Un nouveau matériau inventé pour protéger les astronautes des rayonnements de l’espace


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Une équipe de chercheurs australiens annonce avoir conçu un nanomatériau capable de réfléchir ou d’absorber la lumière sur demande avec un contrôle de la température, ouvrant ainsi la porte à une technologie nouvelle qui pourrait protéger les astronautes des rayonnements nuisibles dans l’espace.

Outre les enjeux techniques inhérents à des voyages prolongés dans l’espace, l’un des principaux défis des ingénieurs en charge reste la bonne santé des astronautes. Les rayonnements cosmiques sont ici clairement visés. Il s’agit en fait de particules chargées en provenance du milieu interstellaire qui se déplacent à des vitesses proches de celle de la lumière et généralement accélérées par l’explosion de supernovae. Ces particules sont surtout composées de protons (85 %), de noyaux d’Hélium (14 %), d’électrons (1 %) et d’autres noyaux atomiques. En parcourant l’espace, ces rayons peuvent sévèrement perturber le système nerveux central des astronautes lors de vols spatiaux de longue durée. C’est pourquoi il est nécessaire de les en protéger.

Des chercheurs de l’Université nationale australienne (ANU) ont récemment conçu un nouveau nanomatériau capable de réfléchir ou absorber la lumière sur demande avec un contrôle de la température. Selon le chercheur principal, le Dr Mohsen Rahmani d’ANU, ce matériau serait « tellement mince que des centaines de couches peuvent s’ajuster sur la pointe d’une aiguille ». Elles pourraient donc « être appliquées à n’importe quelle surface, y compris les combinaisons spatiales ». Le nanomatériau pourrait également être utilisé sur des satellites avec une sorte de film ultra mince capable de refléter différents rayonnements ultraviolets ou infrarouges dangereux.

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« Notre technologie augmente considérablement le seuil de résistance contre les rayonnements nuisibles par rapport aux technologies actuelles qui dépendent des rayonnements absorbants avec des filtres épais », explique Mohsen Rahmani. Le professeur associé et co-chercheur Andrey Miroshnichenko a de son côté noté que l’invention pourrait être adaptée à d’autres spectres de lumière, y compris la lumière visible, ouvrant la voie à toute une série d’innovations, y compris des applications architecturales et économes en énergie. « Vous pourriez par exemple avoir une fenêtre qui peut se transformer en miroir dans une salle de bain sur la demande ou contrôler la quantité de lumière traversant les fenêtres de votre maison selon les saisons », a-t-il expliqué.

L’innovation s’appuie ici sur plus de quinze ans de recherches et pourrait in fine bénéficier à plusieurs disciplines, y compris la physique, la science des matériaux et l’ingénierie. À l’heure actuelle, la couche de nanomatériaux n’a été testée qu’en laboratoire, mais l’équipe assure que deux ou trois ans de recherches supplémentaires suffiraient à démocratiser le matériau, révolutionnant au passage les déplacements spatiaux (et nos fenêtres).

Auteur : Brice Louvet – Source : sciencepost.fr

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