le bénéfice de la situation, laissant Demenÿ dans l’ombre.

À la fin de 1896, le Douaisien décide de retourner à ses premières amours, à savoir l’étude et l’enseignement de la gymnastique. Demenÿ propose ses services au Ministère de la Guerre, qui le recrute en 1902 pour réformer les méthodes d’éducation physique dans les armées. La page du cinéma est tournée. Définitivement.

«  Je puis me vanter d’avoir tenu un instant la fortune entre mes mains, je n’ai pu la conserver. J’ai suivi le sort des inventeurs qui n’exploitent pas eux-mêmes leur invention. Si l’on veut être heureux et fortuné, il faut laisser inventer les autres et être assez malin pour profiter de leurs inventions  » déclare en 1909 un Georges Demenÿ lucide et amer.

Source : www.lavoixdunord.fr

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