Dupuy de Lôme, inventeur de la marine cuirassée


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Dans l’enceinte de la DCNS se tient une statue de Dupuy de Lôme. La Marine n’a pas oublié ce qu’elle doit au talentueux ingénieur militaire : un bâtiment collecteur de renseignements et un sous-marin de haute mer qui ont pris son nom.

Célébration. Dupuy de Lôme est né en 1816. Celui que l’on considère le père de la Marine française du Second Empire a également une carrière d’homme politique et d’entrepreneur.

L’histoire

Qui est Stanislas, Charles, Henry, Laurent Dupuy de Lôme ? Il serait intéressant d’entendre les réponses. En premier lieu, celles des élèves qui, chaque matin, entrent dans le plus grand lycée du Morbihan, qui porte le nom de cet ingénieur du Génie maritime. Ce jeudi 22 septembre, une conférence permettra de mieux apprécier tout l’héritage d’un homme né voilà deux cents ans, au château de Soye, à Ploemeur.

Issu, par ses grands-parents, d’une famille d’armateurs et de corsaires malouins, il a naturellement le regard tourné vers la mer. C’est en 1826, à l’âge de dix ans, qu’il entre au collège communal de Lorient. C’était alors une école du Génie militaire alors dirigée par l’ingénieur Reech. « Le collège communal s’est seulement appelé lycée Dupuy-de-Lôme, en 1922 », précise Philippe Nineven.

En collaboration avec le carrefour des humanités Paul-Ricoeur, l’association des anciens élèves et professeurs du lycée Dupuy-de-Lôme, qu’il préside est à l’initiative de la soirée commémorative du 200e anniversaire de la naissance de Dupuy de Lôme. Philippe Nineven le considère comme « un génie ». Est-ce que le mot est galvaudé ? « Jamais un ingénieur du génie maritime n’eut autant d’influence sur son temps », écrit dans un préambule Gérard Le Bouëdec.

« Toujours un coup d’avance »

L’historien, professeur émérite d’histoire maritime à l’Université de Bretagne-Sud, évoquera jeudi la trajectoire du personnage, entre Lorient et Toulon. « Inventeur concepteur d’une marine à vapeur cuirassée dont il dessina les plans et qu’il fit réaliser dans les arsenaux comme directeur des constructions navales et du matériel, il est le père de la Marine française du Second Empire. »

Et, sur ce coup-là, on peut certainement dire merci aux Anglais. C’est Outre-Manche, en mission d’études qu’il étudie la construction des navires en fer. « Il en revient transformé. Il va écrire deux traités sur la construction en fer. Ces documents sont des pièces protégées. Nous avons remis un exemplaire au service des archives du service de la Défense à Lorient », explique Philippe Nineven.

Par ses inventions, Dupuy de Lôme donne l’avantage à la Marine française sur de nombreux théâtres de guerre, comme en Crimée en 1854. Cinq ans plus tard, on lance le « premier navire cuirassé de guerre océanique », la frégate La gloire. « Un événement mondial. Dupuy de Lôme avait toujours un coup d’avance. » Un fou de boulot qui ne devait pas beaucoup dormir.

« Trop souvent, on ne retient que sa brillante carrière d’ingénieur militaire, continue Gérard Le Bouëdec, dans ses écrits. Or il innove en exerçant conjointement pour le secteur public et le secteur privé, avant de faire une seconde carrière aux Messageries maritimes et aux Chantiers de la Méditérrannée. » Une carrière qui a été aussi politique et managériale.

Dupuy de Lôme, qui a été aussi le promoteur du Gymnote, le premier sous-marin à propulsion électrique, a été élu député de la deuxième circonscription du Morbihan, en 1869. Les Lorientais ont plébiscité celui qui reste un fils du pays. « Avoir Dupuy de Lôme comme député, c’était une assurance pour l’avenir de l’arsenal de Lorient, du moins le croyaient-ils […] »

Dupuy de Lôme meurt en 1885 d’un cancer. À l’âge de 68 ans. Des rues marquent son souvenir. Un autre lycée polyvalent à Brest l’honore. Un croiseur cuirassé, un sous-marin de haute mer et un bâtiment espion ont également pris son nom. Tout comme un grand laboratoire de recherches universitaires. Et puis, des vins de Bandol, exploités par deux de ses arrière-petits-fils, lui ont donné l’appellation du domaine. Cela vaut le coup de trinquer en cette année de bicentenaire…

Auteur : Loïc TISSOT

Source : www.ouest-france.fr

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