Comment choisir le bon nom pour sa startup


Nommer sa future startup, c’est la rendre tout de suite beaucoup plus réelle… Mais comment fait-on pour trouver le nom idéal pour sa boîte ? Voici quelques conseils glanés auprès d’entrepreneurs et d’experts.

“On ne trouve pas un nom en claquant des doigts…” Alizée Doumerc et Camille Caubrière en savent quelque chose. Elles ont échangé des dizaines et des dizaines de propositions avant de trouver “GuestViews” pour leur start up qui propose des livres d’or numériques. “Ca a été assez bordélique, rigole Alizée, et au final on se rend compte que le nom sonne très bien à l’écrit mais que beaucoup de personnes ont du mal à le prononcer, et notamment ma mère !”

Définir son univers

Pourtant, même si elles conseillent aux jeunes startuppers de faire attention à la prononciation, elles ne comptent pas changer de nom car il reflète bien l’univers de leur produit, à la fois convivial et luxueux. “On cherche tous, dans l’idéal, un nom court, qui sonne bien, pas cliché, pas banal et qui n’est pas éphémère”, résume Mathieu Gardies, fondateur de Hype. Ce n’est jamais aussi évident, mais l’important c’est qu’il colle à l’image que l’on veut donner. Avec Hype, par exemple, la première flotte de taxis hydrogènes, on assume le côté avant-gardiste, la volonté d’innovation.”

Définir son univers donc ; ce qui implique de savoir clairement à qui l’on s’adresse et de prendre le temps de brainstormer. Thibault Bastin, l’un des fondeurs des Talents d’Alphonse, une plateforme collaborative qui favorise les liens intergénérationnels et la transmission de savoir-faire entre des retraités et des plus jeunes, se souvient : “On a pris un grand tableau blanc et on a noté nos valeurs, nos cibles avec des adjectifs et des mots clés… Et puis on a beaucoup demandé à nos parents, qui étaient dans la cible, ou nos clients de nous dire ce qu’ils en pensaient. Finalement, on a choisi de personnifier pour créer un esprit de communauté. On a donc les Alphonse et les Alphonsine, ce qui nous permet en plus d’éviter d’employer les mots seniors ou retraités.”

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Les cofondateurs de la startup « Talents d’Alphonse » ont vite fait le choix d’un nom qui sonnait français. A gauche Thibault Bastin et à droite Barthélemy Gas.

Être au clair concernant ses clients permet aussi – logiquement- de savoir si l’on veut se positionner à l’international ou pas. “Nous, on nous a vite fait sentir qu’un nom français était mieux qu’un nom anglais”, sourit Thibault. A l’inverse, Alizée et Camille savaient dès le départ qu’elles ne voulaient pas se fermer de portes et qu’il leur fallait une marque en anglais . “On a aussi fait attention à ne pas faire de références à l’art ou aux musées par exemple, pour nous permettre d’élargir le marché dans l’avenir”, précisent-elles.

S’assurer que le nom est disponible

Tous le disent : rien ne sert de s’accrocher à un nom s’il n’est pas disponible… Outre ce cher moteur de recherches Google, plusieurs sites existent pour effectuer des vérifications, notamment Make My Name (pour chercher les synonymes et dans les autres langues) et  Checkusernames (pour les réseaux sociaux), mais l’incontournable reste le moteur de recherche de L’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Attention cependant à ne pas s’en tenir à l’orthographe choisie. “Nous on a recherché tout ce qui pouvait se rapprocher de GuestViews, assurent Alizée et Camille. Guest view, guest views, GuestView… des espaces, des majuscules, tout.”

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Alizée Doumerc et Camille Caubrière ont fait de nombreux brainstorming avant de baptiser leur startup GuestViews.

Une fois sûr que le nom était disponible, Mathieu a lui anticipé : “J’ai acheté tous les noms de domaine”, se souvient-il. Quant à Thibault des Talents d’Alphonse, il avait au départ choisi un nom japonais qui était déjà pris à l’international :  Hito, qui signifie “l’aîné qui a du talent” au pays du soleil levant. “On a quand même imprimé des cartes de visite car il nous fallait avancer, mais on n’a pas pris le risque ensuite de déposer la marque et on en a cherché un nouveau”.

Déposer sa marque

Déposer sa marque auprès de l’INPI est en effet une étape importante, comme l’explique Marie Roulleaux-Dugage, directrice du département des marques de cet établissement public. “Ce n’est pas une obligation mais cela permet de gagner en crédibilité auprès des partenaires et des sponsors tout en vous protégeant. Car si vous ne le faites pas, vous n’avez aucun droit de propriété. On peut donc utiliser votre marque et vous ne pouvez pas vous défendre.” Il faut compter environ 200 euros pour déposer sa marque en ligne.

Pour qu’un nom constitue une marque au sens de la loi française, plusieurs conditions sont à remplir.  “Il ne faut pas que la marque désigne le produit ou le service. Par exemple, si je vends des voitures, je n’appelle pas ma startup Bagnole car ce nom doit pouvoir être utilisé par la concurrence”, explique Marie Roulleaux-Dugage. Une marque ne doit pas non plus décrire une caractéristique du produit. “On ne peut pas appeler une société qui vend des coussins “moelleux”. Et l’on ne doit pas tromper le public sur la nature ou la qualité ou la provenance du produit”.

Enfin, sachez que vous pouvez choisir un nom qui existe déjà s’il ne concerne pas le même produit ou service. C’est ce que l’on appelle le principe de spécialité : Montblanc n’aura pas le même goût en bouche si c’est un stylo ou une crème au chocolat !

Auteur : Clémence Fulleda

Source : start.lesechos.fr

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