Un téléphone… pour malentendants


La start-up RogerVoice séduit une clientèle croissante grâce à l’efficacité de son logiciel de reconnaissance vocale.

rogervoice

Timide, le grand jeune homme blond ne sait que faire du numéro de portable que lui a donné cette souriante femme aux cheveux bouclés. L’appeler, certes, mais comment ? Il est sourd et ne peut pas suivre une conversation orale. Grâce à l’appli RogerVoice que lui conseille un ami, il parviendra à surmonter l’obstacle et à répondre à tous les défis de sa nouvelle vie de couple.

C’est ainsi que se présente dans une vidéo promotionnelle la start-up créée par Olivier Jeannel en 2014. « Je suis sourd profond, un handicap qui s’est déclaré à l’âge de 2 ans », explique ce dynamique trentenaire franco-américain né à Los Angeles. Après des études à Berkeley, il choisit de traverser l’Atlantique pour intégrer Sciences Po, rêvant de devenir diplomate. C’est finalement Orange qui l’embauche. Il y passe huit ans avant de lâcher son poste pour se consacrer à son projet.

De la voix à l’écrit

« L’inventeur du téléphone, Alexander Graham Bell, s’est passionné pour la façon dont les sourds pouvaient communiquer. Il est temps de faire à nouveau évoluer la téléphonie », s’enthousiasme l’entrepreneur. Le principe de RogerVoice est simple : grâce à l’intelligence artificielle, la voix de l’interlocuteur est transcrite quasi simultanément en messages écrits. Un service disponible pour la plupart des langues parlées dans le monde, et qui reste gratuit entre les utilisateurs de l’appli.

Pour appeler un plombier ou réserver une table au ­restaurant, RogerVoice, opérateur ­téléphonique à part entière, propose deux forfaits payants selon le nombre d’heures d’appel. Discret sur ses résultats financiers, Olivier Jeannel revendique 35 000 chargements de l’application et 200 000 appels gérés depuis 2015, ainsi qu’une progression du nombre d’utilisateurs de 30 % chaque mois. Ce sont des seniors à plus de 40 %, et la France reste son premier marché.

Loi favorable

Un décollage qui a séduit les investisseurs. RogerVoice dispose de 1,2 million d’euros de fonds propres, après un second tour de table bouclé avec l’aide de l’assureur Aviva. Par ailleurs, l’appli a reçu des subventions de Bpifrance. De quoi permettre aux 16 salariés de l’entreprise de partir à la conquête du marché des grandes entreprises et des services publics. Car la loi pour une République numérique de 2016 leur impose d’être accessibles aux sourds et aux malentendants d’ici à octobre 2018.

Pour ces grands comptes, RogerVoice propose notamment un service d’interprétariat en langue des signes [NDLR: qui n’est pas disponible 24 heures sur 24 comme l’affirmait une version précédente de l’article]. Oui.sncf et Allianz Partners sont déjà de l’aventure. « Ils vont sensibiliser leurs clients à la cause de l’accessibilité », se réjouit Olivier Jeannel. Mais l’entrepreneur voit déjà plus loin : « La vraie reconnaissance vocale n’existe pas encore. Nous cherchons à retranscrire les émotions transmises par la voix. »

EN CHIFFRES
30 % d’utilisateurs en plus chaque mois
35 000 téléchargements
16 salariés

(source = L’Entreprise)

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