Son invention va révolutionner le monde de l’aviation


Récompensée par une médaille d’argent au salon international des inventions de Genève, l’idée de Michel Steinbrucker pourrait révolutionner la sécurité aérienne.

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Michel Steinbrucker espère maintenant que son idée va passer à l’étape industrielle.

Passionné par la mécanique en général et les moteurs en particulier, Michel Steinbrucker a enseigné cette matière au lycée professionnel de Château-du-Loir. C’est d’ailleurs lui qui a monté la section de mécanique moto en 1988. À la retraite depuis quelques années, il vient de remporter une médaille d’argent au salon international des inventions de Genève pour son système d’atterrissage et de décollage assisté : une proposition qui pourrait révolutionner le monde de l’aviation ! Entretien.

Le Petit Courrier : votre invention, qu’est-ce que c’est ?

Michel Steinbrucker : Le SADA (système d’atterrissage et de décollage assisté) est une plateforme fonctionnant sur des rails encastrés dans les pistes d’aviation. Elle fait 40 m de large par une centaine de mètres de long et elle est propulsée par des moteurs électriques. Son rôle c’est d’aider au décollage et de recevoir les avions à l’atterrissage.

Comment ça marche ?

C’est un système qui n’emploie que des technologies qui fonctionnent déjà très bien. La plateforme guidée par un radar, aujourd’hui ils sont précis au centimètre, pilotée par un processeur d’ordinateur se cale sur la vitesse de l’avion qui atterrit, puis c’est elle qui procède aux opérations de freinage.

Pour le décollage, elle suit l’avion après qu’il s’est élevé, ce qui permet de l’accueillir en cas de rebond et même de l’arrêter si il y a un problème. La plateforme dispose de trois dispositifs de freinage différents.

Crash du Concorde

D’où vient cette idée ?

J’ai fait mon service militaire pendant la guerre d’Algérie dans l’aéronavale. Je voyais les nuages de fumée bleue (NDLR : la gomme qui s’use) qui sortaient des pneus des avions à l’atterrissage. Les collègues m’avaient dit qu’ils devaient changer les trains tous les 40 atterrissages. C’est ce qui a retenu mon attention.

Puis vers 2010 ou 2011, en discutant avec mon fils de l’accident du Concorde (NDLR : l’avion s’est écrasé sur un hôtel à Gonnesse quelques instants après avoir décollé de Roissy le 25 juillet 2000 : bilan 113 victimes) je me suis demandé pourquoi on continuait d’atterrir comme ça alors que dans tous les autres domaines de l’aviation, on avait fait des progrès fulgurants.

J’ai alors étudié les statistiques des accidents et j’ai constaté que la plupart d’entre eux avaient lieu durant les phases d’atterrissages (51 %) et de décollage (21 %). Là, j’ai eu l’idée de la plateforme faisant l’intermédiaire entre l’avion et le sol.

Cette invention présente de nombreux avantages

L’idée de base, c’est éviter les accidents mais il y a d’autres retombées positives. D’abord une consommation de kérosène moins élevée : un décollage c’est 1 000 litres ! Il y a aussi une forte réduction du bruit. La plateforme est beaucoup plus silencieuse que les inverseurs de poussée des avions. Et puis à terme, on pourrait réaliser des atterrissages avec une visibilité nulle ou des conditions météo très dégradées (neige, brouillard, pluie, vent) et également avec une piste spéciale, on peut raccourcir la distance de décollage et d’atterrissage d’environ 30 %.

Vous avez été étonné par ce second prix à Genève ?

À la base, j’y allais pour confronter mon idée aux critiques, pas pour remporter un prix ! J’ai choisi d’aller à Genève parce que c’était le premier salon qui avait lieu après que j’ai reçu le brevet de l’INPI (institut national de la propriété industrielle) en janvier 2015 après trois années d’instruction et beaucoup d’argent dépensé. Alors oui, j’ai été très agréablement surpris. Le jury international a bien compris l’intérêt de cette invention. Grâce aux maquettes que j’ai mis deux mois à réaliser, c’est très simple à appréhender. Beaucoup de pilotes sont passés me voir et se sont montrés enthousiastes.

L’accueil a donc été bon pour votre idée ?

Plus que ça, un représentant du gouvernement de Polynésie a pris mes coordonnées, ils sont intéressés par les pistes courtes. J’ai aussi un Qatari qui m’a approché ainsi que le gagnant du premier prix, un Coréen qui travaille pour une entreprise du domaine de l’aviation.

Par ailleurs, la société canadienne Bombardier étudie actuellement mon idée !

Que cherchez vous maintenant ?

Je cherche une industrie qui veuille réaliser ce projet, il y aura, à la clé des dizaines de brevets à mettre au point et sans doute des centaines d’emplois.

Ma prochaine étape, c’est le salon du Bourget, spécialisé dans l’aéronautique, j’espère que mon idée séduira des industriels qui pourront la mettre en application. Je suis persuadé qu’on pourrait sauver de nombreuses vies avec ce principe.

Auteur : Quignon Samuel

Source : www.lecourrier-lecho.fr

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