Inventeurs et investisseurs encordés à Gstaad


La coopérative C-PIC organise un «sommet» lors duquel 15 inventions seront exposées comme si elles étaient présentées à des industriels et financiers.

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Narcisse Niclass, créateur du site www.invention.ch, et l’un des initiateurs de la coopérative C-PIC

Après le Salon international des inventions, qui réunit chaque année à Genève des inventeurs de tous horizons et de toutes matières, «c’est le grand bleu» affirme Narcisse Niclass, créateur du site http://www.invention.ch et mentor de la communauté, souvent très discrète, des inventeurs. Ceux-ci sont généralement livrés à eux-mêmes, contrairement aux jeunes innovateurs issus des hautes écoles, qui trouvent dans ce cadre toutes les structures nécessaires pour lancer leur start-up.

Voilà pourquoi le Fribourgeois s’est lancé dans une nouvelle aventure avec ses compères Thierry Jehotte et Daniel Nasr : le lancement cette année de la coopérative C-PIC pour promouvoir le travail des inventeurs romands et la mise sur pied d’un «sommet» de l’invention à Gstaad, l’Inno Day, où les inventeurs rencontrent des industriels et des investisseurs. La seconde édition aura lieu les 25 et 26 juin. Une quinzaine d’inventions, de Suisse romande mais aussi deux françaises, y seront présentées comme des opportunités d’affaires. Des financiers de Monaco, des industriels valaisans ou des gérants de fonds d’investissements se sont déjà annoncés pour cette manifestation dans l’Oberland bernois.

«Les 90% des inventions ne servent à rien, affirme sans ambages Daniel Nasr, conseiller financier et président de C-PIC, comme coopérative Pôle-Innovation-Compétence. Souvent, il faut mettre les inventeurs en contact avec des industriels et des financiers pour qu’il en ressorte quelque chose.»

«L’idée est de travailler de façon collaborative entre les personnes qui font avancer le projet, relève pour sa part Thierry Jehotte, informaticien reconverti dans le monde de l’innovation, du conseil et de l’édition. Dans les parcs scientifiques, les organismes de soutien pullulent. Mais, il n’y a personne pour accompagner les inventeurs qui travaillent dans leur cave ou leur garage. Comme inventeur rime rarement avec entrepreneur, nous avons besoin d’une structure comme la nôtre.»

Celle-ci a déjà permis de booster la commercialisation de bûches fabriquées à partir de marc de café, un produit 100% écologique, servant de substitut du bois de cheminée. L’invention, d’origine française, qui utilise un liant végétal au lieu de la paraffine polluante, permet une combustion ne laissant que très peu de cendres.

Un autre projet est en bonne voie de se concrétiser. Il s’agit d’un appareil de nouvelle génération pour le traitement de l’eau, un adoucisseur qui fonctionne sans sel, sans chimie et n’engendre aucune perte d’eau. Son inventeur Gilbert Sonnay, de Lucens, a obtenu la médaille d’or du jury international au dernier Salon des inventions, en avril à Genève (lire «24 heures» du 19 mars 2015). Grâce au financement participatif (le «crowdfunding»), il compte récolter 500 000 francs pour lancer une usine de production employant cinq personnes. La promotion économique régionale est aussi dans le coup. Ce spécialiste de longue date du traitement des eaux a déjà récolté 150 000 francs auprès de sa clientèle habituelle. Les investisseurs deviendront eux-mêmes des actionnaires de la société qui sera constituée.

Auteur : Jean-Marc Corset

Source : www.24heures.ch

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