Innovation et R&D : les propositions des candidats


Alors que les dépenses de R&D n’atteignent pas les objectifs européens de l’ordre de 3 % du PIB, l’innovation scientifique demeure l’une des clés des investissements d’avenir. Les candidats à la présidentielle l’ont bien compris et proposent des solutions pour enrayer son déclin. Tour d’horizon des propositions.

Selon Nicolas Sarkozy :

Il faut favoriser l’émergence d’une dizaine de grands pôles universitaires de rang mondial. « Une convention entre les représentants de l’enseignement supérieur et de la recherche et les fédérations du secteur du numérique » prévoit un rapprochement universités-entreprises.

Nicolas Sarkozy souhaite créer une Agence de l’innovation numérique et mobiliser davantage de moyens à l’open data. Pour aider à la création de start-up, en « rassemblant les organismes d’aide d’accompagnement, de financement ou d’investissement, en un guichet unique », il souhaite créer « Start up France ».

Par ailleurs, il souhaite encourager le développement des PME.

Selon François Hollande :

Le soutien à l’innovation est synonyme de soutien à la recherche fondamentale. Un lien enseignement supérieur/recherche et innovation/valorisation et transfert de technologies doit être favorisé. Il est nécessaire d’apporter plus de moyens aux universités. Les PME-PMI bénéficieront davantage du crédit impôt recherche.

Le crédit impôt innovation viendra compléter le crédit impôt recherche, qui a pour but d’aider les jeunes entreprises à se développer. L’accès au crédit, la diffusion de l’innovation, le lien entre les entreprises innovantes et les laboratoires doivent être facilités. La croissance des PMI-PME doit être renforcée, grâce à la mise en place d’une banque publique d’investissement qui permettra de renforcer les fonds-propres.

Concernant l’innovation, il estime que son origine n’est pas toujours prévisible, bien qu’elle trouve en partie sa source dans la recherche fondamentale. Néanmoins, l’industrie peut apporter sa pierre à l’édifice, notamment dans la phase de développement où son expertise est indispensable.

La simplification des structures et des procédures permettra de gagner du temps pour se consacrer à l’enseignement et à la recherche.

L’erreur, ou l’échec d’un travail scientifique ne doit pas être sanctionné, mais perçu comme le cheminement logique qui conduira vers la réussite.

[Pour rappel, les propositions des autres candidats]

Selon Marine Le Pen :

Il faut bien distinguer les aspects quantitatif et qualitatif concernant la recherche et le développement. Bien que la part du PIB allouée soit moindre par rapport à celle du Japon, des États-Unis, ou encore de la Suisse, ce qui compte réellement, c’est la capacité des entreprises à innover et la qualité du continuum enseignement supérieur/recherche fondamentale/recherche industrielle/exploitation commerciale. La réussite tient dans l’organisation de ce continuum.

Pour que les PME puissent développer leurs ambitions technologiques, il faut leur faciliter la tâche en les laissant libres de développer leurs projets, de nouer les partenariats qu’elles entendent et de dégager les contraintes d’ordre administratif qui pèsent sur elles. Elle entend pour ce faire, mettre sur pied un Commissariat au plan/Haut conseil, en lui pourvoyant d’importants moyens.

Il est nécessaire de joindre harmonieusement les universités et le tissu industriel en un partage sain des tâches, tirer le meilleur de chaque partie, en s’inspirant éventuellement du modèle suisse. La recherche ne doit pas nécessairement venir des universités, mais bien de l’organisme le plus approprié. La création d’une recherche d’État doit consolider les recherches en apportant du soutien aux entreprises.

Il faut mettre en place un système de bourses de recherches afin de récompenser les initiatives fécondes et d’augmenter la fréquence et le montant des prix accordés aux chercheurs.

Selon Jean-Luc Mélenchon :

En prenant en compte les lois de finance successives, trois milliards d’euros de financement public sont alloués chaque année à la recherche des entreprises, un milliard provenant du seul crédit d’impôt recherche. En plus d’augmenter les subventions pour la recherche publique, il s’agit d’orienter son contenu et d’élargir les recherches – ce qu’il nomme, « l’appui à l’innovation », conditionné à des critères de développement social et écologique durable.

L’État doit apporter davantage de soutien aux PME-PMI. Le développement d’un tissu de PME technologique ne peut se faire que par la création d’un grand pôle financier visant notamment à faciliter l’obtention de prêts à taux très bas. En parallèle de la planification écologique, le pôle financier soutiendra les politiques d’investissement des entreprises vers les innovations industrielles aux productions utiles.

La R&D doit avoir pour ambition de financer les technologies synonymes d’avancées sociales et environnementales. Jean-Luc Mélenchon se démarque avec son grand projet de recherche sur la biodiversité et l’écosystème marins. Ce projet prévoit l’exploitation des immenses gisements énergétiques des mers.

Les pôles de compétitivité seront remplacés par des pôles de coopération. Un établissement public de recherche technologique et industrielle sera crée sur le modèle du CNRS.

Selon François Bayrou :

L’innovation mérite d’être amplifiée et la recherche doit conserver une visée internationale. L’enseignement supérieur doit poursuivre sa modernisation, notamment concernant l’autonomie des universités, le recrutement des enseignants. Il est nécessaire d’assurer un fonctionnement sain basé sur la coopération.

L’innovation se fait en amont, par la formation de la jeunesse. Par une concertation, l’organisation de l’enseignement supérieur et de la recherche, doit être repensée. La préparation des étudiants au marché de l’emploi, doit envisager sérieusement la possibilité de formation en alternance. Les universités doivent prendre en considération la formation continue.

Pour la recherche, l’adoption d’une loi d’orientation est nécessaire pour préciser le rôle et les priorités des organismes de recherche. En outre, il faut rééquilibrer le financement public de la recherche afin de soutenir les laboratoires, diminuer le poids des contraintes administratives et valoriser le parcours doctoral.

Selon Eva Joly :

Le développement de l’innovation écologique au sein du tissu industriel est indispensable. Il faut donc augmenter les dépenses de R&D. Pour ce faire, l’effort public de recherche civile doit être plus élevé, financé en partie par une réorientation du crédit d’impôt recherche.

Il faut favoriser l’émergence des PME innovantes et créer des conditions pour un développement de la R&D privée. Eva Joly prévoit de lancer des concours d’innovation, de proposer une fiscalité incitative et d’ouvrir le dialogue entre recherche et industrie.

Les PME doivent être accompagnées financièrement, ce ne doit plus être l’apanage des grandes entreprises.

Les régions doivent tenir un rôle plus important dans la R&D et être plus actives dans l’accompagnement de l’économie locale.

Le rôle des universités tient dans la formation des cadres et dans l’exploration des frontières des connaissances. Cependant, il ne doit pas être confondu avec celui des entreprises, bien que des relations ou des accompagnements entre les deux ne soient pas exclus.

Selon Nathalie Arthaud :

La recherche doit être une priorité, de fait, il est indispensable d’injecter des fonds importants dans la recherche. Des sommes non plus soumises à la « loi du marché » et aux spéculateurs mais en réponse aux défis humanitaires et environnementaux que nous devons affronter. Et c’est l’État, plutôt que les PME privées, au travers d’un travail collectif, qui doit en être garant.

Selon Nicolas Dupont-Aignan :

Dans un premier temps, dans le but de favoriser la R&D, il faut encourager les bons élèves à choisir des métiers scientifiques en valorisant ces métiers dans la société et en termes de salaire.

Il faut renforcer la dynamique de partenariat entre les acteurs de la recherche, des entreprises et de l’enseignement. Pour soutenir les initiatives des laboratoires de recherche, une Agence de R&D, en remplacement de l’Agence Nationale de Recherche, doit être créée, tout en conservant une part du budget pour la recherche de projets innovants.

Une séparation entre la recherche et l’enseignement doit avoir lieu. L’université doit conserver son rôle de transmission de la connaissance. Les organismes de recherche doivent oeuvrer au service de l’État. Aussi, les chercheurs et les enseignants doivent être fonctionnaires.

Selon Jacques Cheminade :

Les capacités créatrices de chacun doivent être prises en compte dans l’enseignement. Il faut revaloriser les postes de sciences physiques et améliorer le salaire des doctorants.

Pour développer un tissu de PME technologiques, la création d’une banque publique d’investissement ou d’un pôle financier public comprenant un secteur spécialisé dans les PME innovantes, est prévue.

Les PME seront soulagées de 3 % sur l’impôt sur les sociétés. Pour les PME de moins de 50 salariés, l’obligation des 35 heures sera levée, les déclarations fiscales simplifiées.

Les chercheurs devront pouvoir se consacrer à l’enseignement et inversement. Un lien CNRS – universités – entreprises devra être établi : l’ensemble CNRS – universités centré sur la recherche fondamentale et les entreprises sur la recherche appliquée.

Une journée par semaine, les professeurs d’université et les chercheurs du CNRS pourront intervenir en tant que consultants dans les entreprises. Le CNRS devra par ailleurs être rajeuni.

Auteur : Sébastien Tribot

Source : www.votonspourlascience.fr

 

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